Ce que Villepin a dit dimanche soir sur BFMTV
L'ancien Premier ministre était l'invité de BFMTV dimanche 30 août. Interrogé sur 2027, il a dit vouloir être candidat et se battre pour l'être, rapporte franceinfo. Il dit avoir réuni plusieurs centaines de parrainages d'élus, sans atteindre les 500 signatures exigées, et mobiliser une centaine de représentants pour aller chercher les maires.<br /><br />
Sur la retraite, le fondateur de La France Humaniste a mis en avant son parcours : à 72 ans, il n'a jamais cessé de travailler. Il en tire l'idée qu'un âge unique de départ, identique pour un couvreur et pour un diplomate, ne veut plus dire grand-chose. Sa proposition tient en une phrase : sortir de l'âge pivot, et fixer le départ en tenant compte de l'espérance de vie réelle et des conditions de travail.<br /><br />
Le moment n'est pas anodin. La sortie tombe quand la suspension de la réforme de 2023 commence à produire ses effets, et quand chaque candidat installe sa position sur un sujet qui pèse dans le vote des plus de 55 ans. Édouard Philippe, lui, a choisi début juillet de demander aux retraités de contribuer davantage.<br /><br />
<div style="border-left: 4px solid #3C61D8; padding: 15px 15px 15px 20px; background: #f0f8ff; margin: 20px 0;"><b>Sur le même sujet :</b><br /><a href="https://www.senioractu.com/Retraites-la-mere-de-toutes-les-batailles-d-Edouard-Philippe-sera-financee-par-les-retraites_a27850.html" target="_blank" alt="Le projet retraites d'Édouard Philippe et sa facture pour les retraités">Retraites : la « mère de toutes les batailles » d'Édouard Philippe sera financée par les retraités</a></div>
<div style="border-left:4px solid #3C61D8;padding:6px 0 6px 22px;margin:30px 0;"><div style="font-size:21px;font-weight:bold;color:#1a1a1a;margin-bottom:8px;">La Newsletter SeniorActu</div><div style="font-size:14px;font-weight:bold;color:#3C61D8;margin-bottom:8px;">Chaque vendredi</div><div style="font-size:15px;line-height:1.5;color:#666;margin-bottom:20px;">Retraite, santé, pouvoir d'achat : la synthèse de l'actualité des seniors directement dans votre boîte mail.</div><form action="/newsletter/" method="post" target="sa_nl_frame" style="margin:0;" onsubmit="this.style.display='none';document.getElementById('sa_nl_ok').style.display='block';"><input type="hidden" name="subaction" value="add" /><input type="hidden" name="html_texte" value="html" /><input type="hidden" name="fingerprint" value="929" /><div style="font-size:14px;color:#1a1a1a;margin-bottom:8px;">Adresse e-mail</div><div style="display:flex;flex-wrap:wrap;gap:10px;"><input type="email" name="email" required style="flex:1 1 240px;min-height:48px;padding:12px 14px;font-size:16px;border:1px solid #1a1a1a;background:#ffffff;box-sizing:border-box;" /><button type="submit" style="flex:0 0 auto;min-height:48px;padding:12px 32px;font-size:14px;letter-spacing:0.05em;font-weight:bold;color:#ffffff;background:#3C61D8;border:none;cursor:pointer;">S'INSCRIRE</button></div></form><div id="sa_nl_ok" style="display:none;font-size:15px;font-weight:bold;color:#3C61D8;">Merci, votre inscription est enregistrée.</div><iframe name="sa_nl_frame" title="Traitement de l'inscription" style="display:none;width:0;height:0;border:0;"></iframe></div>
Sur la retraite, le fondateur de La France Humaniste a mis en avant son parcours : à 72 ans, il n'a jamais cessé de travailler. Il en tire l'idée qu'un âge unique de départ, identique pour un couvreur et pour un diplomate, ne veut plus dire grand-chose. Sa proposition tient en une phrase : sortir de l'âge pivot, et fixer le départ en tenant compte de l'espérance de vie réelle et des conditions de travail.<br /><br />
Le moment n'est pas anodin. La sortie tombe quand la suspension de la réforme de 2023 commence à produire ses effets, et quand chaque candidat installe sa position sur un sujet qui pèse dans le vote des plus de 55 ans. Édouard Philippe, lui, a choisi début juillet de demander aux retraités de contribuer davantage.<br /><br />
<div style="border-left: 4px solid #3C61D8; padding: 15px 15px 15px 20px; background: #f0f8ff; margin: 20px 0;"><b>Sur le même sujet :</b><br /><a href="https://www.senioractu.com/Retraites-la-mere-de-toutes-les-batailles-d-Edouard-Philippe-sera-financee-par-les-retraites_a27850.html" target="_blank" alt="Le projet retraites d'Édouard Philippe et sa facture pour les retraités">Retraites : la « mère de toutes les batailles » d'Édouard Philippe sera financée par les retraités</a></div>
<div style="border-left:4px solid #3C61D8;padding:6px 0 6px 22px;margin:30px 0;"><div style="font-size:21px;font-weight:bold;color:#1a1a1a;margin-bottom:8px;">La Newsletter SeniorActu</div><div style="font-size:14px;font-weight:bold;color:#3C61D8;margin-bottom:8px;">Chaque vendredi</div><div style="font-size:15px;line-height:1.5;color:#666;margin-bottom:20px;">Retraite, santé, pouvoir d'achat : la synthèse de l'actualité des seniors directement dans votre boîte mail.</div><form action="/newsletter/" method="post" target="sa_nl_frame" style="margin:0;" onsubmit="this.style.display='none';document.getElementById('sa_nl_ok').style.display='block';"><input type="hidden" name="subaction" value="add" /><input type="hidden" name="html_texte" value="html" /><input type="hidden" name="fingerprint" value="929" /><div style="font-size:14px;color:#1a1a1a;margin-bottom:8px;">Adresse e-mail</div><div style="display:flex;flex-wrap:wrap;gap:10px;"><input type="email" name="email" required style="flex:1 1 240px;min-height:48px;padding:12px 14px;font-size:16px;border:1px solid #1a1a1a;background:#ffffff;box-sizing:border-box;" /><button type="submit" style="flex:0 0 auto;min-height:48px;padding:12px 32px;font-size:14px;letter-spacing:0.05em;font-weight:bold;color:#ffffff;background:#3C61D8;border:none;cursor:pointer;">S'INSCRIRE</button></div></form><div id="sa_nl_ok" style="display:none;font-size:15px;font-weight:bold;color:#3C61D8;">Merci, votre inscription est enregistrée.</div><iframe name="sa_nl_frame" title="Traitement de l'inscription" style="display:none;width:0;height:0;border:0;"></iframe></div>
L'âge pivot n'est pas l'âge légal
Le mot revient dans tous les débats depuis 2019, sans désigner ce que beaucoup croient. L'âge légal, c'est celui à partir duquel vous avez le droit de demander votre pension. L'âge pivot, ou âge d'équilibre, c'est un âge de référence en dessous duquel votre pension subit une décote, même quand les autres conditions sont remplies. Sortir de cette logique revient à ne plus faire d'un chiffre unique le point de bascule de votre calcul. À la place, l'ancien Premier ministre défend depuis juin 2025 un régime par points, avec la pénibilité inscrite dans le calcul.
Votre date de départ est gelée jusqu'en 2028
Avant d'écouter les promesses, regardez la règle qui s'applique à votre dossier. La suspension votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 vaut pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026. L'âge légal cesse de monter et reste figé à 62 ans et 9 mois jusqu'en janvier 2028.
Le gain n'est pas le même pour tous. Né en 1964, vous partez à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans, avec 170 trimestres exigés au lieu de 171. Né entre janvier et mars 1965, vous gagnez jusqu'à deux trimestres et partez au même âge ; entre avril et décembre 1965, c'est 63 ans et 171 trimestres. Les générations 1966 à 1968 récupèrent trois mois chacune, et l'âge de 64 ans ne concerne plus que les personnes nées à partir de 1969. Le détail génération par génération figure sur la fiche publiée par Service Public, qui renvoie au texte de loi.
Or cette suspension n'est pas une abrogation, et c'est là tout l'enjeu de 2027. Sans nouveau vote du Parlement, le calendrier de 2023 repart seul le 1er janvier 2028, et l'âge légal atteint 64 ans pour la génération née en 1969. Le président élu au printemps 2027 héritera d'un dossier à trancher dans ses premiers mois de mandat, pas d'une situation stabilisée. C'est pour cette fenêtre-là que Dominique de Villepin avance ses propositions, pas pour votre départ de cet automne.
Le gain n'est pas le même pour tous. Né en 1964, vous partez à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans, avec 170 trimestres exigés au lieu de 171. Né entre janvier et mars 1965, vous gagnez jusqu'à deux trimestres et partez au même âge ; entre avril et décembre 1965, c'est 63 ans et 171 trimestres. Les générations 1966 à 1968 récupèrent trois mois chacune, et l'âge de 64 ans ne concerne plus que les personnes nées à partir de 1969. Le détail génération par génération figure sur la fiche publiée par Service Public, qui renvoie au texte de loi.
Or cette suspension n'est pas une abrogation, et c'est là tout l'enjeu de 2027. Sans nouveau vote du Parlement, le calendrier de 2023 repart seul le 1er janvier 2028, et l'âge légal atteint 64 ans pour la génération née en 1969. Le président élu au printemps 2027 héritera d'un dossier à trancher dans ses premiers mois de mandat, pas d'une situation stabilisée. C'est pour cette fenêtre-là que Dominique de Villepin avance ses propositions, pas pour votre départ de cet automne.
Ses 72 ans, votre espérance de vie en bonne santé
L'argument qu'il met en avant se mesure. La Drees publie chaque année l'espérance de vie sans incapacité, soit le nombre d'années que l'on peut espérer vivre sans être limité dans les gestes du quotidien. Dans son étude de janvier 2026, portant sur 2024, elle l'établit à 10,5 ans pour les hommes et 11,8 ans pour les femmes à 65 ans, sur une espérance de vie totale de 19,9 et 23,6 ans au même âge. Environ la moitié des années qui vous restent après 65 ans se passent donc sans limitation.
Cet indicateur a beaucoup progressé entre 2008 et 2019, puis il a calé : depuis 2019, il n'a gagné que quatre mois pour les femmes et un mois pour les hommes. C'est ce plateau qui nourrit l'argument de ceux qui refusent d'indexer l'âge de départ sur la seule longévité, et c'est une moyenne qui ignore l'écart entre un cadre et un ouvrier.
D'ailleurs, Dominique de Villepin ne s'en tient pas à l'espérance de vie. Dans une chronique de décembre 2025, il propose de sortir de ce qu'il appelle la cote unique pour tenir compte du travail posté, du travail de nuit et du port de charges lourdes, dont il confierait la négociation aux branches. Il y rappelle que la France compte environ 800 morts par accident du travail chaque année, plus du double de l'Allemagne, de l'Espagne ou de l'Italie.
Cet indicateur a beaucoup progressé entre 2008 et 2019, puis il a calé : depuis 2019, il n'a gagné que quatre mois pour les femmes et un mois pour les hommes. C'est ce plateau qui nourrit l'argument de ceux qui refusent d'indexer l'âge de départ sur la seule longévité, et c'est une moyenne qui ignore l'écart entre un cadre et un ouvrier.
D'ailleurs, Dominique de Villepin ne s'en tient pas à l'espérance de vie. Dans une chronique de décembre 2025, il propose de sortir de ce qu'il appelle la cote unique pour tenir compte du travail posté, du travail de nuit et du port de charges lourdes, dont il confierait la négociation aux branches. Il y rappelle que la France compte environ 800 morts par accident du travail chaque année, plus du double de l'Allemagne, de l'Espagne ou de l'Italie.
Sa CSG monte, votre pension paie aussi
Un programme de retraite ne se lit jamais seul. Le 28 août, deux jours avant BFMTV, Dominique de Villepin publiait « Big Bang : la règle républicaine ». Il y propose de refermer les quelque 400 niches fiscales et sociales, qu'il chiffre à 175 milliards d'euros par an, et de ramener la fiscalité française à neuf grands impôts, pour un déficit sous les 3 % en 2031.
Deux mesures touchent votre patrimoine. La première est un impôt unique sur le patrimoine, incluant toutes les sources de la fortune, qui prendrait la suite de l'actuel impôt sur la fortune immobilière, pour 8 milliards d'euros de recettes en plus. La seconde est un échange : une imposition unique renforcée des successions, contre une défiscalisation intégrale des donations faites de son vivant. Donner de son vivant deviendrait gratuit, transmettre à son décès coûterait plus cher.
Mais c'est la troisième qui concerne le plus grand nombre. Il propose de basculer plus de 200 milliards d'euros de cotisations non contributives, celles qui financent la famille, la santé et le handicap, vers la CSG, au rythme d'un peu plus d'un point par an sur deux quinquennats. Son texte ne cache pas qui finance : les revenus du capital, les monopoles numériques et les retraites contribueront ainsi au système social, écrit-il.
Une pension acquitte déjà la CSG, à 8,3 % au taux normal, 6,6 % au taux médian et 3,8 % au taux réduit. Sur 1 500 euros de pension mensuelle, chaque point de plus représente 15 euros en moins par mois, soit 180 euros par an. Les deux textes lus ensemble donnent ceci : un âge de départ moins rigide, calé sur le métier exercé, financé par un prélèvement élargi qui pèse aussi sur les pensions déjà liquidées. En attendant, la seule règle qui vaut pour votre dossier est celle du 1er septembre, et elle tient jusqu'en janvier 2028.
Deux mesures touchent votre patrimoine. La première est un impôt unique sur le patrimoine, incluant toutes les sources de la fortune, qui prendrait la suite de l'actuel impôt sur la fortune immobilière, pour 8 milliards d'euros de recettes en plus. La seconde est un échange : une imposition unique renforcée des successions, contre une défiscalisation intégrale des donations faites de son vivant. Donner de son vivant deviendrait gratuit, transmettre à son décès coûterait plus cher.
Mais c'est la troisième qui concerne le plus grand nombre. Il propose de basculer plus de 200 milliards d'euros de cotisations non contributives, celles qui financent la famille, la santé et le handicap, vers la CSG, au rythme d'un peu plus d'un point par an sur deux quinquennats. Son texte ne cache pas qui finance : les revenus du capital, les monopoles numériques et les retraites contribueront ainsi au système social, écrit-il.
Une pension acquitte déjà la CSG, à 8,3 % au taux normal, 6,6 % au taux médian et 3,8 % au taux réduit. Sur 1 500 euros de pension mensuelle, chaque point de plus représente 15 euros en moins par mois, soit 180 euros par an. Les deux textes lus ensemble donnent ceci : un âge de départ moins rigide, calé sur le métier exercé, financé par un prélèvement élargi qui pèse aussi sur les pensions déjà liquidées. En attendant, la seule règle qui vaut pour votre dossier est celle du 1er septembre, et elle tient jusqu'en janvier 2028.


