Ce que l'agence a posé sur la table mercredi
L'Agence nationale de sécurité du médicament a publié mercredi 26 août l'état d'avancement d'un projet ouvert en novembre 2025, baptisé « Longue vie aux médicaments ».
Quatorze laboratoires ont répondu à son appel à candidatures et déposé de nouvelles données de stabilité portant sur soixante-treize spécialités. Sur ces soixante-treize, quarante-sept pourraient afficher une durée de conservation de quatre ans ou plus.
Le tableau publié avec l'annonce descend au détail : quatre spécialités de paracétamol effervescent ou en comprimés passeraient de trente-six à soixante mois, la morphine orodispersible de trente-six à quarante-huit, le lithium à libération prolongée de vingt-quatre à trente-six. Les capsules molles de lévothyroxine, elles, ne gagneraient que six mois, de dix-huit à vingt-quatre.
Le contraste avec la règle actuelle est net. L'agence rappelle que la majorité des médicaments autorisés en France se conservent deux à trois ans, et que moins d'un sur dix atteint cinq ans. Cette durée n'est pas une limite physique du produit : c'est la durée que le laboratoire a testée au moment de déposer son dossier, et l'agence estime que la réévaluer permettrait bien souvent de l'augmenter.
Sauf que rien n'est acquis à ce stade. Chaque allongement suppose une modification de l'autorisation de mise sur le marché, appuyée sur des études de stabilité, sans changer ni la formule ni l'emballage.
Le détail du projet et la liste des spécialités retenues sont publiés sur le site de l'ANSM. Tant que ces modifications ne sont pas validées, la date imprimée sur votre boîte reste la seule qui compte.
Quatorze laboratoires ont répondu à son appel à candidatures et déposé de nouvelles données de stabilité portant sur soixante-treize spécialités. Sur ces soixante-treize, quarante-sept pourraient afficher une durée de conservation de quatre ans ou plus.
Le tableau publié avec l'annonce descend au détail : quatre spécialités de paracétamol effervescent ou en comprimés passeraient de trente-six à soixante mois, la morphine orodispersible de trente-six à quarante-huit, le lithium à libération prolongée de vingt-quatre à trente-six. Les capsules molles de lévothyroxine, elles, ne gagneraient que six mois, de dix-huit à vingt-quatre.
Le contraste avec la règle actuelle est net. L'agence rappelle que la majorité des médicaments autorisés en France se conservent deux à trois ans, et que moins d'un sur dix atteint cinq ans. Cette durée n'est pas une limite physique du produit : c'est la durée que le laboratoire a testée au moment de déposer son dossier, et l'agence estime que la réévaluer permettrait bien souvent de l'augmenter.
Sauf que rien n'est acquis à ce stade. Chaque allongement suppose une modification de l'autorisation de mise sur le marché, appuyée sur des études de stabilité, sans changer ni la formule ni l'emballage.
Le détail du projet et la liste des spécialités retenues sont publiés sur le site de l'ANSM. Tant que ces modifications ne sont pas validées, la date imprimée sur votre boîte reste la seule qui compte.
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Pourquoi vos boîtes les moins chères d'abord
Regardez la composition de la liste : paracétamol, céfadroxil, diosmine, zolpidem, sildénafil, mélatonine, sérum glucosé : l'essentiel du tableau est fait de molécules anciennes, largement génériquées, vendues quelques euros la boîte. Quelques traitements de spécialité y figurent, mais ils sont l'exception. L'agence range d'ailleurs la réduction du risque de pénurie parmi les bénéfices attendus, juste à côté de la baisse des déchets.
Or ce sont précisément ces médicaments-là qui manquent le plus souvent au comptoir, et le prix explique une partie de ce manque. Une étude du syndicat des industriels du générique, publiée en février 2025, chiffre le comprimé générique à 0,16 euro en France contre 0,27 euro en moyenne en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie, soit 41 % de moins. Un laboratoire qui répartit une production limitée entre plusieurs pays ne sert pas le moins rémunérateur en premier.
Or ce sont précisément ces médicaments-là qui manquent le plus souvent au comptoir, et le prix explique une partie de ce manque. Une étude du syndicat des industriels du générique, publiée en février 2025, chiffre le comprimé générique à 0,16 euro en France contre 0,27 euro en moyenne en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie, soit 41 % de moins. Un laboratoire qui répartit une production limitée entre plusieurs pays ne sert pas le moins rémunérateur en premier.
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Pénurie de médicaments : quand l'État punit plus fortement les labos mais les autorise à stocker moins
Le mouvement de baisse continue par ailleurs. Le budget de la Sécurité sociale pour 2026 table sur 1,4 milliard d'euros de baisses de prix sur le médicament, dont 200 millions sur les seuls génériques. En juillet, le comité qui fixe ces prix a retiré neuf des douze groupes qu'il visait et n'en a gardé que trois pour janvier 2027. C'est un répit, pas un changement de cap. Pénurie de médicaments : quand l'État punit plus fortement les labos mais les autorise à stocker moins
La France compare déjà, et depuis longtemps
La question mérite d'être posée franchement : quelqu'un regarde-t-il ce que paient nos voisins pour les mêmes boîtes ? La réponse est oui, et elle est écrite dans un contrat.
L'accord-cadre signé le 5 mars 2021 entre l'État et les entreprises du médicament, prorogé le 3 mars 2026 jusqu'au 30 septembre prochain, prévoit pour les traitements les plus innovants une garantie de prix européen : pendant cinq ans, le prix affiché en France ne peut pas descendre sous le prix le plus bas constaté en Allemagne, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni.
Lisez bien le sens de cette phrase. Ce n'est pas un plafond, c'est un plancher. Le dispositif ne sert pas à vérifier que la France ne paie pas trop cher, il garantit aux laboratoires qu'elle ne paiera pas moins que ses quatre voisins de référence. La Cour des comptes l'avait relevé dès son rapport de septembre 2017 sur la Sécurité sociale, en recommandant de rouvrir systématiquement le prix une fois ces cinq ans écoulés.
Ce choix obéit pourtant à une logique assumée. Un prix affiché élevé fait office de vitrine : il est consulté à l'étranger, il soutient les exportations, et les industriels le réclamaient de longue date.
La comparaison européenne existe donc bel et bien, elle est même contractuelle. Simplement, elle porte sur le prix de la vitrine...
L'accord-cadre signé le 5 mars 2021 entre l'État et les entreprises du médicament, prorogé le 3 mars 2026 jusqu'au 30 septembre prochain, prévoit pour les traitements les plus innovants une garantie de prix européen : pendant cinq ans, le prix affiché en France ne peut pas descendre sous le prix le plus bas constaté en Allemagne, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni.
Lisez bien le sens de cette phrase. Ce n'est pas un plafond, c'est un plancher. Le dispositif ne sert pas à vérifier que la France ne paie pas trop cher, il garantit aux laboratoires qu'elle ne paiera pas moins que ses quatre voisins de référence. La Cour des comptes l'avait relevé dès son rapport de septembre 2017 sur la Sécurité sociale, en recommandant de rouvrir systématiquement le prix une fois ces cinq ans écoulés.
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La comparaison européenne existe donc bel et bien, elle est même contractuelle. Simplement, elle porte sur le prix de la vitrine...
Le prix réel que personne ne peut vérifier
Le prix affiché n'est pas le prix payé, et c'est là que le dossier se referme. Sur une part importante de la dépense de médicaments remboursés, le laboratoire reverse chaque année à l'Assurance maladie une fraction de son chiffre d'affaires, sous forme de remises négociées avec le comité qui fixe les prix. Le Leem, qui représente les industriels, l'écrit noir sur blanc dans sa documentation : les garanties de prix européen ne préjugent pas du niveau de remises applicable.
Ces remises ne sont pas publiées médicament par médicament. Seuls des montants agrégés paraissent chaque année dans le rapport d'activité du comité. L'Inspection générale des affaires sociales et l'Inspection générale des finances, dans un rapport conjoint rendu public en mai 2026, décrivent un système devenu difficile à anticiper pour l'État lui-même : lors de l'examen du budget de la Sécurité sociale pour 2025, l'écart entre deux prévisions successives de remises a atteint 1,15 milliard d'euros.
J'insiste sur ce point, parce qu'il commande tout le reste. Personne, ni le Parlement qui vote le budget, ni vous dont les cotisations le financent, n'est en mesure de dire, à ce jour, si une boîte remboursée en France revient plus ou moins cher qu'en Allemagne. La comparaison manque non pas parce que personne n'y aurait pensé, mais parce qu'elle bute sur un prix net qui n'est pas rendu public. Ce qui se compare d'un pays à l'autre, ce sont deux étiquettes.
Ces remises ne sont pas publiées médicament par médicament. Seuls des montants agrégés paraissent chaque année dans le rapport d'activité du comité. L'Inspection générale des affaires sociales et l'Inspection générale des finances, dans un rapport conjoint rendu public en mai 2026, décrivent un système devenu difficile à anticiper pour l'État lui-même : lors de l'examen du budget de la Sécurité sociale pour 2025, l'écart entre deux prévisions successives de remises a atteint 1,15 milliard d'euros.
J'insiste sur ce point, parce qu'il commande tout le reste. Personne, ni le Parlement qui vote le budget, ni vous dont les cotisations le financent, n'est en mesure de dire, à ce jour, si une boîte remboursée en France revient plus ou moins cher qu'en Allemagne. La comparaison manque non pas parce que personne n'y aurait pensé, mais parce qu'elle bute sur un prix net qui n'est pas rendu public. Ce qui se compare d'un pays à l'autre, ce sont deux étiquettes.
Votre boîte de paracétamol d'ici là
D'ici là, rien n'a bougé sur votre boîte. La date imprimée reste la seule opposable, et il ne vous revient pas de la prolonger vous-même : un comprimé stocké dans une salle de bains humide ne vieillit pas comme un échantillon de laboratoire. Rapportez à votre pharmacien ce que vous n'utilisez plus, jamais à la poubelle ni à l'évier. Et souvenez-vous que chaque boîte rendue pleine, c'est un euro de franchise déjà retenu sur vos remboursements pour rien.


