Ce qu'il faut retenir
- Les escrocs utilisent désormais des techniques sophistiquées pour créer des annonces indétectables, y compris sur les grandes plateformes
- Certains signaux d'alerte précis permettent de repérer une fausse annonce avant tout versement
- La loi prévoit des sanctions aggravées quand la victime est une personne vulnérable en raison de son âge
- Des recours concrets existent pour les victimes, y compris le dépôt de plainte en ligne
Arnaques locations vacances : les signaux d'alerte à repérer avant de réserver en ligne © SeniorActu
Des annonces de plus en plus sophistiquées
Le scénario se répète, saison après saison. Un retraité repère une maison de vacances sur un site d'annonces ou une plateforme de réservation. Les photos sont impeccables, la description détaillée, le prix attractif sans être suspect. Il échange quelques messages avec le supposé propriétaire, qui se montre courtois et rassurant. Puis vient la demande : « Pour bloquer les dates, il faudrait verser un acompte rapidement, la demande est forte. »
Le piège se referme. Une fois le virement effectué, le « propriétaire » disparaît. Le logement, lui, n'a jamais été à louer — ou n'existe tout simplement pas. Les escrocs récupèrent des photos et des descriptions de biens réels, publiés par de véritables agences ou particuliers, pour créer des annonces factices sur d'autres plateformes.
En 2024, la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes, l'autorité qui protège les consommateurs) a enregistré plus de 310 000 signalements sur sa plateforme SignalConso, un record.
Les arnaques en ligne figurent parmi les motifs les plus fréquents. Sur la même période, près de 80 sites frauduleux ont été bloqués au cours des huit premiers mois de l'année en 2025, un rythme qui dépasse déjà le total de l'année 2024 (87 sites bloqués sur douze mois).
Les retraités constituent une cible de choix pour les escrocs. Ils réservent souvent leurs vacances à l'avance, disposent d'un budget dédié et sont parfois moins familiers avec les codes du numérique. Surtout, ils ne soupçonnent pas qu'une annonce publiée sur une grande plateforme puisse être frauduleuse.
Le piège se referme. Une fois le virement effectué, le « propriétaire » disparaît. Le logement, lui, n'a jamais été à louer — ou n'existe tout simplement pas. Les escrocs récupèrent des photos et des descriptions de biens réels, publiés par de véritables agences ou particuliers, pour créer des annonces factices sur d'autres plateformes.
En 2024, la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes, l'autorité qui protège les consommateurs) a enregistré plus de 310 000 signalements sur sa plateforme SignalConso, un record.
Les arnaques en ligne figurent parmi les motifs les plus fréquents. Sur la même période, près de 80 sites frauduleux ont été bloqués au cours des huit premiers mois de l'année en 2025, un rythme qui dépasse déjà le total de l'année 2024 (87 sites bloqués sur douze mois).
Les retraités constituent une cible de choix pour les escrocs. Ils réservent souvent leurs vacances à l'avance, disposent d'un budget dédié et sont parfois moins familiers avec les codes du numérique. Surtout, ils ne soupçonnent pas qu'une annonce publiée sur une grande plateforme puisse être frauduleuse.
Les cinq signaux qui trahissent une fausse annonce
Repérer une arnaque avant de payer, c'est possible. Plusieurs indices doivent immédiatement alerter un locataire potentiel. Les voici.
Un réflexe simple permet de lever le doute sur les photos : la recherche d'image inversée. En copiant l'URL d'une photo de l'annonce dans Google Images, on peut vérifier si cette image apparaît sur d'autres sites, associée à un autre bien ou un autre propriétaire. De même, vérifier l'adresse du logement sur Google Maps ou Google Earth permet de s'assurer que le bien correspond réellement à la description.
Signal 1 Alerte
Prix anormalement bas
Un tarif très inférieur au marché pour le secteur et la saison doit éveiller la méfiance. Comparez toujours avec d'autres annonces similaires dans la même zone.
Signal 2 Alerte
Paiement hors plateforme
Le propriétaire insiste pour communiquer par e-mail personnel ou WhatsApp et demande un virement bancaire direct « pour éviter les frais de commission ». C'est le signal d'alerte le plus fréquent.
Signal 3 Attention
Refus de contrat écrit
Le Code du tourisme (article L324-2) impose un contrat écrit pour toute location saisonnière. Un propriétaire qui refuse ce document n'est pas fiable.
Signal 4 Attention
Pas de visite ni d'appel possible
Le propriétaire invoque des prétextes pour éviter un appel téléphonique, une visioconférence ou une visite. Un loueur légitime accepte toujours d'échanger directement.
Signal 5 Vérification
Demande de documents personnels prématurée
L'escroc demande une copie de carte d'identité, un RIB ou des bulletins de salaire avant toute signature. Ces informations peuvent servir à une usurpation d'identité.
Un réflexe simple permet de lever le doute sur les photos : la recherche d'image inversée. En copiant l'URL d'une photo de l'annonce dans Google Images, on peut vérifier si cette image apparaît sur d'autres sites, associée à un autre bien ou un autre propriétaire. De même, vérifier l'adresse du logement sur Google Maps ou Google Earth permet de s'assurer que le bien correspond réellement à la description.
Ce que dit la loi — et pourquoi les seniors sont mieux protégés qu'ils ne le croient
Publier une fausse annonce de location constitue un délit d'escroquerie au sens de l'article 313-1 du Code pénal. La peine encourue est lourde : 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende.
Mais un élément reste largement ignoré des retraités. L'article 313-2 du même code prévoit une aggravation des peines lorsque l'escroquerie vise une personne dont la vulnérabilité, « due à son âge », est apparente ou connue de l'auteur. Dans ce cas, les sanctions passent à 7 ans d'emprisonnement et 750 000 € d'amende. Autrement dit, un escroc qui cible délibérément des personnes âgées s'expose à des peines considérablement alourdies. C'est un levier juridique puissant, mais encore trop méconnu.
Par ailleurs, depuis février 2024, le règlement européen sur les services numériques (le « DSA », pour Digital Services Act) oblige les plateformes de réservation à vérifier l'identité des loueurs professionnels, à mettre en place des outils de signalement accessibles et à traiter rapidement les contenus signalés comme illicites. En cas de manquement prouvé à ces obligations, leur responsabilité peut désormais être engagée.
Mais un élément reste largement ignoré des retraités. L'article 313-2 du même code prévoit une aggravation des peines lorsque l'escroquerie vise une personne dont la vulnérabilité, « due à son âge », est apparente ou connue de l'auteur. Dans ce cas, les sanctions passent à 7 ans d'emprisonnement et 750 000 € d'amende. Autrement dit, un escroc qui cible délibérément des personnes âgées s'expose à des peines considérablement alourdies. C'est un levier juridique puissant, mais encore trop méconnu.
Par ailleurs, depuis février 2024, le règlement européen sur les services numériques (le « DSA », pour Digital Services Act) oblige les plateformes de réservation à vérifier l'identité des loueurs professionnels, à mettre en place des outils de signalement accessibles et à traiter rapidement les contenus signalés comme illicites. En cas de manquement prouvé à ces obligations, leur responsabilité peut désormais être engagée.
Que faire si vous êtes victime
Si malgré toutes les précautions, le piège s'est refermé, il faut agir vite. Chaque heure compte pour tenter de bloquer un virement ou limiter les dégâts. Voici les étapes à suivre, dans l'ordre.
Pour les victimes qui n'ont pas pu récupérer leur argent et dont l'escroc n'est pas identifié, une dernière possibilité existe : saisir la Commission d'indemnisation des victimes d'infraction (CIVI), sous conditions de ressources. Cette démarche, moins connue, peut permettre d'obtenir un dédommagement financier même lorsque l'auteur de l'arnaque a disparu.
Pour en savoir plus sur les démarches en cas de fausse annonce de location, le site service-public.gouv.fr détaille l'ensemble des recours possibles. Le site cybermalveillance.gouv.fr propose également une fiche pratique complète pour réagir efficacement.
Étape 1 Urgent
Contactez votre banque immédiatement
Si le virement est encore en cours de traitement, il peut être bloqué. Demandez une opposition sur votre carte si l'escroc détient vos coordonnées bancaires.
Étape 2 24-48h
Déposez plainte en ligne ou en gendarmerie
La plateforme THESEE, accessible sur service-public.gouv.fr, permet de déposer plainte en ligne pour les escroqueries sur Internet. Conservez toutes les preuves : captures d'écran, e-mails, justificatifs de paiement.
Étape 3 En parallèle
Signalez l'annonce frauduleuse
Prévenez la plateforme de réservation pour qu'elle supprime l'annonce et bloque le compte de l'escroc. Signalez aussi sur PHAROS (internet-signalement.gouv.fr).
Étape 4 Aide gratuite
Appelez Info Escroqueries
Le 0 805 805 817 est un numéro vert gratuit, ouvert du lundi au vendredi de 9h à 18h30. Des policiers et gendarmes spécialisés vous informent, vous conseillent et vous orientent.
Pour en savoir plus sur les démarches en cas de fausse annonce de location, le site service-public.gouv.fr détaille l'ensemble des recours possibles. Le site cybermalveillance.gouv.fr propose également une fiche pratique complète pour réagir efficacement.
Sources :
- Service-public.gouv.fr, « Arnaques à la location immobilière sur internet », fiche F34092, vérifié le 16 octobre 2024
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Comment réagir en cas d'arnaques à la location immobilière ? », mise à jour le 31 mars 2025
- DGCCRF, Bilan d'activité 2024, conférence de presse du 13 mars 2025 (economie.gouv.fr)
- Légifrance, articles 313-1 et 313-2 du Code pénal
- Police nationale, plateforme Info Escroqueries (0 805 805 817)
- Service-public.gouv.fr, « Arnaques à la location immobilière sur internet », fiche F34092, vérifié le 16 octobre 2024
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Comment réagir en cas d'arnaques à la location immobilière ? », mise à jour le 31 mars 2025
- DGCCRF, Bilan d'activité 2024, conférence de presse du 13 mars 2025 (economie.gouv.fr)
- Légifrance, articles 313-1 et 313-2 du Code pénal
- Police nationale, plateforme Info Escroqueries (0 805 805 817)

