Argent et patrimoine

Épargne retraite : 12,7 millions de français ont un PER. Et vous ?

Par | Publié le 16/02/2026 à 13:57

Jamais autant de Français n'avaient misé sur un seul produit d'épargne retraite : 12,7 millions de titulaires, 141 milliards d'euros. Un record qui tombe au moment où la fiscalité du PER se durcit en 2026.


Ce qu'il faut retenir

  1. Le PER atteint un record historique : 12,7 millions de titulaires et 141 milliards d'euros d'encours au 3e trimestre 2025
  2. Les versements sur un PER après 70 ans ne sont plus déductibles des impôts depuis le 1er janvier 2026
  3. Les prélèvements sociaux sur les gains du PER passent de 17,2 % à 18,6 % en 2026
  4. Les plafonds de déduction non utilisés peuvent désormais être reportés sur 5 ans au lieu de 3
  5. L'assurance-vie reste exclue de la hausse de la CSG, contrairement au PER
Une femme de 60 ans consulte un conseiller financier à propos de son plan d'épargne retraite © SeniorActu
Une femme de 60 ans consulte un conseiller financier à propos de son plan d'épargne retraite © SeniorActu

Un record historique pour l'épargne retraite en France

Les chiffres publiés ce lundi 16 février 2026 par le ministère de l'Économie ne laissent aucun doute : le Plan d'Épargne Retraite (PER) s'est imposé dans le paysage financier des Français. Près de 12,7 millions de personnes détiennent désormais un PER, pour un capital total de 141,1 milliards d'euros. En un an, les sommes épargnées ont progressé de 19 %.

Pour mesurer l'ampleur du phénomène, il suffit de remonter trois ans en arrière. Fin 2022, le PER comptait 7 millions de titulaires et 80 milliards d'encours. En trois ans, le nombre de détenteurs a presque doublé. Le dispositif, créé en 2019 par la loi PACTE pour remplacer les anciens produits (PERP, Madelin, PERCO), a visiblement trouvé son public.

Mais pourquoi un tel engouement ? L'argument principal reste la possibilité de déduire ses versements de son revenu imposable. Concrètement, chaque euro versé sur un PER réduit l'assiette de votre impôt sur le revenu. Pour un contribuable imposé à 30 %, verser 5 000 € sur son PER lui permet d'économiser 1 500 € d'impôts. L'autre atout : la possibilité de récupérer son épargne en capital au moment de la retraite, et non plus obligatoirement sous forme de rente viagère comme avec les anciens contrats.

Ce que beaucoup de détenteurs ignorent : les règles ont changé en 2026

Le succès du PER ne doit pas masquer un tournant fiscal majeur. Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs mesures changent la donne pour les 12,7 millions de titulaires, et pour ceux qui envisagent d'en ouvrir un.

👉 Première mauvaise nouvelle : la fin de l'avantage fiscal après 70 ans. Jusqu'à fin 2025, un retraité pouvait continuer à verser sur son PER après 70 ans et déduire ces sommes de ses impôts. C'est terminé. La loi de finances 2026 supprime cette possibilité. Les versements restent autorisés, mais ils ne réduisent plus l'impôt sur le revenu. L'objectif du gouvernement : recentrer le PER sur sa mission première, préparer sa retraite, et non servir d'outil de défiscalisation tardive.

👉 Deuxième changement : la hausse des prélèvements sociaux. La Contribution Sociale Généralisée (CSG) sur certains revenus du capital passe de 9,2 % à 10,6 %. Résultat : le total des prélèvements sociaux grimpe de 17,2 % à 18,6 %. Cette hausse, issue de la loi de financement de la Sécurité sociale promulguée le 30 décembre 2025 (article 12 de la loi n°2025-1403), concerne les gains des placements financiers. Le PER bancaire est clairement visé. Pour le PER assurantiel, dont le fonctionnement se rapproche de l'assurance-vie, la situation reste incertaine : il ne figure ni dans la liste des produits exclus, ni explicitement parmi les produits concernés. L'administration fiscale n'a pas encore tranché. L'assurance-vie, elle, est explicitement exclue de cette hausse.

Pour un PER bancaire ayant généré 20 000 € de gains, la facture supplémentaire représente 280 € de prélèvements en plus. Sur 50 000 € de gains, l'écart atteint 700 €. Les détenteurs d'un PER assurantiel devront attendre les précisions de l'administration fiscale.

Ce qui s'améliore malgré tout : les plafonds de déduction renforcés

Tout n'est pas négatif dans les changements de 2026. Deux mesures favorables méritent l'attention des épargnants.

D'abord, les plafonds de déduction fiscale pour les versements sur un PER ont été revalorisés. Pour les versements effectués en 2026, un salarié peut déduire jusqu'à 37 680 € par an (soit 10 % de ses revenus professionnels de 2025). Pour les retraités ou les personnes sans activité, le plancher de déduction s'établit à 4 710 €. Ces montants, confirmés par le site service-public.gouv.fr, seront encore relevés l'an prochain grâce à la hausse du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), passé à 48 060 € au 1er janvier 2026.

Ensuite, et c'est une avancée notable, les plafonds de déduction non utilisés peuvent désormais être reportés sur 5 ans au lieu de 3. En clair, si vous n'avez pas versé sur votre PER ces dernières années, vous pouvez cumuler vos droits à déduction et effectuer un versement important en une seule fois, tout en bénéficiant d'un avantage fiscal renforcé. Ces plafonds disponibles figurent directement sur votre avis d'imposition.

Voici ce qui change concrètement en 2026 :
 
Avant Jusqu'au 31/12/2025
💶
Prélèvements sociaux sur les gains
17,2 %
📅
Report des plafonds non utilisés
3 ans
Déduction fiscale après 70 ans
Oui
2026 Depuis le 01/01/2026
💶
Prélèvements sociaux sur les gains
18,6 % (+1,4 point)
📅
Report des plafonds non utilisés
5 ans
⚠️
Déduction fiscale après 70 ans
Non (supprimée)

Et si vous n'avez pas de PER : faut-il en ouvrir un en 2026 ?

C'est la question que se posent les millions de Français qui n'ont pas encore franchi le pas. Malgré les changements fiscaux, le PER conserve des atouts solides pour ceux qui préparent leur retraite.

Si vous êtes encore en activité et imposé à 30 % ou plus, le PER reste un levier d'économie d'impôt significatif. À titre d'exemple, un versement annuel de 4 000 € réduit votre impôt de 1 200 € si vous êtes dans la tranche à 30 %. Et avec le report étendu à 5 ans, vous pouvez rattraper les années où vous n'avez rien versé.

En revanche, si vous approchez des 70 ans et que vous comptiez sur la déduction fiscale pour alimenter votre PER, il faut revoir votre stratégie. L'avantage fiscal à l'entrée n'existe plus passé cet âge. L'assurance-vie, qui échappe à la hausse de la CSG et offre une souplesse de retrait supérieure, mérite d'être considérée comme une alternative.

Pour vérifier votre situation et le fonctionnement du PER, le site officiel service-public.gouv.fr détaille l'ensemble des règles applicables.

Dans tous les cas, avant d'ouvrir ou d'alimenter un PER, vérifiez votre plafond de déduction sur votre dernier avis d'imposition. C'est le point de départ de toute décision éclairée.

 
Sources :
- Ministère de l'Économie et des Finances, communiqué du 16 février 2026
- Loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026, article 12
- Service-public.gouv.fr, fiche PER mise à jour au 1er janvier 2026




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