La canicule est finie, mais pas pour vos reins
La ministre de la Santé a prévenu sur franceinfo : les patients les plus fragiles arrivent aux urgences cinq à dix jours après la canicule. La canicule a culminé entre le 21 et le 28 juin.
Nous sommes le 2 juillet. Vous êtes en plein dans la fenêtre et ce que vous prenez pour de la fatigue résiduelle peut être le premier signal d'une atteinte rénale silencieuse.
Nous sommes le 2 juillet. Vous êtes en plein dans la fenêtre et ce que vous prenez pour de la fatigue résiduelle peut être le premier signal d'une atteinte rénale silencieuse.
Pourquoi ce sont les reins qui paient en premier
Matignon a résumé le mécanisme samedi : « Si la canicule recule, ses effets sur le système de santé restent devant nous. » C'est la « dose cumulée de chaleur » qui fait les dégâts.
Quand la température monte, votre corps ouvre en effet les vannes. Les vaisseaux de la peau se dilatent pour évacuer la chaleur, la transpiration s'accélère.
Cette redistribution a un coût : le débit sanguin qui alimente vos reins diminue. Vos reins reçoivent moins de sang, filtrent moins, produisent moins d'urine.
En temps normal, la compensation tient quelques jours. Sauf que la canicule de juin a duré onze nuits consécutives au-dessus de 22 °C dans les zones urbaines.
La nuit, le corps est censé récupérer. Quand la chambre reste à 28 °C, il ne récupère pas. Le lendemain, vos reins repartent avec moins de réserve que la veille. Le cycle recommence jusqu'à ce que les tubules rénaux dépassent leur capacité de compensation.
Quand la température monte, votre corps ouvre en effet les vannes. Les vaisseaux de la peau se dilatent pour évacuer la chaleur, la transpiration s'accélère.
Cette redistribution a un coût : le débit sanguin qui alimente vos reins diminue. Vos reins reçoivent moins de sang, filtrent moins, produisent moins d'urine.
En temps normal, la compensation tient quelques jours. Sauf que la canicule de juin a duré onze nuits consécutives au-dessus de 22 °C dans les zones urbaines.
La nuit, le corps est censé récupérer. Quand la chambre reste à 28 °C, il ne récupère pas. Le lendemain, vos reins repartent avec moins de réserve que la veille. Le cycle recommence jusqu'à ce que les tubules rénaux dépassent leur capacité de compensation.
+47 % d'insuffisances rénales aiguës : ce que l'étude de Santé publique France a mesuré
En avril 2025, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire a publié une étude que la plupart des médias ont ignorée. L'équipe de Noémie Rossello, à Santé publique France, a analysé huit étés de données d'urgence en Auvergne-Rhône-Alpes.
Les chiffres sont nets. Quand les températures dépassent les seuils d'alerte, le risque de passage aux urgences pour insuffisance rénale aiguë augmente de 47 %.
Le surrisque est indépendant du sexe, de l'âge et du département. Il suit un effet dose : plus la température monte, plus le risque grimpe.
Le plus frappant tient dans un détail que vous n'avez lu nulle part. Le surrisque ne disparaît pas quand l'alerte orange est levée.
Dans les trois jours qui suivent la fin de la vigilance orange, le risque reste majoré de 32 %. C'est la définition chiffrée de l'effet retard.
Autrement dit : le moment le plus dangereux pour vos reins n'est pas le pic de chaleur à 40 °C. C'est la semaine qui suit, quand vous pensez que c'est fini.
L'étude a porté sur plus de 14 000 passages aux urgences pour insuffisance rénale aiguë sur huit étés. Ce n'est pas à proprement parler ce qu'on appelle un signal faible.
Et le résultat qui complique tout : la décompensation cardiaque et l'ischémie myocardique, qui elles, n'augmentent pas significativement pendant les canicules dans cette étude. L'organe qui trinque en premier, ce n'est pas le cœur. Ce sont les reins.
Santé publique France va plus loin sur les données 2015-2024. L'agence mesure en effet que jusqu'à 85 % des passages aux urgences pour des pathologies liées à la chaleur se produisent en dehors des périodes de vigilance officielle. Le danger ne coïncide donc pas avec l'alerte rouge canicule sur votre téléphone.
Les chiffres sont nets. Quand les températures dépassent les seuils d'alerte, le risque de passage aux urgences pour insuffisance rénale aiguë augmente de 47 %.
Le surrisque est indépendant du sexe, de l'âge et du département. Il suit un effet dose : plus la température monte, plus le risque grimpe.
Le plus frappant tient dans un détail que vous n'avez lu nulle part. Le surrisque ne disparaît pas quand l'alerte orange est levée.
Dans les trois jours qui suivent la fin de la vigilance orange, le risque reste majoré de 32 %. C'est la définition chiffrée de l'effet retard.
Autrement dit : le moment le plus dangereux pour vos reins n'est pas le pic de chaleur à 40 °C. C'est la semaine qui suit, quand vous pensez que c'est fini.
L'étude a porté sur plus de 14 000 passages aux urgences pour insuffisance rénale aiguë sur huit étés. Ce n'est pas à proprement parler ce qu'on appelle un signal faible.
Et le résultat qui complique tout : la décompensation cardiaque et l'ischémie myocardique, qui elles, n'augmentent pas significativement pendant les canicules dans cette étude. L'organe qui trinque en premier, ce n'est pas le cœur. Ce sont les reins.
Santé publique France va plus loin sur les données 2015-2024. L'agence mesure en effet que jusqu'à 85 % des passages aux urgences pour des pathologies liées à la chaleur se produisent en dehors des périodes de vigilance officielle. Le danger ne coïncide donc pas avec l'alerte rouge canicule sur votre téléphone.
Ce qui ressemble à de la fatigue mais n'en est pas
Vous êtes fatigué depuis la fin de la canicule. Vous dormez mal, vous vous sentez lourd. Rien d'alarmant en apparence. Sauf que l'insuffisance rénale aiguë ne fait pas de bruit. Elle s'installe sous la fatigue, derrière la courbature, au fond du malaise que vous mettez sur le compte de la chaleur.
La Haute Autorité de santé le confirme : les fortes chaleurs sont susceptibles de favoriser la décompensation de pathologies chroniques déjà installées. Un diabète peut se déséquilibrer, une maladie rénale préexistante peut basculer.
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- Des urines plus foncées que d'habitude, ou nettement moins abondantes.
- Des nausées sans cause digestive apparente.
- Un gonflement des chevilles ou
- des paupières au réveil qui n'était pas là avant la vague de chaleur.
- Une fatigue qui ne cède pas malgré des nuits plus fraîches.
La Haute Autorité de santé le confirme : les fortes chaleurs sont susceptibles de favoriser la décompensation de pathologies chroniques déjà installées. Un diabète peut se déséquilibrer, une maladie rénale préexistante peut basculer.
Ce que votre médecin peut vérifier cette semaine
Un seul examen suffit à lever le doute.
La créatininémie mesure la capacité de filtration de vos reins. C'est une prise de sang que votre médecin traitant peut prescrire dès lundi matin. Demandez-la si vous avez plus de 65 ans et si vous prenez un traitement au long cours qui passe par les reins.
Si votre fatigue persiste depuis la fin de la canicule, ces critères justifient une vérification. En parallèle, surveillez vos urines. Leur couleur et leur volume sont les indicateurs les plus simples d'une déshydratation résiduelle. Des urines claires et abondantes signifient que vos reins filtrent. Des urines foncées et rares signifient qu'ils peinent encore. Pour les malades chroniques, l'effet retard peut se prolonger plusieurs semaines selon la ministre de la Santé.
La prochaine vague de chaleur est annoncée autour du 6 juillet. Votre corps n'a que quelques jours pour solder la dette de la première. Ne le négligez pas !
La créatininémie mesure la capacité de filtration de vos reins. C'est une prise de sang que votre médecin traitant peut prescrire dès lundi matin. Demandez-la si vous avez plus de 65 ans et si vous prenez un traitement au long cours qui passe par les reins.
Si votre fatigue persiste depuis la fin de la canicule, ces critères justifient une vérification. En parallèle, surveillez vos urines. Leur couleur et leur volume sont les indicateurs les plus simples d'une déshydratation résiduelle. Des urines claires et abondantes signifient que vos reins filtrent. Des urines foncées et rares signifient qu'ils peinent encore. Pour les malades chroniques, l'effet retard peut se prolonger plusieurs semaines selon la ministre de la Santé.
La prochaine vague de chaleur est annoncée autour du 6 juillet. Votre corps n'a que quelques jours pour solder la dette de la première. Ne le négligez pas !


