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Canicule : thermomètre qui baisse, décès qui montent, dix jours pour vous préparer à la suite

Par | Publié le 28/06/2026 à 10:06

Les thermomètres baissent ce week-end. Les appels au SAMU, eux, continuent de grimper. Ce décalage n'est pas un hasard. Il porte un nom que les urgentistes connaissent bien, et il explique pourquoi les dix jours qui s'ouvrent ne sont pas du tout une pause.

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Un senior s'agrippe à son fauteuil après un malaise dans son salon volets fermés
Un senior s'agrippe à son fauteuil après un malaise dans son salon volets fermés

La canicule recule, le SAMU ne décroche plus

La vigilance rouge s'apprête à tomber ce dimanche soir. Les orages arrivent par l'ouest.

Sauf que les urgences n'ont jamais été aussi sollicitées. L'AP-HP signale une hausse de 80 % des appels au SAMU de Paris et d'île-de-France cette semaine.

Le plan blanc reste déclenché. Les chambres funéraires de la capitale sont saturées depuis samedi.

Matignon a résumé la situation en une phrase : « Si la canicule recule, ses effets sur le système de santé, eux, restent devant nous. »

L'effet retard que les urgentistes redoutent cette semaine

La ministre de la Santé Stéphanie Rist a posé le diagnostic sur franceinfo. « Les plus fragiles ressentent les symptômes parfois cinq à dix jours après un épisode de canicule. »

Elle a ajouté un terme que peu de Français connaissent : « C'est la dose cumulée de la chaleur dans le corps qui entraîne des retentissements. »

Ce phénomène porte un nom dans les services d'urgence : l'effet retard. François Braun, ancien ministre de la Santé, le confirme sur LCI.

Les difficultés dans le système de soins n'arrivent jamais pendant les premiers jours d'une canicule. Elles surviennent au bout de cinq, six jours, une semaine, quand l'organisme a épuisé ses capacités de compensation.

L'ARS de Bourgogne-Franche-Comté le mesure en temps réel : trois à quatre jours de décalage entre le pic de chaleur et le pic d'admissions aux urgences. Le sang s'épaissit sous l'effet de la déshydratation prolongée, et le risque de thrombose augmente.

Or la canicule de juin a démarré le 17 juin. Les nuits au-dessus de 22 °C ont duré onze jours consécutifs en zones urbaines.

Les 24 et 25 juin ont été les journées les plus chaudes jamais enregistrées en France depuis 1947. La moyenne des maximales a atteint jusqu'à 38,5 °C.

Les hospitalisations liées à la chaleur atteignaient 160 à 220 entrées quotidiennes au 22 juin selon Santé publique France. Environ 60 % concernaient des personnes de plus de 75 ans.

Si la fournaise s'atténue ce week-end, le pic d'admissions de cet épisode n'est pas derrière nous. Il est devant.

Pourquoi un corps de 65 ans paie la facture plus tard

L'organisme d'une personne de 65 ans régule moins bien sa température que celui d'un trentenaire. La transpiration diminue avec l'âge.

La sensation de soif se déclenche avec retard. Les vaisseaux sanguins se dilatent moins efficacement pour évacuer la chaleur.

Rien de cela n'est visible de l'extérieur. S'y ajoute un facteur que la plupart d'entre nous ignorons.

De nombreux médicaments couramment prescrits aux plus de 65 ans peuvent interférer avec la thermorégulation. Certains diurétiques accélèrent la perte d'eau.

Certains antihypertenseurs limitent la dilatation des vaisseaux. Certains psychotropes altèrent la capacité du corps à transpirer.

La page dédiée du portail national pour les personnes âgées recense ces interactions. Si vous prenez un traitement au long cours, parlez-en à votre médecin avant la prochaine vague.

Ce que nous appelons une « pause » entre deux épisodes caniculaires, votre organisme l'interprète comme une fenêtre de survie. Pas comme un retour à la normale.

Ce que les météorologues disent vraiment sur juillet

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a déclaré sur France Inter le 24 juin que Météo-France anticipait de « fortes probabilités » de retour des chaleurs extrêmes dès la semaine du 6 juillet. Elle a précisé : « jusqu'au 14 juillet ».

Plusieurs météorologues ont contesté cette précision. La fiabilité des prévisions tombe sous les 50 % au-delà de dix jours d'échéance.

Ce qui est robuste, en revanche, c'est la tendance de fond. Les modèles européen ECMWF et américain CFS convergent : juillet sera globalement plus chaud que la normale, avec des anomalies de +1 à +3 °C sur la France.

La question n'est plus de savoir si la chaleur reviendra. C'est de savoir si votre corps aura eu le temps de récupérer avant.

Dix jours pour récupérer : le mode d'emploi que personne ne donne

La fenêtre de répit qui s'ouvre n'est pas un retour à la normale. C'est un compte à rebours.

Si les modèles se confirment, votre corps dispose d'une dizaine de jours pour éliminer la dette thermique accumulée depuis le 17 juin.
  Je vais être direct : boire « au moins un litre et demi par jour » ne suffit pas à reconstituer vos réserves après onze nuits au-dessus de 22 °C. La réhydratation se joue sur la régularité, pas sur le volume.

Des apports fractionnés, toutes les heures, même sans soif. Des aliments riches en eau à chaque repas.

Gardez vos volets fermés dès 9 heures du matin, même si la température vous semble supportable.

Si vous ne l'avez pas encore fait, inscrivez-vous au registre canicule de votre mairie. C'est gratuit, confidentiel, et c'est le seul dispositif qui déclenche un appel si vous ne répondez plus.

Neuf seniors sur dix ne s'y sont jamais inscrits... 

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