Ce qu'il faut retenir
- Un nouveau mode de calcul des frais de dépendance est testé dans des EHPAD répartis sur près d'un quart du territoire — l'impact sur la facture dépend du profil du résident
- Les familles concernées n'ont plus à monter de dossier pour une allocation clé — elle disparaît au profit du nouveau forfait
- Si votre département ne figure pas dans la liste, vos tarifs restent inchangés — mais une généralisation est envisagée à partir de 2027
- Les démarches à connaître et les cas où la facture peut réellement baisser sont détaillés plus bas
Tarification EHPAD : ce qui change pour les familles dans les 23 départements où le forfait dépendance est testé © SeniorActu
Ce qui change dans les 23 départements
Depuis le 1er juillet 2025, les EHPAD situés dans vingt-trois départements français appliquent un mode de tarification inédit. Le principe : les deux anciennes sections « soins » et « dépendance » de la facture fusionnent en un seul poste, appelé forfait global unique (FGU). Ce forfait est financé principalement par la Sécurité sociale, via les Agences régionales de santé (ARS).
Concrètement, la participation du résident à la dépendance ne dépend plus de son niveau de perte d'autonomie (le fameux classement GIR, pour Groupe Iso-Ressources). Elle est remplacée par une participation forfaitaire fixe de 6,16 € par jour, soit environ 185 € par mois, identique pour tous les résidents, qu'ils soient classés en GIR 1 (très dépendants) ou en GIR 6 (autonomes).
C'est un changement majeur. Dans l'ancien système — toujours en vigueur dans les soixante-dix-sept autres départements — le tarif dépendance varie selon le GIR du résident et selon les décisions du conseil départemental. En moyenne nationale, un résident classé en GIR 1-2 paie environ 22 € par jour de tarif dépendance, soit près de 660 € par mois. Un résident en GIR 3-4 paie autour de 14 € par jour, soit 420 € par mois. Le tarif le plus bas, pour les GIR 5-6, avoisine 6 € par jour.
Une précision essentielle : dans l'ancien système, la majorité des résidents dont les revenus mensuels sont inférieurs à 2 846,77 € (seuil 2026) ne paient déjà que le tarif GIR 5-6, quel que soit leur niveau réel de dépendance. L'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) en établissement couvre la différence. Ce sont donc les résidents aux revenus plus élevés — ceux qui paient le tarif dépendance correspondant à leur GIR réel — qui voient la plus forte baisse dans les départements tests.
Concrètement, la participation du résident à la dépendance ne dépend plus de son niveau de perte d'autonomie (le fameux classement GIR, pour Groupe Iso-Ressources). Elle est remplacée par une participation forfaitaire fixe de 6,16 € par jour, soit environ 185 € par mois, identique pour tous les résidents, qu'ils soient classés en GIR 1 (très dépendants) ou en GIR 6 (autonomes).
C'est un changement majeur. Dans l'ancien système — toujours en vigueur dans les soixante-dix-sept autres départements — le tarif dépendance varie selon le GIR du résident et selon les décisions du conseil départemental. En moyenne nationale, un résident classé en GIR 1-2 paie environ 22 € par jour de tarif dépendance, soit près de 660 € par mois. Un résident en GIR 3-4 paie autour de 14 € par jour, soit 420 € par mois. Le tarif le plus bas, pour les GIR 5-6, avoisine 6 € par jour.
Nouveau système 23 départements
Participation dépendance
6,16 €/jour (185 €/mois) — tous GIR confondus
Ancien système 77 départements
Tarif dépendance GIR 1-2
~22 €/jour (660 €/mois)
Tarif dépendance GIR 3-4
~14 €/jour (420 €/mois)
Tarif dépendance GIR 5-6
~6 €/jour (180 €/mois)
Une précision essentielle : dans l'ancien système, la majorité des résidents dont les revenus mensuels sont inférieurs à 2 846,77 € (seuil 2026) ne paient déjà que le tarif GIR 5-6, quel que soit leur niveau réel de dépendance. L'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) en établissement couvre la différence. Ce sont donc les résidents aux revenus plus élevés — ceux qui paient le tarif dépendance correspondant à leur GIR réel — qui voient la plus forte baisse dans les départements tests.
Pourquoi l'APA en établissement disparaît dans ces territoires
L'autre conséquence directe de cette réforme, rarement expliquée aux familles, concerne l'APA en établissement. Dans les vingt-trois départements concernés, cette allocation n'est plus versée. La logique est simple : puisque la Sécurité sociale finance désormais l'intégralité de la section soins-dépendance via le forfait global unique, le département n'a plus à verser l'APA pour couvrir la part dépendance du résident.
Pour les familles, cela signifie une chose concrète : plus aucun dossier APA à monter pour un parent entrant en EHPAD dans l'un de ces départements. Fini les délais d'instruction de plusieurs semaines, les évaluations GIR, les plans d'aide à négocier. La participation est fixée d'avance, au même montant pour tous.
Mais cette simplification a un revers. Les résidents qui percevaient une APA plus généreuse que le coût réel de la section dépendance — ce qui pouvait arriver dans certaines configurations — n'en bénéficient plus. Et pour les familles qui avaient l'habitude de voir l'APA compenser une partie significative du tarif dépendance, la nouvelle participation forfaitaire peut sembler opaque : « On nous a dit que l'APA ne s'appliquait plus, mais personne ne nous a expliqué pourquoi », résume une aidante du Finistère interrogée par un site spécialisé.
Autre point important : les résidents qui payaient moins de 6,10 € par jour avant le 1er juillet 2025 conservent leur ancien tarif. C'est une clause de maintien inscrite dans le décret n° 2025-168 du 20 février 2025. Seuls les nouveaux entrants depuis cette date se voient appliquer le forfait de 6,16 € par jour.
Pour les familles, cela signifie une chose concrète : plus aucun dossier APA à monter pour un parent entrant en EHPAD dans l'un de ces départements. Fini les délais d'instruction de plusieurs semaines, les évaluations GIR, les plans d'aide à négocier. La participation est fixée d'avance, au même montant pour tous.
Mais cette simplification a un revers. Les résidents qui percevaient une APA plus généreuse que le coût réel de la section dépendance — ce qui pouvait arriver dans certaines configurations — n'en bénéficient plus. Et pour les familles qui avaient l'habitude de voir l'APA compenser une partie significative du tarif dépendance, la nouvelle participation forfaitaire peut sembler opaque : « On nous a dit que l'APA ne s'appliquait plus, mais personne ne nous a expliqué pourquoi », résume une aidante du Finistère interrogée par un site spécialisé.
Autre point important : les résidents qui payaient moins de 6,10 € par jour avant le 1er juillet 2025 conservent leur ancien tarif. C'est une clause de maintien inscrite dans le décret n° 2025-168 du 20 février 2025. Seuls les nouveaux entrants depuis cette date se voient appliquer le forfait de 6,16 € par jour.
Les 23 départements concernés
L'expérimentation couvre des territoires très différents, répartis dans neuf régions métropolitaines et deux territoires d'outre-mer. Voici la liste officielle :
Occitanie : Aude, Haute-Garonne, Lot, Pyrénées-Orientales
Bretagne : Côtes-d'Armor, Finistère, Morbihan
Nouvelle-Aquitaine : Charente-Maritime, Corrèze, Creuse, Landes, Lot-et-Garonne
Auvergne-Rhône-Alpes : Cantal, Métropole de Lyon, Savoie
Pays de la Loire : Maine-et-Loire, Mayenne
Bourgogne-Franche-Comté : Nièvre
Grand Est : Haute-Marne
Hauts-de-France : Pas-de-Calais
Île-de-France : Seine-Saint-Denis
Outre-mer : Guyane, La Réunion
Si votre proche réside dans un EHPAD situé dans l'un de ces départements, la nouvelle tarification s'applique depuis le 1er juillet 2025. Le montant de la participation forfaitaire est passé de 6,10 € à 6,16 € par jour au 1er janvier 2026.
Si votre département ne figure pas dans cette liste, l'ancien système reste en vigueur. Le tarif dépendance continue de dépendre du GIR de votre parent, du conseil départemental et du montant de l'APA attribuée.
Occitanie : Aude, Haute-Garonne, Lot, Pyrénées-Orientales
Bretagne : Côtes-d'Armor, Finistère, Morbihan
Nouvelle-Aquitaine : Charente-Maritime, Corrèze, Creuse, Landes, Lot-et-Garonne
Auvergne-Rhône-Alpes : Cantal, Métropole de Lyon, Savoie
Pays de la Loire : Maine-et-Loire, Mayenne
Bourgogne-Franche-Comté : Nièvre
Grand Est : Haute-Marne
Hauts-de-France : Pas-de-Calais
Île-de-France : Seine-Saint-Denis
Outre-mer : Guyane, La Réunion
Si votre proche réside dans un EHPAD situé dans l'un de ces départements, la nouvelle tarification s'applique depuis le 1er juillet 2025. Le montant de la participation forfaitaire est passé de 6,10 € à 6,16 € par jour au 1er janvier 2026.
Si votre département ne figure pas dans cette liste, l'ancien système reste en vigueur. Le tarif dépendance continue de dépendre du GIR de votre parent, du conseil départemental et du montant de l'APA attribuée.
Ce que cela change vraiment sur la facture
L'impact concret dépend de la situation du résident. Tous les profils ne sont pas logés à la même enseigne.
Cas 1 : résident à revenus modestes, classé GIR 1 à 4. Dans l'ancien système, ce profil paie le ticket modérateur (tarif GIR 5-6, environ 6 €/jour) grâce à l'APA qui couvre la différence. Dans le nouveau système, il paie 6,16 €/jour. La facture est quasi identique — la différence se joue sur quelques centimes par jour et sur la suppression des démarches administratives liées à l'APA.
Cas 2 : résident à revenus supérieurs à 2 846,77 € par mois, classé GIR 1-2. Dans l'ancien système, ce profil paie le tarif dépendance correspondant à son GIR réel, qui peut atteindre 22 € par jour (660 €/mois) selon l'établissement. Dans le nouveau système, il paie 6,16 €/jour (185 €/mois). C'est ici que la baisse est la plus spectaculaire : jusqu'à 475 € d'économie par mois.
Cas 3 : résident classé GIR 5-6. Dans les deux systèmes, la participation reste proche de 6 €/jour. Peu de changement sur la facture.
En résumé, la réforme profite surtout aux résidents dont les ressources dépassent le seuil de 2 846,77 € par mois et qui sont fortement dépendants. Pour les autres, le gain est avant tout administratif : plus de dossier APA en établissement, une facture plus lisible, un seul interlocuteur financier (la Sécurité sociale) au lieu de deux (département + Sécurité sociale).
Cas 1 : résident à revenus modestes, classé GIR 1 à 4. Dans l'ancien système, ce profil paie le ticket modérateur (tarif GIR 5-6, environ 6 €/jour) grâce à l'APA qui couvre la différence. Dans le nouveau système, il paie 6,16 €/jour. La facture est quasi identique — la différence se joue sur quelques centimes par jour et sur la suppression des démarches administratives liées à l'APA.
Cas 2 : résident à revenus supérieurs à 2 846,77 € par mois, classé GIR 1-2. Dans l'ancien système, ce profil paie le tarif dépendance correspondant à son GIR réel, qui peut atteindre 22 € par jour (660 €/mois) selon l'établissement. Dans le nouveau système, il paie 6,16 €/jour (185 €/mois). C'est ici que la baisse est la plus spectaculaire : jusqu'à 475 € d'économie par mois.
Résident aisé, GIR 1-2 Département test
Tarif dépendance mensuel
185 € au lieu de 660 € → économie jusqu'à 475 €/mois
Résident modeste, GIR 1-4 Département test
Tarif dépendance mensuel
~185 € (quasi stable — l'APA couvrait déjà la différence)
Cas 3 : résident classé GIR 5-6. Dans les deux systèmes, la participation reste proche de 6 €/jour. Peu de changement sur la facture.
En résumé, la réforme profite surtout aux résidents dont les ressources dépassent le seuil de 2 846,77 € par mois et qui sont fortement dépendants. Pour les autres, le gain est avant tout administratif : plus de dossier APA en établissement, une facture plus lisible, un seul interlocuteur financier (la Sécurité sociale) au lieu de deux (département + Sécurité sociale).
Et après : vers une généralisation en 2027 ?
L'expérimentation est prévue pour durer jusqu'à fin 2026 dans la plupart des départements. La CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie) est chargée de l'évaluation annuelle. Un rapport doit être transmis au Parlement au plus tard six mois avant la fin de l'expérimentation.
Si les résultats sont jugés positifs — simplification réelle, pas d'effet néfaste sur les établissements, meilleure lisibilité pour les familles — une généralisation à l'ensemble du territoire est envisagée à partir de 2027. Mais rien n'est acquis. Le Conseil de l'âge du HCFEA (Haut Conseil de la Famille, de l'Enfance et de l'Âge) a averti que les montants prévus restaient insuffisants pour sécuriser durablement le financement des EHPAD.
Pour les familles, trois réflexes s'imposent dès maintenant :
Si les résultats sont jugés positifs — simplification réelle, pas d'effet néfaste sur les établissements, meilleure lisibilité pour les familles — une généralisation à l'ensemble du territoire est envisagée à partir de 2027. Mais rien n'est acquis. Le Conseil de l'âge du HCFEA (Haut Conseil de la Famille, de l'Enfance et de l'Âge) a averti que les montants prévus restaient insuffisants pour sécuriser durablement le financement des EHPAD.
Pour les familles, trois réflexes s'imposent dès maintenant :
- Vérifiez si le département de l'EHPAD de votre proche figure dans la liste. Si oui, la participation forfaitaire de 6,16 €/jour s'applique. L'APA en établissement n'est plus versée.
- Demandez à l'établissement une facture détaillée. Le tarif hébergement reste inchangé et à votre charge. Seule la section dépendance est concernée par le nouveau forfait.
- Anticipez un éventuel changement en 2027. Si la réforme est généralisée, le système de l'APA en établissement tel qu'il existe aujourd'hui pourrait disparaître partout en France. Les modalités exactes seront précisées par un futur texte de loi.
Sources :
- Pour-les-personnes-agees.gouv.fr, "Financement des EHPAD : une expérimentation dans 23 départements", mis à jour le 3 février 2026
- CNSA, "Réforme de la tarification des EHPAD", 2025
- Décret n° 2025-168 du 20 février 2025 relatif au financement des établissements participant à l'expérimentation (Légifrance)
- Arrêté du 6 juin 2025 fixant la participation journalière forfaitaire à 6,10 €
- Articles 79 LFSS 2024 et 82 LFSS 2025
- Pour-les-personnes-agees.gouv.fr, "Financement des EHPAD : une expérimentation dans 23 départements", mis à jour le 3 février 2026
- CNSA, "Réforme de la tarification des EHPAD", 2025
- Décret n° 2025-168 du 20 février 2025 relatif au financement des établissements participant à l'expérimentation (Légifrance)
- Arrêté du 6 juin 2025 fixant la participation journalière forfaitaire à 6,10 €
- Articles 79 LFSS 2024 et 82 LFSS 2025




