S’il est un mot que les médecins entendent souvent, à propos des troubles sexuels, c’est bien celui de confiance. Alors cause ou conséquence ?
Pour en évaluer son importance, son impact, son effet sur la compliance du patient à la prise en charge, plusieurs outils diagnostics ont été élaborés.
Questionnaires et échelles ont été mis au point afin d’évaluer le dysfonctionnement érectile, son impact sur la qualité de vie, l’efficacité des traitements et leur influence sur l’estime de soi.
La confiance : du concept à la réalité clinique
- Qu’est ce que la confiance ?
« Sans doute faut-il voir dans les fulgurantes transformations des sociétés contemporaines, l’origine du sentiment d’incertitude généralisée qui habite l’individu et auquel la confiance fait écho » déclare le Dr André Corman, Directeur d’enseignement CHU Toulouse III, Président du syndicat national des médecins sexologues.
En effet, on ne peut parler de confiance que si l’existence d’une incertitude ou d’un doute est reconnue. « On parle ordinairement de confiance pour désigner l’attitude que l’on a, à l’égard d’un être ou d’un objet dont on pense prévoir le comportement futur. » La confiance est ainsi la conséquence d’une réflexion dans l’estimation du probable, en présence d’une incertitude. Elle se construit sur des faits et ne s’accorde pas les yeux fermés…
En psychologie, la confiance en soi s’acquiert par le biais d’expériences et de réussites… « Etre confiant, c’est se penser capable d’aboutir à ce que l’on veut, au but que l’on s’est fixé. La confiance en soi est fondée sur nos actes et conditionne l’estime de soi », confie de son côté le Dr Marie Chevret-Measson, psychiatre-sexologue à Lyon.
- La dysfonction érectile altère la confiance
La dysfonction érectile altère profondément la confiance à tous les niveaux, aussi bien envers soi-même que dans ses rapports avec les autres (partenaire, environnement, médecin...)
La confiance en soi
L’impact des troubles sexuels déborde largement de la sphère sexuelle et constitue pour l’homme un véritable problème d’identité et s’étend à la vie relationnelle (perte de la confiance en soi). L’homme est envahi par des sentiments de dévalorisation, d’humiliation… tel que « je ne suis plus un homme ». A cela s’ajoute « l’anxiété de performance après une ou deux pannes » et la peur de l’échec. Elle est à l’origine d’un véritable cercle vicieux contribuant à maintenir et aggraver les troubles.
Cette anxiété de performance fait le lit de la dysfonction érectile. Par ailleurs, d’un point de vue physiologique, le stress et l’anxiété inhibent l’érection. En effet, les médiateurs chimiques du stress réactivent le centre orthosympathique qui agit comme un frein à l’érection.
La confiance dans le dialogue médecin/patient
Les hommes atteints de troubles de l’érection tardent encore trop souvent à en parler à un médecin, alors qu’ils souhaiteraient pourtant être aidés… Ils évitent le sujet du fait de leur honte, de leur crainte d’être jugés ou parce qu’ils craignent que leur demande soit rejetée…
Une enquête (Fisher W, Meryn S, JMHG) menée sur 298 hommes afin de connaître leurs principales émotions ressenties lors de leur première consultation, montre que les patients sont : « plein d’espoir » (52%), « angoissés » (30%), « gênés » (29%) et « soulagés » (28%).
« En majorité, ils n’ont pas confiance dans la réaction du médecin et n’en parlent pas spontanément. Différentes enquêtes ont montré que les hommes attendent du médecin qu’il pose la question de la sexualité », souligne le Dr André Corman. « Or, le médecin n’a pas forcément envie : lui aussi il n’a pas toujours confiance… En effet, pour beaucoup de médecins généralistes, il est difficile de parler de sexualité, Ils se sentent parfois mal préparés à mener un entretien sur les troubles sexuels, ils n’ont pas été vraiment formés à cela… »
La confiance dans le traitement
L’homme s’interroge et s’inquiète sur l’efficacité du traitement et sur ses effets secondaires.
« La communication sur le médicament est essentielle pour créer la confiance. Le médecin doit bien expliquer le traitement, son mécanisme d’action et persuader le patient que cela va être efficace, sinon il va rester dans l’anxiété et dans l’échec… » explique encore le Dr André Corman. Ensuite, plus l’homme constate la rigidité de son érection et son maintien sur une durée suffisante et plus, il reprend confiance.
La confiance dans la réaction de la partenaire
L’homme souffrant de dysfonction érectile appréhende souvent la réaction de sa partenaire. Il doit être déculpabilisé et mis en confiance. De son côté, la partenaire aussi devrait être vue en consultation pour être déculpabilisée et mise en confiance. Moins une femme a confiance en elle, plus elle aura des réactions négatives vis-à-vis de son partenaire. « Expliquer au couple les mécanismes de vieillissement et le mécanisme de cercle vicieux peuvent dédramatiser et rétablir le dialogue » remarque le Dr Marie Chevret-Measson.
La restauration de l’intimité et de la confiance au sein d’un couple est capitale pour une stimulation harmonieuse et sans angoisse. « Poser des questions à la femme sur les changements dans sa sexualité et leur sexualité lui permet de se replacer en tant que femme désirable dans son couple et non comme « une infirmière » ou un « cobaye », reprend le Dr Marie Chevret-Measson.
Confiance et dysfonction érectile : de la réalité à la mesure
La dysfonction érectile est un phénomène complexe aux multiples retentissements physiques et psychologiques. Afin d’en évaluer tous les paramètres (et notamment « la confiance »), différents outils de diagnostic et de suivi ont été élaborés.
Ainsi, de nombreux questionnaires patients et échelles ont été mis au point afin d’évaluer la dysfonction érectile (DE) et l’efficacité d’un traitement. Ils sont généralement complémentaires et montrent bien les multiples facettes de la DE et son impact sur la qualité de vie. Ils sont utilisés au cours des essais cliniques, mais ils peuvent aussi aider à la prise en charge du patient.
Pour en évaluer son importance, son impact, son effet sur la compliance du patient à la prise en charge, plusieurs outils diagnostics ont été élaborés.
Questionnaires et échelles ont été mis au point afin d’évaluer le dysfonctionnement érectile, son impact sur la qualité de vie, l’efficacité des traitements et leur influence sur l’estime de soi.
La confiance : du concept à la réalité clinique
- Qu’est ce que la confiance ?
« Sans doute faut-il voir dans les fulgurantes transformations des sociétés contemporaines, l’origine du sentiment d’incertitude généralisée qui habite l’individu et auquel la confiance fait écho » déclare le Dr André Corman, Directeur d’enseignement CHU Toulouse III, Président du syndicat national des médecins sexologues.
En effet, on ne peut parler de confiance que si l’existence d’une incertitude ou d’un doute est reconnue. « On parle ordinairement de confiance pour désigner l’attitude que l’on a, à l’égard d’un être ou d’un objet dont on pense prévoir le comportement futur. » La confiance est ainsi la conséquence d’une réflexion dans l’estimation du probable, en présence d’une incertitude. Elle se construit sur des faits et ne s’accorde pas les yeux fermés…
En psychologie, la confiance en soi s’acquiert par le biais d’expériences et de réussites… « Etre confiant, c’est se penser capable d’aboutir à ce que l’on veut, au but que l’on s’est fixé. La confiance en soi est fondée sur nos actes et conditionne l’estime de soi », confie de son côté le Dr Marie Chevret-Measson, psychiatre-sexologue à Lyon.
- La dysfonction érectile altère la confiance
La dysfonction érectile altère profondément la confiance à tous les niveaux, aussi bien envers soi-même que dans ses rapports avec les autres (partenaire, environnement, médecin...)
La confiance en soi
L’impact des troubles sexuels déborde largement de la sphère sexuelle et constitue pour l’homme un véritable problème d’identité et s’étend à la vie relationnelle (perte de la confiance en soi). L’homme est envahi par des sentiments de dévalorisation, d’humiliation… tel que « je ne suis plus un homme ». A cela s’ajoute « l’anxiété de performance après une ou deux pannes » et la peur de l’échec. Elle est à l’origine d’un véritable cercle vicieux contribuant à maintenir et aggraver les troubles.
Cette anxiété de performance fait le lit de la dysfonction érectile. Par ailleurs, d’un point de vue physiologique, le stress et l’anxiété inhibent l’érection. En effet, les médiateurs chimiques du stress réactivent le centre orthosympathique qui agit comme un frein à l’érection.
La confiance dans le dialogue médecin/patient
Les hommes atteints de troubles de l’érection tardent encore trop souvent à en parler à un médecin, alors qu’ils souhaiteraient pourtant être aidés… Ils évitent le sujet du fait de leur honte, de leur crainte d’être jugés ou parce qu’ils craignent que leur demande soit rejetée…
Une enquête (Fisher W, Meryn S, JMHG) menée sur 298 hommes afin de connaître leurs principales émotions ressenties lors de leur première consultation, montre que les patients sont : « plein d’espoir » (52%), « angoissés » (30%), « gênés » (29%) et « soulagés » (28%).
« En majorité, ils n’ont pas confiance dans la réaction du médecin et n’en parlent pas spontanément. Différentes enquêtes ont montré que les hommes attendent du médecin qu’il pose la question de la sexualité », souligne le Dr André Corman. « Or, le médecin n’a pas forcément envie : lui aussi il n’a pas toujours confiance… En effet, pour beaucoup de médecins généralistes, il est difficile de parler de sexualité, Ils se sentent parfois mal préparés à mener un entretien sur les troubles sexuels, ils n’ont pas été vraiment formés à cela… »
La confiance dans le traitement
L’homme s’interroge et s’inquiète sur l’efficacité du traitement et sur ses effets secondaires.
« La communication sur le médicament est essentielle pour créer la confiance. Le médecin doit bien expliquer le traitement, son mécanisme d’action et persuader le patient que cela va être efficace, sinon il va rester dans l’anxiété et dans l’échec… » explique encore le Dr André Corman. Ensuite, plus l’homme constate la rigidité de son érection et son maintien sur une durée suffisante et plus, il reprend confiance.
La confiance dans la réaction de la partenaire
L’homme souffrant de dysfonction érectile appréhende souvent la réaction de sa partenaire. Il doit être déculpabilisé et mis en confiance. De son côté, la partenaire aussi devrait être vue en consultation pour être déculpabilisée et mise en confiance. Moins une femme a confiance en elle, plus elle aura des réactions négatives vis-à-vis de son partenaire. « Expliquer au couple les mécanismes de vieillissement et le mécanisme de cercle vicieux peuvent dédramatiser et rétablir le dialogue » remarque le Dr Marie Chevret-Measson.
La restauration de l’intimité et de la confiance au sein d’un couple est capitale pour une stimulation harmonieuse et sans angoisse. « Poser des questions à la femme sur les changements dans sa sexualité et leur sexualité lui permet de se replacer en tant que femme désirable dans son couple et non comme « une infirmière » ou un « cobaye », reprend le Dr Marie Chevret-Measson.
Confiance et dysfonction érectile : de la réalité à la mesure
La dysfonction érectile est un phénomène complexe aux multiples retentissements physiques et psychologiques. Afin d’en évaluer tous les paramètres (et notamment « la confiance »), différents outils de diagnostic et de suivi ont été élaborés.
Ainsi, de nombreux questionnaires patients et échelles ont été mis au point afin d’évaluer la dysfonction érectile (DE) et l’efficacité d’un traitement. Ils sont généralement complémentaires et montrent bien les multiples facettes de la DE et son impact sur la qualité de vie. Ils sont utilisés au cours des essais cliniques, mais ils peuvent aussi aider à la prise en charge du patient.




