Nouvelles technologies

Démarchage téléphonique : ces trois exceptions qui permettront encore de vous appeler après le 11 août

Par | Publié le 02/07/2026 à 08:47

Le 11 août 2026, le démarchage téléphonique non consenti deviendra illégal en France. Bloctel disparaîtra, votre silence vaudra refus, et les entreprises devront prouver qu'elles avaient votre accord avant de composer votre numéro. Reste à savoir ce que la loi ne couvrira pas.

Partager : W f X in @
Appel entrant inconnu sur un smartphone
Appel entrant inconnu sur un smartphone

Plus besoin de s'inscrire sur une liste

Jusqu'au 10 août, c'est à vous de refuser. Vous devez vous inscrire sur Bloctel, renouveler votre inscription tous les trois ans, espérer que les plateformes respectent la liste.

Le 11 août, la logique s'inverse : c'est à l'entreprise de prouver qu'elle avait votre consentement avant de vous appeler. Le service Bloctel cessera ses activités à cette date. Vous n'aurez plus aucune démarche à accomplir pour ne pas être démarché.

Comment le système bascule le 11 août

La loi du 30 juin 2025 interdit par défaut le démarchage téléphonique commercial vers les particuliers, dans tous les secteurs et sans exception.

Une entreprise qui veut vous appeler devra disposer d'une preuve de consentement explicite, c'est-à-dire d'un accord libre, spécifique, éclairé et révocable que vous aurez donné par un acte positif — une case cochée par vous, jamais pré-remplie. C'est elle qui portera la charge de la preuve, pas vous.

Trois secteurs n'ont d'ailleurs pas attendu le 11 août. Le démarchage lié au Compte Personnel de Formation est interdit depuis fin 2022, et celui pour la rénovation énergétique et l'adaptation des logements au handicap depuis juillet 2025 selon service-public.gouv.fr.

De nouvelles protections encadrent aussi les services financiers souscrits par téléphone depuis le 19 juin 2026. Si vous recevez encore des appels pour des panneaux solaires ou une pompe à chaleur, c'est d'ores et déjà illégal.

L'arsenal de sanctions monte en puissance : jusqu'à 75 000 euros d'amende pour une personne physique, 375 000 euros pour une personne morale, et jusqu'à 500 000 euros assortis de cinq ans d'emprisonnement en cas d'abus de faiblesse. Le montant peut paraître dissuasif, mais une nuance de taille vient de surgir.

Les trois situations où l'on pourra encore vous appeler

La première concerne vos contrats en cours. Votre banque, votre assureur, votre opérateur téléphonique ou votre fournisseur d'énergie conserveront le droit de vous appeler pour tout ce qui a un rapport direct avec le contrat que vous avez signé chez eux.

Concrètement, votre assureur pourra vous proposer une garantie complémentaire liée à votre contrat habitation, mais pas vous démarcher pour un produit d'épargne qu'il commercialise par ailleurs. La frontière entre service contractuel et prospection déguisée sera la première zone grise.

La deuxième exception couvre la presse. La prospection visant la vente de journaux, de périodiques et de magazines échappe à l'interdiction.

La troisième situation est celle où c'est vous qui avez pris l'initiative. Si vous avez demandé un rappel via un formulaire en ligne, coché une case de consentement sur un site marchand ou donné votre numéro lors d'un salon, l'entreprise disposera d'une preuve d'opt-in et pourra vous appeler.

Mais la faille la plus large n'est dans aucune de ces exceptions.

Les centres d'appels installés au Maroc, en Tunisie, à Madagascar ou en Albanie, qui génèrent la majorité des appels subis par les Français, ne seront pas soumis à une loi française. Les arnaqueurs qui usurpent des numéros géographiques français depuis le roaming international non plus.

D'après l'UFC-Que Choisir, chaque foyer français reçoit en moyenne six appels non sollicités par semaine, et la majorité provient de plateformes situées hors du territoire.

La loi protège le territoire, pas la ligne.

Ce que la décision du Conseil constitutionnel vient de fragiliser

Le 25 juin 2026, le Conseil constitutionnel a censuré une partie de la loi de 2020 sur le démarchage, à la demande d'Orange.

Jusqu'ici, trois autorités — la CNIL, la DGCCRF et l'Arcep — pouvaient sanctionner séparément la même entreprise pour les mêmes faits de prospection illicite. Orange, condamnée à 50 millions d'euros par la CNIL en novembre 2024, a fait juger ce cumul contraire au principe de nécessité des peines.

Résultat : une entreprise prise en faute ne pourra plus être poursuivie que par une seule autorité à la fois.

Si la DGCCRF ouvre le dossier, le plafond est de 375 000 euros. Si c'est la CNIL, il peut atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial.

Le montant dépend désormais de qui agit en premier, pas de la gravité de l'infraction. Les dispositions censurées ne seront formellement abrogées que le 31 octobre 2027, le temps pour le Parlement de réécrire le dispositif.

Mais l'exclusivité des poursuites s'applique dès maintenant.

Vos réflexes d'ici le 11 août et après

D'ici le 11 août, Bloctel reste actif et l'inscription gratuite sur bloctel.gouv.fr peut encore limiter une partie des appels. Tout numéro suspect se signale sur signal.conso.gouv.fr.
 

La règle qui vaut avant comme après l'interdiction reste la même : ne communiquez jamais vos coordonnées bancaires par téléphone, même si le numéro affiché est celui de votre banque ou de votre caisse de retraite. Raccrochez, et rappelez vous-même le numéro officiel depuis vos propres documents.

Après le 11 août, si vous recevez un appel commercial sans avoir donné votre accord, l'entreprise sera en infraction par défaut et c'est à elle de prouver le contraire.

Partager cet article
W f X in @

Chaque vendredi, l'essentiel de l'actualité des seniors de la semaine dans votre boite mail !
Facebook
X