- Dès janvier 2027, travailler avant 64 ans avec une pension liquidée entraînera une déduction totale de votre retraite
- Un autre dispositif, accessible dès 60 ans, permet de cumuler revenus et pension sans perdre un euro
- Encore faut-il le demander dans les règles — et connaître le piège que l'employeur peut vous tendre
La retraite progressive protège mieux votre pension que le cumul emploi-retraite dès 2027 © SeniorActu
Ce qui change vraiment pour ceux qui veulent continuer à travailler
La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 a posé une bombe à retardement. À compter du 1er janvier 2027, les règles du cumul emploi-retraite changent radicalement pour tous les nouveaux retraités.
Aujourd'hui, un retraité à taux plein peut reprendre une activité et cumuler librement sa pension avec son salaire. Demain, ce ne sera plus aussi simple. Et pour ceux qui partent avant 64 ans, la sanction sera brutale : chaque euro gagné sera déduit de la pension. Autrement dit, travailler ne rapportera rien de plus.
Pourtant, un autre chemin existe. Il ne passe pas par la case "retraite liquidée".
Aujourd'hui, un retraité à taux plein peut reprendre une activité et cumuler librement sa pension avec son salaire. Demain, ce ne sera plus aussi simple. Et pour ceux qui partent avant 64 ans, la sanction sera brutale : chaque euro gagné sera déduit de la pension. Autrement dit, travailler ne rapportera rien de plus.
Pourtant, un autre chemin existe. Il ne passe pas par la case "retraite liquidée".
La retraite progressive : travailler moins sans liquider ses droits
La retraite progressive fonctionne sur un principe inverse du cumul emploi-retraite. Au lieu de partir puis reprendre un emploi, vous réduisez votre activité avant de liquider vos droits.
Concrètement, vous passez à temps partiel — entre 40 % et 80 % d'un temps plein — et vous percevez en parallèle une fraction de votre pension de retraite. Si vous travaillez à 60 %, vous touchez 40 % de votre pension.
Le point clé : vos droits continuent de croître. Chaque trimestre travaillé en retraite progressive s'ajoute à votre compteur. Votre pension définitive sera recalculée à la hausse au moment du départ réel. C'est la différence fondamentale avec le cumul emploi-retraite, où les droits acquis après liquidation sont plafonnés à 2 403 € bruts par an pour les retraités de moins de 67 ans..
Concrètement, vous passez à temps partiel — entre 40 % et 80 % d'un temps plein — et vous percevez en parallèle une fraction de votre pension de retraite. Si vous travaillez à 60 %, vous touchez 40 % de votre pension.
Le point clé : vos droits continuent de croître. Chaque trimestre travaillé en retraite progressive s'ajoute à votre compteur. Votre pension définitive sera recalculée à la hausse au moment du départ réel. C'est la différence fondamentale avec le cumul emploi-retraite, où les droits acquis après liquidation sont plafonnés à 2 403 € bruts par an pour les retraités de moins de 67 ans..
Qui peut en bénéficier dès maintenant
Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans, quelle que soit votre date de naissance. Un décret du 15 juillet 2025 a supprimé le décalage progressif qui imposait d'attendre jusqu'à 62 ans selon la génération.
Trois conditions cumulatives à remplir :
Trois conditions cumulatives à remplir :
- Avoir au moins 60 ans
- Justifier d'au moins 150 trimestres validés tous régimes confondus
- Exercer une activité à temps partiel entre 40 % et 80 % d'un temps complet
Ce que vous gagnez — et ce que vous perdez — selon le dispositif choisi
La différence financière entre les deux dispositifs est considérable dès 2027. Voici ce que chaque option implique concrètement.
Un salarié de 61 ans avec le taux plein qui hésite entre les deux voies a tout intérêt à choisir la retraite progressive. La surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire cotisé après l'âge légal viendra en plus s'ajouter à la pension définitive. Quatre trimestres de plus, c'est 5 % de pension en plus — à vie.
Avant Retraite progressive
Accès au dispositif
Dès 60 ans
Revenus pendant le dispositif
Salaire partiel + fraction de pension
Droits à la retraite définitive
Continuent de croître sans plafond
Impact sur la pension finale
Recalcul à la hausse au départ définitif
Après Cumul emploi-retraite (dès 2027)
Accès au dispositif
Après liquidation de tous les droits
Revenus avant 64 ans
Salaire déduit intégralement de la pension
Droits supplémentaires acquis
Plafonnés à 2 403 €/an avant 67 ans
Cumul intégral sans pénalité
Uniquement à partir de 67 ans
Un salarié de 61 ans avec le taux plein qui hésite entre les deux voies a tout intérêt à choisir la retraite progressive. La surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire cotisé après l'âge légal viendra en plus s'ajouter à la pension définitive. Quatre trimestres de plus, c'est 5 % de pension en plus — à vie.
Comment faire votre demande avant qu'il ne soit trop tard
La demande de retraite progressive se fait en ligne sur le site de l'Assurance retraite, dans votre espace personnel. Elle doit être déposée au moins 5 mois avant la date souhaitée de début du dispositif.
En parallèle, vous devez obtenir l'accord de votre employeur pour passer à temps partiel. La demande lui est adressée par écrit (un envoi en recommandé est conseillé pour conserver une preuve datée). S'il ne répond pas dans un délai de deux mois, son silence vaut acceptation tacite.
S'il refuse, il doit désormais motiver sa décision par écrit. Ce point est renforcé depuis la loi du 24 octobre 2025 sur les salariés expérimentés, qui encadre plus strictement les refus patronaux.
La bonne stratégie : anticiper de 6 à 9 mois pour réunir vos justificatifs (relevé de carrière, contrat de travail, durée souhaitée du temps partiel).
En parallèle, vous devez obtenir l'accord de votre employeur pour passer à temps partiel. La demande lui est adressée par écrit (un envoi en recommandé est conseillé pour conserver une preuve datée). S'il ne répond pas dans un délai de deux mois, son silence vaut acceptation tacite.
S'il refuse, il doit désormais motiver sa décision par écrit. Ce point est renforcé depuis la loi du 24 octobre 2025 sur les salariés expérimentés, qui encadre plus strictement les refus patronaux.
La bonne stratégie : anticiper de 6 à 9 mois pour réunir vos justificatifs (relevé de carrière, contrat de travail, durée souhaitée du temps partiel).
Le piège que peu anticipent
La retraite progressive a un talon d'Achille : si vous reprenez un temps complet après en avoir bénéficié, le dispositif est supprimé définitivement. Vous ne pourrez plus jamais en refaire la demande.
Même chose si vos revenus d'activité atteignent ou dépassent le niveau de revenus que vous perceviez avant la retraite progressive. La coupure est automatique et sans appel.
L'autre risque, souvent ignoré : les cotisations versées pendant la retraite progressive sont soumises à la CSG et à la CRDS. La fraction de pension perçue s'ajoute au salaire partiel dans votre déclaration fiscale. Selon votre tranche marginale d'imposition, le gain net réel peut être inférieur à ce que vous imaginiez.
Faut-il pour autant renoncer ? Non. Mais il faut simuler. Le site info-retraite.fr propose un simulateur qui intègre désormais la retraite progressive. Avant de décider, comparez les deux scénarios chiffrés sur votre situation personnelle.
Même chose si vos revenus d'activité atteignent ou dépassent le niveau de revenus que vous perceviez avant la retraite progressive. La coupure est automatique et sans appel.
L'autre risque, souvent ignoré : les cotisations versées pendant la retraite progressive sont soumises à la CSG et à la CRDS. La fraction de pension perçue s'ajoute au salaire partiel dans votre déclaration fiscale. Selon votre tranche marginale d'imposition, le gain net réel peut être inférieur à ce que vous imaginiez.
Faut-il pour autant renoncer ? Non. Mais il faut simuler. Le site info-retraite.fr propose un simulateur qui intègre désormais la retraite progressive. Avant de décider, comparez les deux scénarios chiffrés sur votre situation personnelle.
Ce qu'il faut retenir
- La retraite progressive permet de travailler à temps partiel dès 60 ans tout en percevant une fraction de sa pension — sans liquider ses droits
- Vos droits continuent de croître sans plafond, contrairement au cumul emploi-retraite (limité à 2 403 €/an de pension supplémentaire)
- Dès 2027, le cumul emploi-retraite sera lourdement pénalisé avant 64 ans : chaque euro gagné sera déduit de la pension
- La demande de retraite progressive doit être anticipée de 5 à 9 mois — le silence de l'employeur vaut acceptation sous 2 mois
- Attention : reprendre un temps complet après une retraite progressive supprime le dispositif définitivement
Sources :
- Service-public.gouv.fr, Cumul emploi-retraite du salarié, vérifié le 1er janvier 2026
- L'Assurance retraite, La retraite progressive, consulté en mars 2026
- Travail-emploi.gouv.fr, La retraite progressive, mis à jour 2025
- Loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (article 102)
- Décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025 fixant l'âge d'ouverture du droit à la retraite progressive à 60 ans
- Service-public.gouv.fr, Cumul emploi-retraite du salarié, vérifié le 1er janvier 2026
- L'Assurance retraite, La retraite progressive, consulté en mars 2026
- Travail-emploi.gouv.fr, La retraite progressive, mis à jour 2025
- Loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (article 102)
- Décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025 fixant l'âge d'ouverture du droit à la retraite progressive à 60 ans

