Ce qui bascule au 1er janvier 2027
Aujourd'hui, un retraité parti à taux plein peut cumuler sa pension et un salaire sans aucun plafond. C'est le cumul intégral, et il fonctionne dès l'âge légal pour peu que vous ayez vos trimestres.
À partir du 1er janvier 2027, ce mécanisme disparaît pour tous ceux qui n'auront pas encore liquidé leur retraite. L'article 102 de la loi n° 2025-1403 (LFSS 2026) réorganise le dispositif autour de trois tranches d'âge, et la logique n'a plus rien à voir avec le taux plein ou les trimestres.
Avant l'âge légal (entre 62 et 64 ans selon votre génération), chaque euro gagné en travaillant sera déduit de votre pension, euro pour euro. Autrement dit, reprendre un emploi à 62 ans après un départ anticipé reviendra à ne plus percevoir de retraite du tout tant que vous travaillez.
Entre l'âge légal et 67 ans, le cumul restera possible, mais vos revenus d'activité seront plafonnés. Au-delà d'un seuil estimé à 7 000 € bruts par an (le décret n'est toujours pas publié à ce jour), votre pension sera amputée de 50 % du dépassement.
Et la création de nouveaux droits à retraite, celle qui permettait de se constituer une seconde pension, disparaît purement et simplement dans cette tranche d'âge.
À partir de 67 ans seulement, tout redevient libre : cumul intégral, pas de plafond, et possibilité de cotiser pour une seconde pension sans le plafond actuel de 5 % du PASS.
Pour ceux qui atteignent cet âge, la réforme est même plus généreuse qu'avant. Pour tous les autres, c'est un resserrement brutal, et l'objectif budgétaire le confirme : l'État attend 0,4 milliard d'euros d'économies dès 2027.
À partir du 1er janvier 2027, ce mécanisme disparaît pour tous ceux qui n'auront pas encore liquidé leur retraite. L'article 102 de la loi n° 2025-1403 (LFSS 2026) réorganise le dispositif autour de trois tranches d'âge, et la logique n'a plus rien à voir avec le taux plein ou les trimestres.
Avant l'âge légal (entre 62 et 64 ans selon votre génération), chaque euro gagné en travaillant sera déduit de votre pension, euro pour euro. Autrement dit, reprendre un emploi à 62 ans après un départ anticipé reviendra à ne plus percevoir de retraite du tout tant que vous travaillez.
Entre l'âge légal et 67 ans, le cumul restera possible, mais vos revenus d'activité seront plafonnés. Au-delà d'un seuil estimé à 7 000 € bruts par an (le décret n'est toujours pas publié à ce jour), votre pension sera amputée de 50 % du dépassement.
Et la création de nouveaux droits à retraite, celle qui permettait de se constituer une seconde pension, disparaît purement et simplement dans cette tranche d'âge.
À partir de 67 ans seulement, tout redevient libre : cumul intégral, pas de plafond, et possibilité de cotiser pour une seconde pension sans le plafond actuel de 5 % du PASS.
Pour ceux qui atteignent cet âge, la réforme est même plus généreuse qu'avant. Pour tous les autres, c'est un resserrement brutal, et l'objectif budgétaire le confirme : l'État attend 0,4 milliard d'euros d'économies dès 2027.
Le calcul que personne ne fait pour vous
Les articles sur la réforme se multiplient, mais rares sont ceux qui posent la question en euros. Or c'est la seule qui compte, et j'ai fait le calcul pour vous : combien perdez-vous selon votre âge et votre activité ?
Prenons un cas concret. Vous avez 65 ans, vous percevez 1 500 € de pension mensuelle (18 000 € par an) et vous gagnez 800 € par mois en travaillant à temps partiel (9 600 € par an).
Sous les règles actuelles, si vous êtes à taux plein, vous touchez tout : 1 500 + 800 = 2 300 € par mois sans aucune retenue.
Sous les nouvelles règles, vos revenus d'activité (9 600 €) dépassent le seuil de 7 000 € d'au moins 2 600 €. Votre pension est donc réduite de 50 % de ce dépassement, soit 1 300 € sur l'année.
Résultat : au lieu de percevoir 27 600 € (pension + salaire), vous ne toucherez plus que 26 300 €. Et vous perdez aussi la possibilité de générer de nouveaux droits à pension sur ces années travaillées.
Le paradoxe est là : la réforme améliore le dispositif pour ceux qui ont 67 ans et plus, mais elle le dégrade pour tous ceux qui en ont moins. Et les plus touchés sont précisément les retraités modestes, ceux qui cumulent par nécessité, pas par choix.
Prenons un cas concret. Vous avez 65 ans, vous percevez 1 500 € de pension mensuelle (18 000 € par an) et vous gagnez 800 € par mois en travaillant à temps partiel (9 600 € par an).
Sous les règles actuelles, si vous êtes à taux plein, vous touchez tout : 1 500 + 800 = 2 300 € par mois sans aucune retenue.
Sous les nouvelles règles, vos revenus d'activité (9 600 €) dépassent le seuil de 7 000 € d'au moins 2 600 €. Votre pension est donc réduite de 50 % de ce dépassement, soit 1 300 € sur l'année.
Résultat : au lieu de percevoir 27 600 € (pension + salaire), vous ne toucherez plus que 26 300 €. Et vous perdez aussi la possibilité de générer de nouveaux droits à pension sur ces années travaillées.
Règles actuelles (liquidation avant 2027) ✅ Cumul intégral
Pension + salaire
Cumulés sans plafond si taux plein
Nouveaux droits
OUI — seconde pension possible (plafond 5 % PASS)
Délai de carence chez l'ancien employeur
6 mois obligatoires
Nouvelles règles (liquidation à partir de 2027) ⚠️ Cumul encadré
Avant l'âge légal
Pension réduite euro pour euro dès le 1er € gagné
Entre âge légal et 67 ans
Pension réduite de 50 % au-delà de ~7 000 €/an
Nouveaux droits avant 67 ans
NON — supprimés
À partir de 67 ans
Cumul intégral + seconde pension déplafonnée
Le paradoxe est là : la réforme améliore le dispositif pour ceux qui ont 67 ans et plus, mais elle le dégrade pour tous ceux qui en ont moins. Et les plus touchés sont précisément les retraités modestes, ceux qui cumulent par nécessité, pas par choix.
Qui a intérêt à avancer son départ
Le principe est limpide : si vous liquidez votre première pension de retraite de base avant le 1er janvier 2027, vous restez soumis aux anciennes règles. La loi le dit noir sur blanc, et l'Assurance retraite le confirme dans sa dernière newsletter : « les assurés qui ont pris leur retraite avant le 1er janvier 2027 ne sont pas concernés ».
Nous sommes le 16 avril 2026. Il reste 8 mois et 16 jours. Or un dossier de retraite prend en moyenne deux à quatre mois de traitement.
Quiconque envisage de partir avant la bascule doit donc déposer sa demande cet été au plus tard, car passé l'automne, le délai de traitement risque de repousser la date d'effet en 2027.
L'opération n'a évidemment de sens que si vous prévoyez de retravailler après votre départ. Pour quelqu'un qui part à la retraite sans intention de cumuler, rien ne change.
Mais pour les 500 000 retraités qui, comme nombre d'entre vous, complètent leur pension par un emploi (dont 88 000 auto-entrepreneurs selon l'Insee), la question mérite d'être posée maintenant, pas en novembre.
Sur le même sujet :
Cumul emploi-retraite : pourquoi ceux qui choisissent la retraite progressive s'en sortent mieux
Du coup, la question se pose avec une acuité nouvelle pour tous ceux qui hésitaient entre partir fin 2026 ou début 2027. Si vous remplissez les conditions du taux plein (âge légal + trimestres requis) d'ici le 31 décembre 2026, liquider avant cette date vous garantit le cumul intégral à vie, quel que soit votre revenu d'activité par la suite. Cumul emploi-retraite : pourquoi ceux qui choisissent la retraite progressive s'en sortent mieux
Nous sommes le 16 avril 2026. Il reste 8 mois et 16 jours. Or un dossier de retraite prend en moyenne deux à quatre mois de traitement.
Quiconque envisage de partir avant la bascule doit donc déposer sa demande cet été au plus tard, car passé l'automne, le délai de traitement risque de repousser la date d'effet en 2027.
L'opération n'a évidemment de sens que si vous prévoyez de retravailler après votre départ. Pour quelqu'un qui part à la retraite sans intention de cumuler, rien ne change.
Mais pour les 500 000 retraités qui, comme nombre d'entre vous, complètent leur pension par un emploi (dont 88 000 auto-entrepreneurs selon l'Insee), la question mérite d'être posée maintenant, pas en novembre.
Retraite progressive : l'alternative à ne pas oublier
Notez que la réforme du cumul emploi-retraite ne touche pas la retraite progressive. Ce dispositif, accessible dès 60 ans sous conditions, vous permet en effet de travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de votre pension, et surtout de continuer à accumuler des droits supplémentaires.
Pour ceux qui n'ont pas encore l'âge ou les trimestres pour partir à taux plein avant le 31 décembre 2026, c'est vraiment une piste à creuser sérieusement. La retraite progressive échappe au mécanisme d'écrêtement prévu par la LFSS 2026, car elle ne constitue pas une liquidation définitive de vos droits.
L'arbitrage devient donc stratégique. Partir en retraite définitive avant 2027 pour verrouiller le cumul intégral, ou entrer en retraite progressive pour continuer à cotiser sans subir les nouvelles pénalités tout en continuant à accumuler des droits.
Dans les deux cas, la décision doit se prendre maintenant, pas dans six mois ! Et elle nécessite un passage par votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr pour simuler votre situation.
Pour ceux qui n'ont pas encore l'âge ou les trimestres pour partir à taux plein avant le 31 décembre 2026, c'est vraiment une piste à creuser sérieusement. La retraite progressive échappe au mécanisme d'écrêtement prévu par la LFSS 2026, car elle ne constitue pas une liquidation définitive de vos droits.
L'arbitrage devient donc stratégique. Partir en retraite définitive avant 2027 pour verrouiller le cumul intégral, ou entrer en retraite progressive pour continuer à cotiser sans subir les nouvelles pénalités tout en continuant à accumuler des droits.
Dans les deux cas, la décision doit se prendre maintenant, pas dans six mois ! Et elle nécessite un passage par votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr pour simuler votre situation.
CE QU'IL FAUT RETENIR
- La loi n° 2025-1403 (LFSS 2026) réforme le cumul emploi-retraite pour toute liquidation à partir du 1er janvier 2027.
- Avant l'âge légal : pension réduite euro pour euro de vos revenus d'activité.
- Entre l'âge légal et 67 ans : pension amputée de 50 % des revenus au-delà de ~7 000 €/an. Création de nouveaux droits supprimée.
- À partir de 67 ans : cumul intégral rétabli et seconde pension déplafonnée.
- Les retraités ayant liquidé avant le 1er janvier 2027 conservent les anciennes règles (plus favorables).
- La retraite progressive n'est pas concernée par cette réforme.
- Il reste 8 mois pour déposer un dossier de liquidation et verrouiller le cumul intégral.
Sources :
- Article 102, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
- Service-public.gouv.fr, « Cumul emploi-retraite du salarié », vérifié le 1er janvier 2026
- L'Assurance retraite, newsletter « Vos droits évoluent », avril 2026
- Étude d'impact LFSS 2026 (seuil de 7 000 €, économies budgétaires 0,4 Md€ en 2027)
- Article 102, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
- Service-public.gouv.fr, « Cumul emploi-retraite du salarié », vérifié le 1er janvier 2026
- L'Assurance retraite, newsletter « Vos droits évoluent », avril 2026
- Étude d'impact LFSS 2026 (seuil de 7 000 €, économies budgétaires 0,4 Md€ en 2027)
Pour aller plus loin :
- Cumul emploi-retraite : ces activités méconnues qui échappent encore aux pénalités
- Cumul emploi-retraite : ces activités méconnues qui échappent encore aux pénalités

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