Actualité Médicale

Covid-19 : les cas remontent depuis la rentrée, faut-il s'inquiéter quand on a plus de 65 ans ?

Le Covid-19 revient avec la rentrée, et avec lui la question que tout le monde se pose à nouveau : faut-il s'inquiéter ? Après 65 ans, la réponse tient en deux temps. Les chiffres de septembre n'ont rien d'une grande vague, mais c'est justement ce calme qui pousse à laisser traîner une toux qu'il vaudrait mieux prendre au sérieux.

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Par | Publié le 24 Septembre 2026 à 09:27 | mis à jour le 24 Septembre 2026 à 09:30
Des particules du coronavirus SARS-CoV-2 accrochées à une cellule respiratoire - Illustration générée par IA
Des particules du coronavirus SARS-CoV-2 accrochées à une cellule respiratoire - Illustration générée par IA

Covid-19 : ce que disent vraiment les chiffres de la rentrée

Le Covid-19 revient à la rentrée, et les chiffres qui l'annoncent sont à la fois spectaculaires et rassurants. Tout dépend de la façon dont on les lit.

Selon le bulletin de Santé publique France publié mercredi, les associations SOS Médecins ont enregistré entre le 14 et le 20 septembre une hausse de 76 % des consultations pour suspicion de Covid-19, soit 390 visites de plus que la semaine précédente. Aux urgences, les passages d'adultes pour la même raison ont grimpé de 67 %.

Ces pourcentages impressionnent parce qu'ils partent de très bas. Nous avons refait le calcul à partir des chiffres de l'agence : 204 passages d'adultes en plus pour une hausse de 67 %, cela donne environ 500 passages sur toute la France en une semaine, contre 300 la semaine d'avant. Le calcul est le nôtre, et il montre une reprise nette, mais encore modeste. Santé publique France le précise noir sur blanc : ces niveaux restent inférieurs à ceux des années précédentes à la même période. Selon franceinfo, la reprise est même plus faible qu'au cours des quatre dernières années à la même époque.
 
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Pourquoi votre âge change la lecture de ces chiffres

Ce calme apparent ne vaut pas de la même façon pour tout le monde. Les hausses relevées au début du mois concernaient surtout les enfants et les 15-64 ans, ceux que la rentrée des classes et le retour au bureau remettent en contact. Or ce sont eux qui passent ensuite le dimanche chez leurs parents ou gardent les petits-enfants le mercredi. Le virus qui circule chez un collégien finit tôt ou tard à la table d'un grand-père ou d'une grand-mère.

Santé publique France range d'ailleurs les plus de 65 ans parmi les personnes les plus fragiles face au Covid-19, comme face à la grippe ou au virus respiratoire syncytial.

Les variants qui circulent en ce moment ne provoquent pas de symptômes particulièrement sévères et restent sensibles au vaccin, rapporte franceinfo. Côté mortalité, les décès toutes causes transmis par l'Insee restaient dans les marges habituelles à la mi-septembre, dans toutes les classes d'âge.

Pour l'épidémiologiste Antoine Flahault, interrogé par actu.fr, il s'agit clairement d'une nouvelle vague, dont personne ne peut encore prédire l'ampleur. Les analyses des eaux usées, relevées dans 54 stations d'épuration, montrent un virus qui progresse, mais encore très en dessous du niveau de l'an dernier à la même période. Autrement dit, la question n'est pas de savoir si vous allez croiser le Covid cet automne, mais ce que vous ferez les premiers jours si c'est le cas.
 

Cinq jours pour l'antiviral, à compter de vos premiers symptômes

Ces premiers jours comptent pour une raison précise. Il existe un antiviral contre le Covid-19, le Paxlovid, qui se prend en comprimés pendant cinq jours et que votre médecin peut vous prescrire si vous risquez une forme grave. L'Assurance maladie indique qu'il diminue le risque d'hospitalisation, et qu'il peut être proposé même si vous êtes vacciné.

Sauf qu'il ne se prend pas n'importe quand. Le traitement doit commencer le plus tôt possible, et dans tous les cas avant le cinquième jour des symptômes, comme le rappelle la fiche de l'Assurance maladie consacrée au test positif. C'est là que le rhume de la rentrée devient un piège : trois jours à attendre que ça passe, un week-end par-dessus, et la fenêtre s'est refermée sans que personne ait rien décidé.

Qui est concerné ? Pas tous les plus de 65 ans. L'Assurance maladie vise les personnes de plus de 65 ans qui ont aussi une maladie chronique, comme le diabète, l'hypertension, une insuffisance cardiaque ou respiratoire. Quel que soit l'âge, les personnes gravement immunodéprimées ou en obésité morbide entrent aussi dans le cadre. Si vous prenez un comprimé chaque matin pour la tension, vous êtes probablement dans ce cas, et votre médecin vous le confirmera.

Une précaution compte autant que la rapidité. Le Paxlovid interagit avec de nombreux médicaments courants, et votre médecin doit vérifier sa compatibilité avec vos traitements avant de le prescrire. Je vous conseille donc de garder à portée de main la liste de ce que vous prenez, ordonnances comprises : c'est ce document qui fera gagner une journée au téléphone.

Pour le reste, l'Assurance maladie donne des consignes simples. Contre la fièvre ou les maux de tête, c'est le paracétamol, pas l'ibuprofène, sans dépasser 1 gramme par prise et 3 grammes par jour. On prend sa température deux fois par jour, et on appelle le 15 sans attendre en cas de difficulté à respirer.
 

Le test Covid, désormais à vos frais

Pour déclencher tout cela, il faut un test positif, et ce test n'est plus gratuit au comptoir de votre pharmacie. Depuis le 1er mars 2025 en effet, les autotests et les tests antigéniques réalisés en pharmacie ne sont plus remboursés par l'Assurance maladie, rappelle Service Public. Seul le test PCR reste pris en charge, et uniquement sur prescription médicale, à 60 %. Le même site présente l'autotest comme une option rapide et fiable, de quoi savoir à quoi s'en tenir dès le premier jour.
 

Jusqu'au 13 octobre, un masque et un bout de papier

Mais le test ne protège de rien, il ne fait que trancher. La vraie protection viendra de la campagne de vaccination contre le Covid-19, qui s'ouvrira le 13 octobre en même temps que celle contre la grippe, en priorité pour les plus de 65 ans. D'ici là, le virus continue de remonter sans que votre rappel soit encore disponible.
 
En attendant le rappel, Antoine Flahault, cité par CNews et 24matins, conseille aux personnes à risque de porter un masque FFP2 dans les lieux fermés et les transports, et d'aérer les pièces où l'on reste plusieurs heures à plusieurs. Vous n'êtes pas obligé de revenir aux habitudes de 2020 ! Un masque dans la poche pour le bus ou la salle d'attente du médecin, c'est déjà beaucoup. Et si votre petit-fils arrive enrhumé le mercredi, rien ne vous interdit de reporter le goûter de quelques jours.

Faut-il donc s'inquiéter ? Pas au point de changer vos habitudes, mais assez pour ne pas laisser traîner une fièvre ou une toux. Si elle s'installe, notez le jour où elle a commencé, faites un autotest et appelez votre médecin, qui jugera de la suite selon votre âge et vos traitements. Nous saurons dans quelques semaines si cette vague reste aussi discrète que le disent les chiffres de septembre.

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