Mercredi, le SAMU de Paris a vu basculer la crise
Le mercredi 24 juin est devenu le jour le plus chaud jamais enregistré en France : près de 30 °C de moyenne nationale sur 24 heures. Et c'est à Paris que la bascule sanitaire a été la plus brutale : 25 arrêts cardiaques en une seule journée, contre moins de 10 habituellement.
Le cabinet de la ministre de la Santé a précisé que ces décès ne concernaient pas uniquement des personnes âgées déshydratées. Des jeunes et des quadra faisaient eux aussi des arrêts cardiaques.
Le cabinet de la ministre de la Santé a précisé que ces décès ne concernaient pas uniquement des personnes âgées déshydratées. Des jeunes et des quadra faisaient eux aussi des arrêts cardiaques.
De 55 morts à 109 en 24 heures : l'escalade jour par jour
Le jeudi 25 juin, le SAMU de Paris a pris en charge 55 décès en 24 heures, soit plus de cinq fois la moyenne quotidienne. Sur ces 55 morts, 25 relevaient d'arrêts cardiaques dont 23 ont été fatals. Les 32 décès restants relevaient d'autres causes, mais leur nombre aussi était anormalement élevé.
Le même soir, le préfet de police Patrice Faure a évoqué une « saturation » des hôpitaux parisiens et de leur agglomération.
Le syndicat Samu-Urgences de France a décrit un « point de basculement », avec une augmentation de 40 % des appels au 15 au niveau national. Le nombre de passages aux urgences augmentait, avec en particulier des personnes âgées et des cas graves d'hyperthermie.
Le lendemain, vendredi 26 juin, le SAMU a franchi un seuil sans précédent : 109 décès hors hôpital en 24 heures, contre une moyenne de 7 à la même période. Le détail : 79 constats de décès au lieu de moins de 4 habituellement, et 30 arrêts cardiaques non récupérés au lieu de moins de 10.
Ce comptage ne couvre que les décès constatés sur la voie publique ou au domicile des victimes. Les morts survenues à l'hôpital n'y figurent pas. Il faut donc s'attendre au pire, sachant que ce chiffre de 109 morts en 24h à Paris dépasse les précédents pics liés aux canicules de 2003 et de 2019.
Jamais, en une seule journée, le SAMU de Paris n'avait enregistré autant de décès hors hôpital.
Le même soir, le préfet de police Patrice Faure a évoqué une « saturation » des hôpitaux parisiens et de leur agglomération.
Le syndicat Samu-Urgences de France a décrit un « point de basculement », avec une augmentation de 40 % des appels au 15 au niveau national. Le nombre de passages aux urgences augmentait, avec en particulier des personnes âgées et des cas graves d'hyperthermie.
Le lendemain, vendredi 26 juin, le SAMU a franchi un seuil sans précédent : 109 décès hors hôpital en 24 heures, contre une moyenne de 7 à la même période. Le détail : 79 constats de décès au lieu de moins de 4 habituellement, et 30 arrêts cardiaques non récupérés au lieu de moins de 10.
Ce comptage ne couvre que les décès constatés sur la voie publique ou au domicile des victimes. Les morts survenues à l'hôpital n'y figurent pas. Il faut donc s'attendre au pire, sachant que ce chiffre de 109 morts en 24h à Paris dépasse les précédents pics liés aux canicules de 2003 et de 2019.
Jamais, en une seule journée, le SAMU de Paris n'avait enregistré autant de décès hors hôpital.
Au moins 1 000 morts en trois jours : le premier chiffrage national
Santé publique France a publié ce dimanche 28 juin un communiqué qui pose un premier ordre de grandeur national. L'agence a observé environ 1 000 décès supplémentaires sur les journées du 24, 25 et 26 juin, par rapport aux décès enregistrés en avril et en mai.
En valeur absolue, plus de 1 200 décès toutes causes ont été enregistrés le 24 juin. Les 25 et 26 juin, le chiffre a dépassé 1 400 décès quotidiens, alors que la référence se situe entre 900 et 1 000 en temps normal. L'agence précise que ces chiffres sont « non consolidés », ce qui signifie qu'ils pourraient être révisés à la hausse une fois les données complètes disponibles.
La donnée qui nous concerne directement : 85 % de ces morts supplémentaires touchent des personnes de 65 ans et plus. L'augmentation est la plus marquée dans les régions qui étaient placées en vigilance rouge.
Pour rappel, Météo-France a qualifié cet épisode de « sévérité exceptionnelle, d'un niveau au moins équivalent à 2003 ». En 2003, la canicule avait causé près de 15 000 morts en France (consensus INSERM/INSEE). Sur les neuf derniers étés, Santé publique France avait déjà comptabilisé 11 700 décès attribuables à la chaleur lors des seules périodes de canicule.
En valeur absolue, plus de 1 200 décès toutes causes ont été enregistrés le 24 juin. Les 25 et 26 juin, le chiffre a dépassé 1 400 décès quotidiens, alors que la référence se situe entre 900 et 1 000 en temps normal. L'agence précise que ces chiffres sont « non consolidés », ce qui signifie qu'ils pourraient être révisés à la hausse une fois les données complètes disponibles.
La donnée qui nous concerne directement : 85 % de ces morts supplémentaires touchent des personnes de 65 ans et plus. L'augmentation est la plus marquée dans les régions qui étaient placées en vigilance rouge.
Pour rappel, Météo-France a qualifié cet épisode de « sévérité exceptionnelle, d'un niveau au moins équivalent à 2003 ». En 2003, la canicule avait causé près de 15 000 morts en France (consensus INSERM/INSEE). Sur les neuf derniers étés, Santé publique France avait déjà comptabilisé 11 700 décès attribuables à la chaleur lors des seules périodes de canicule.
Funérariums saturés, urgences à +36 % : la capitale débordée
Les deux funérariums situés dans Paris intra-muros sont complets depuis samedi 27 juin au matin. Les services organisent le transfert des défunts vers les établissements de la petite couronne.
Du côté de l'AP-HP, les urgences ont enregistré samedi près de 3 000 passages, soit 36 % de plus qu'une journée normale. Les plus de 75 ans représentaient 18 % de ces passages.
Les quatre SAMU d'Île-de-France ont vu leur volume d'appels bondir de 80 %. Le chef des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou Philippe Juvin a qualifié la situation d'« extrêmement grave ».
Le plan blanc a été activé pour déprogrammer des interventions et rappeler du personnel. Le Premier ministre a déclenché le plan ORSAN de niveau 3, qui mobilise la réserve sanitaire et autorise le renfort d'étudiants dans les centres d'appel.
La préfecture de police a demandé le report ou l'annulation du festival Solidays et de la Marche des fiertés pour désengorger les services de secours.
Au-delà de Paris, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé samedi 74 décès par noyade depuis le 18 juin sur l'ensemble du territoire.
Du côté de l'AP-HP, les urgences ont enregistré samedi près de 3 000 passages, soit 36 % de plus qu'une journée normale. Les plus de 75 ans représentaient 18 % de ces passages.
Les quatre SAMU d'Île-de-France ont vu leur volume d'appels bondir de 80 %. Le chef des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou Philippe Juvin a qualifié la situation d'« extrêmement grave ».
Le plan blanc a été activé pour déprogrammer des interventions et rappeler du personnel. Le Premier ministre a déclenché le plan ORSAN de niveau 3, qui mobilise la réserve sanitaire et autorise le renfort d'étudiants dans les centres d'appel.
La préfecture de police a demandé le report ou l'annulation du festival Solidays et de la Marche des fiertés pour désengorger les services de secours.
Au-delà de Paris, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé samedi 74 décès par noyade depuis le 18 juin sur l'ensemble du territoire.
La décrue commence, le bilan non et il va exploser dans les semaines à venir
Météo-France prévoit un retour à des températures plus clémentes à partir de lundi 29 juin. Ce dimanche, seuls le Haut-Rhin et le Bas-Rhin restent en vigilance rouge canicule, 45 départements demeurent en orange.
Sauf que les chiffres de Santé publique France que nous venons de voir ne couvrent que trois jours, du 24 au 26 juin. Les décès survenus ce week-end ne sont même pas encore comptabilisés.
La ministre de la Santé doit tenir une conférence de presse en début de semaine pour dresser un bilan plus complet, sachant que le registre canicule des mairies reste le seul dispositif capable de déclencher un appel de contrôle automatique vers les personnes isolées.
Sauf que les chiffres de Santé publique France que nous venons de voir ne couvrent que trois jours, du 24 au 26 juin. Les décès survenus ce week-end ne sont même pas encore comptabilisés.
La ministre de la Santé doit tenir une conférence de presse en début de semaine pour dresser un bilan plus complet, sachant que le registre canicule des mairies reste le seul dispositif capable de déclencher un appel de contrôle automatique vers les personnes isolées.
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Canicule : 212 morts en Espagne en quatre jours, et la France ne compte pas encore les siens
Bien que le SAMU de Paris compte désormais les morts en temps réel, les statistiques officielles mettront encore des semaines à confirmer. Reste à savoir si le bilan définitif de juin 2026, une fois consolidé, se rapprochera de ou dépassera celui d'août 2003. IL y a hélas fort à parier que le record précédent ne soit égalé voire battu à l'arrivée. Canicule : 212 morts en Espagne en quatre jours, et la France ne compte pas encore les siens


