Ce que mesure vraiment le « trois fois plus de risque »
Le chiffre revient à chaque canicule. Passé 65 ans, le risque de noyade serait multiplié par trois. Cette formule est un raccourci.
L'étude de Santé publique France sur les facteurs de gravité, publiée fin septembre 2025 à partir des enquêtes NOYADES 2018 et 2021, compare les 65 ans et plus aux enfants de 0 à 5 ans. Elle mesure la gravité de la noyade, pas sa fréquence. Ce qui change en réalité avec l'âge, c'est ce qui se passe une fois la tête sous l'eau.
L'étude de Santé publique France sur les facteurs de gravité, publiée fin septembre 2025 à partir des enquêtes NOYADES 2018 et 2021, compare les 65 ans et plus aux enfants de 0 à 5 ans. Elle mesure la gravité de la noyade, pas sa fréquence. Ce qui change en réalité avec l'âge, c'est ce qui se passe une fois la tête sous l'eau.
925 noyades en dix semaines, et la hausse vient des adultes
Le bilan intermédiaire porte sur dix semaines et demie de surveillance. D'après les données de Santé publique France et du Système national d'observation de la sécurité des activités nautiques, 925 noyades ont été recensées entre le 1er mai et le 15 juillet, dont 274 suivies d'un décès sur le lieu de l'accident.
Le total progresse de 14 % par rapport à la même période de 2025. Cette hausse vient principalement des adultes, passés de 453 à 535 noyades en un an.
La répartition par âge réserve une surprise à ceux qui associent généralement la noyade à la petite enfance. Les moins de 6 ans représentent 27 % des noyades mais seulement 3 % des décès ; les adultes en revanche, comptent pour 58 % des noyades et 87 % des décès.
La proportion de noyades mortelles suit la même pente. Elle atteint 44 % chez les adultes contre 4 % chez les moins de 6 ans, soit un rapport de un à onze.
Une limite mérite d'être posée d'emblée. Le bulletin ne détaille pas l'âge des victimes majeures : les 65 ans et plus y sont fondus dans la catégorie des adultes, et leur nombre exact reste inconnu jusqu'au bilan de fin de saison.
Le total progresse de 14 % par rapport à la même période de 2025. Cette hausse vient principalement des adultes, passés de 453 à 535 noyades en un an.
La répartition par âge réserve une surprise à ceux qui associent généralement la noyade à la petite enfance. Les moins de 6 ans représentent 27 % des noyades mais seulement 3 % des décès ; les adultes en revanche, comptent pour 58 % des noyades et 87 % des décès.
La proportion de noyades mortelles suit la même pente. Elle atteint 44 % chez les adultes contre 4 % chez les moins de 6 ans, soit un rapport de un à onze.
Une limite mérite d'être posée d'emblée. Le bulletin ne détaille pas l'âge des victimes majeures : les 65 ans et plus y sont fondus dans la catégorie des adultes, et leur nombre exact reste inconnu jusqu'au bilan de fin de saison.
Plus de trois décès sur quatre pendant les jours de vigilance canicule
Le bulletin du 24 juillet contient un chiffre que la météo explique presque entièrement.
Sur les 274 décès recensés, 216 sont survenus pendant l'une des trois périodes de vigilance canicule de la saison. Ces trois périodes ont couvert 38 jours sur les 76 que compte la période de surveillance, soit exactement la moitié du calendrier. Cette moitié a concentré 79 % des décès.
Ramené à la journée, l'écart devient lisible. Un jour de vigilance canicule a coûté en moyenne 5,7 vies cette saison, un jour ordinaire 1,5. Le rapport est de 3,7 entre les deux.
Trois épisodes ont marqué la période : du 24 au 31 mai, du 16 juin au 3 juillet, puis du 4 au 15 juillet. Santé publique France rappelle que juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud depuis 1900, avec 72 départements placés en vigilance rouge entre le 21 et le 28 juin.
L'agence avance deux explications à cette concentration. La chaleur pousse vers l'eau des personnes qui ne s'y seraient pas rendues autrement, et cet afflux arrive à un moment où la surveillance des sites autorisés n'a pas encore commencé partout.
Le calendrier de la baignade s'est donc décalé avant celui des maîtres-nageurs. La saison a démarré dès la fin mai cette année, avec des pointes à 38 °C, alors que les postes de secours des plages et des bases de loisirs s'organisent traditionnellement à partir de la mi-juin.
Cet été en dents de scie a par ailleurs des effets sur l'organisme lui-même, comme nous l'expliquions à propos de la perte d'acclimatation entre deux vagues de chaleur.
Sur les 274 décès recensés, 216 sont survenus pendant l'une des trois périodes de vigilance canicule de la saison. Ces trois périodes ont couvert 38 jours sur les 76 que compte la période de surveillance, soit exactement la moitié du calendrier. Cette moitié a concentré 79 % des décès.
Ramené à la journée, l'écart devient lisible. Un jour de vigilance canicule a coûté en moyenne 5,7 vies cette saison, un jour ordinaire 1,5. Le rapport est de 3,7 entre les deux.
Trois épisodes ont marqué la période : du 24 au 31 mai, du 16 juin au 3 juillet, puis du 4 au 15 juillet. Santé publique France rappelle que juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud depuis 1900, avec 72 départements placés en vigilance rouge entre le 21 et le 28 juin.
L'agence avance deux explications à cette concentration. La chaleur pousse vers l'eau des personnes qui ne s'y seraient pas rendues autrement, et cet afflux arrive à un moment où la surveillance des sites autorisés n'a pas encore commencé partout.
Le calendrier de la baignade s'est donc décalé avant celui des maîtres-nageurs. La saison a démarré dès la fin mai cette année, avec des pointes à 38 °C, alors que les postes de secours des plages et des bases de loisirs s'organisent traditionnellement à partir de la mi-juin.
Cet été en dents de scie a par ailleurs des effets sur l'organisme lui-même, comme nous l'expliquions à propos de la perte d'acclimatation entre deux vagues de chaleur.
La piscine du jardin a fait deux fois plus de morts qu'en 2025
La deuxième rupture de la saison se joue en fait à quelques mètres de la maison.
Les décès survenus en piscine et dans les lieux de baignade artificiels aménagés ont doublé en un an, passant de 31 à 60. Les adultes en représentent 48 sur 60 et la piscine privée familiale concentre à elle seule 51 décès depuis le 1er mai, et 50 des 60 décès de cette catégorie sont survenus pendant une période de vigilance canicule.
Santé publique France avance une hypothèse prudente pour l'expliquer. L'agence évoque une recherche de fraîcheur, notamment de la part de personnes ayant surestimé leurs capacités ou vivant avec des pathologies chroniques susceptibles d'entraîner un malaise.
La géographie confirme ce déplacement. Dans les régions dépourvues de façade maritime, le nombre de décès par noyade est passé de 70 à 102 en un an.
L'Île-de-France illustre le mouvement de façon spectaculaire, avec 14 décès l'an dernier et 35 cette année. La Seine-et-Marne, à elle seule, en compte 15 et devient le premier département de France sur ce critère.
La mer reste évidemment concernée, avec 86 décès dont 84 adultes, et 66 survenus depuis une plage. Elle ne progresse simplement pas, contrairement à l'eau douce et aux bassins privés.
Le littoral porte d'ailleurs d'autres risques que la noyade pour les baigneurs de plus de 65 ans, comme les infections liées à la bactérie Vibrio vulnificus, dont la prolifération suit elle aussi la température de l'eau.
Les décès survenus en piscine et dans les lieux de baignade artificiels aménagés ont doublé en un an, passant de 31 à 60. Les adultes en représentent 48 sur 60 et la piscine privée familiale concentre à elle seule 51 décès depuis le 1er mai, et 50 des 60 décès de cette catégorie sont survenus pendant une période de vigilance canicule.
Santé publique France avance une hypothèse prudente pour l'expliquer. L'agence évoque une recherche de fraîcheur, notamment de la part de personnes ayant surestimé leurs capacités ou vivant avec des pathologies chroniques susceptibles d'entraîner un malaise.
La géographie confirme ce déplacement. Dans les régions dépourvues de façade maritime, le nombre de décès par noyade est passé de 70 à 102 en un an.
L'Île-de-France illustre le mouvement de façon spectaculaire, avec 14 décès l'an dernier et 35 cette année. La Seine-et-Marne, à elle seule, en compte 15 et devient le premier département de France sur ce critère.
La mer reste évidemment concernée, avec 86 décès dont 84 adultes, et 66 survenus depuis une plage. Elle ne progresse simplement pas, contrairement à l'eau douce et aux bassins privés.
Le littoral porte d'ailleurs d'autres risques que la noyade pour les baigneurs de plus de 65 ans, comme les infections liées à la bactérie Vibrio vulnificus, dont la prolifération suit elle aussi la température de l'eau.
Les consignes adressées aux baigneurs de plus de 65 ans
Les recommandations publiées avec le bulletin comportent une section spécifique aux personnes âgées et à celles qui présentent des facteurs de risque. Elles tiennent en deux gestes.
Le premier consiste à ajuster l'intensité et la distance de nage à votre état de forme du jour, sans vous fier à votre niveau d'il y a dix ans.
Le second consiste à en parler à votre médecin ou à votre pharmacien si vous vivez avec une maladie cardiaque, une épilepsie ou si vous suivez un traitement au long cours.
L'alcool fait l'objet d'un avertissement distinct dans le document de Santé publique France. Il altère le jugement, dilate les vaisseaux et favorise l'hypothermie, et il diminue la réactivité des voies respiratoires au moment où elle décide de la survie.
Reste le geste d'entrée dans l'eau, valable à tout âge et particulièrement quand l'air dépasse largement la température du bassin. Mouiller la tête, la nuque et le ventre avant de s'immerger limite le choc thermique.
Prévenir un proche avant de se baigner et privilégier les zones surveillées ferment la liste. Deux réflexes qui ne coûtent rien et qui, dans un bassin de jardin comme au bord de la Marne, changent la suite.
Le premier consiste à ajuster l'intensité et la distance de nage à votre état de forme du jour, sans vous fier à votre niveau d'il y a dix ans.
Le second consiste à en parler à votre médecin ou à votre pharmacien si vous vivez avec une maladie cardiaque, une épilepsie ou si vous suivez un traitement au long cours.
L'alcool fait l'objet d'un avertissement distinct dans le document de Santé publique France. Il altère le jugement, dilate les vaisseaux et favorise l'hypothermie, et il diminue la réactivité des voies respiratoires au moment où elle décide de la survie.
Reste le geste d'entrée dans l'eau, valable à tout âge et particulièrement quand l'air dépasse largement la température du bassin. Mouiller la tête, la nuque et le ventre avant de s'immerger limite le choc thermique.
Prévenir un proche avant de se baigner et privilégier les zones surveillées ferment la liste. Deux réflexes qui ne coûtent rien et qui, dans un bassin de jardin comme au bord de la Marne, changent la suite.


