Cette recherche s'inscrit dans un faisceau croissant d'observations scientifiques. La commission Lancet sur la prévention de la démence, mise à jour en 2020, classe la perte d'audition comme le premier facteur de risque modifiable de démence, devant la dépression ou le manque d'activité physique. Selon ses estimations, traiter toutes les pertes auditives dans le monde pourrait prévenir jusqu'à
8 % des cas de démence. D'autres travaux, comme le vaste essai clinique ACHIEVE publié en 2023 par l'université Johns Hopkins, avaient déjà observé un ralentissement du déclin cognitif de 48 % chez des personnes à risque élevé après trois ans d'appareillage.
Les chercheurs australiens soulignent cependant une limite importante : ils ont observé une association statistique, pas un lien de cause à effet direct. L'étude ne permet pas d'affirmer que les appareils auditifs empêchent la démence. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour comprendre par quels mécanismes précis les prothèses auditives pourraient protéger le cerveau sur le long terme.
En France, la question concerne directement des millions de personnes. Selon l'Inserm, un adulte sur quatre présente une forme de déficience auditive. La proportion augmente fortement avec l'âge : environ 30 % des plus de 65 ans et jusqu'à 75 % des plus de 85 ans sont touchés. Pourtant, les appareils auditifs restent largement sous-utilisés. Seul un adulte malentendant sur cinq porte effectivement des prothèses.
Depuis 2021, la réforme
100 % Santé permet d'obtenir des appareils auditifs de classe 1 (premier niveau de gamme) intégralement remboursés par l'Assurance maladie et la complémentaire santé, sans aucun reste à charge. Le prix de ces appareils est plafonné à
950 euros par oreille. Le renouvellement est possible tous les quatre ans. Pour en bénéficier, une prescription médicale d'un médecin ou d'un ORL (oto-rhino-laryngologiste, le médecin spécialiste de l'oreille) suffit. L'audioprothésiste est tenu de proposer au moins une offre 100 % Santé pour chaque oreille à appareiller, avec un essai gratuit d'au moins 30 jours avant achat.
Pour Joanne Ryan, le message est clair :
« Des études complémentaires sont nécessaires pour comprendre comment les appareils auditifs soutiennent la mémoire, la réflexion et la santé cérébrale dans son ensemble. » En attendant ces résultats, consulter un médecin dès les premiers signes de perte auditive — difficulté à suivre une conversation, besoin de monter le son de la télévision, impression que les gens marmonnent — reste la démarche la plus prudente. Les informations complètes sur le dispositif 100 % Santé audiologie sont disponibles sur le
site du ministère de la Santé.