Ce qu'il faut retenir
- Plus de la moitié des 12,7 millions de titulaires détiennent un PER d'entreprise qu'ils n'ont pas choisi — et dont beaucoup ignorent les conditions de sortie
- L'encours moyen par titulaire cache des écarts considérables entre épargnants actifs et détenteurs passifs
- La fiscalité 2026 alourdit la facture à la sortie — et creuse l'écart avec l'assurance-vie. Les détails plus bas dans l'article
PER : derrière les 12,7 millions de titulaires, la réalité d'un encours moyen de 11 000 € qui interroge le vrai bénéfice pour les retraités © SeniorActu
Un chiffre record qui masque une adhésion souvent subie
Le 16 février 2026, le ministère de l'Économie a publié les dernières données consolidées du Plan d'Épargne Retraite. Les chiffres sont impressionnants : 12,7 millions de titulaires, 141,1 milliards d'euros d'encours au 30 septembre 2025, soit une progression de 19 % sur douze mois. Un succès fulgurant, six ans seulement après la création du dispositif par la loi PACTE.
Mais ce chiffre de 12,7 millions mérite d'être décomposé. Selon les données de Bercy, les titulaires se répartissent en trois catégories très différentes : les détenteurs d'un PER individuel, ceux d'un PER d'entreprise collectif, et ceux d'un PER obligatoire. Or, les deux dernières catégories représentent la majorité des titulaires — et ces épargnants n'ont, pour la plupart, jamais fait le choix conscient d'ouvrir un PER.
Sources : communiqué du ministère de l'Économie (16 février 2026) pour les encours T3 2025 ; données Bercy (février 2025) pour la répartition par type de titulaires.
Un salarié dont l'entreprise met en place un PER obligatoire y est inscrit automatiquement. Un salarié bénéficiant d'un PER collectif y verse souvent sa participation ou son intéressement par défaut, sans mesurer les conséquences fiscales à la sortie. Le chiffre de 12,7 millions mélange ainsi des épargnants volontaires et informés avec des salariés captifs du dispositif.
Mais ce chiffre de 12,7 millions mérite d'être décomposé. Selon les données de Bercy, les titulaires se répartissent en trois catégories très différentes : les détenteurs d'un PER individuel, ceux d'un PER d'entreprise collectif, et ceux d'un PER obligatoire. Or, les deux dernières catégories représentent la majorité des titulaires — et ces épargnants n'ont, pour la plupart, jamais fait le choix conscient d'ouvrir un PER.
4,1 millions PER individuel
Encours total
82,4 milliards € (58 % du total)
Choix de l'épargnant
Souscription volontaire
3,4 millions PER collectif
Encours total
31,7 milliards € (22 %)
Choix de l'épargnant
Proposé par l'employeur, adhésion facultative
3,6 millions PER obligatoire
Encours total
27,1 milliards € (19 %)
Choix de l'épargnant
Aucun — inscription automatique par l'employeur
Sources : communiqué du ministère de l'Économie (16 février 2026) pour les encours T3 2025 ; données Bercy (février 2025) pour la répartition par type de titulaires.
Un salarié dont l'entreprise met en place un PER obligatoire y est inscrit automatiquement. Un salarié bénéficiant d'un PER collectif y verse souvent sa participation ou son intéressement par défaut, sans mesurer les conséquences fiscales à la sortie. Le chiffre de 12,7 millions mélange ainsi des épargnants volontaires et informés avec des salariés captifs du dispositif.
11 000 € d'encours moyen : le mirage des gros chiffres
En divisant les 141,1 milliards d'euros d'encours par les 12,7 millions de titulaires, on obtient un encours moyen d'environ 11 100 € par personne. Un montant qui, à lui seul, relativise considérablement le discours officiel sur le « succès fulgurant » du PER.
Ce chiffre moyen est lui-même trompeur. Les PER individuels concentrent 82,4 milliards d'euros pour 4,1 millions de titulaires, soit un encours moyen d'environ 20 100 € par épargnant volontaire. En face, les 7 millions de titulaires de PER d'entreprise (collectifs et obligatoires) se partagent 58,8 milliards d'euros, soit environ 8 400 € par personne.
Avec un encours moyen de 8 400 € accumulé via l'épargne salariale, à quel complément de retraite peut-on réellement prétendre ? En sortie en rente viagère, un capital de cette taille ne génère que quelques dizaines d'euros par mois. En sortie en capital, il sera amputé par la fiscalité et les frais — comme nous allons le voir.
Ce chiffre moyen est lui-même trompeur. Les PER individuels concentrent 82,4 milliards d'euros pour 4,1 millions de titulaires, soit un encours moyen d'environ 20 100 € par épargnant volontaire. En face, les 7 millions de titulaires de PER d'entreprise (collectifs et obligatoires) se partagent 58,8 milliards d'euros, soit environ 8 400 € par personne.
Avec un encours moyen de 8 400 € accumulé via l'épargne salariale, à quel complément de retraite peut-on réellement prétendre ? En sortie en rente viagère, un capital de cette taille ne génère que quelques dizaines d'euros par mois. En sortie en capital, il sera amputé par la fiscalité et les frais — comme nous allons le voir.
Frais de gestion et frais de versement : la ponction silencieuse
Le Plan d'Épargne Retraite est un produit financier, et comme tout produit financier, il génère des frais. Or, ces frais pèsent lourdement sur la performance réelle de l'épargne, en particulier sur les petits encours.
Les frais sur versement (ou frais d'entrée) varient de 0 % à 5 % selon les contrats. La moyenne du marché se situe autour de 2,5 %. Concrètement, sur un versement de 1 000 €, seuls 975 € sont réellement investis. Ce prélèvement s'applique à chaque versement, année après année.
S'y ajoutent les frais de gestion annuels, prélevés sur l'encours total. Ils oscillent entre 0,5 % et 1,5 % par an selon les contrats. Sur un horizon de 20 ans, la différence entre un PER à 0,6 % de frais annuels et un PER à 1,6 % peut représenter une perte de 18 000 € sur un capital final, selon les estimations du cabinet Good Value for Money.
Le rendement moyen des fonds en euros des PER individuels s'est établi à 2,52 % net de frais de gestion en 2024, selon le cabinet Facts & Figures. Une fois les frais de versement et la fiscalité déduits, le gain réel pour l'épargnant se réduit considérablement — et peut même devenir négatif pour les contrats les plus chargés en frais.
Les frais sur versement (ou frais d'entrée) varient de 0 % à 5 % selon les contrats. La moyenne du marché se situe autour de 2,5 %. Concrètement, sur un versement de 1 000 €, seuls 975 € sont réellement investis. Ce prélèvement s'applique à chaque versement, année après année.
S'y ajoutent les frais de gestion annuels, prélevés sur l'encours total. Ils oscillent entre 0,5 % et 1,5 % par an selon les contrats. Sur un horizon de 20 ans, la différence entre un PER à 0,6 % de frais annuels et un PER à 1,6 % peut représenter une perte de 18 000 € sur un capital final, selon les estimations du cabinet Good Value for Money.
Le rendement moyen des fonds en euros des PER individuels s'est établi à 2,52 % net de frais de gestion en 2024, selon le cabinet Facts & Figures. Une fois les frais de versement et la fiscalité déduits, le gain réel pour l'épargnant se réduit considérablement — et peut même devenir négatif pour les contrats les plus chargés en frais.
Fiscalité 2026 : la sortie coûte plus cher qu'avant
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025 et promulguée le 30 décembre 2025, a relevé la CSG (Contribution Sociale Généralisée, le prélèvement social sur les revenus du capital) de 9,2 % à 10,6 %. Conséquence directe : les prélèvements sociaux sur les plus-values du PER passent de 17,2 % à 18,6 %.
Le prélèvement forfaitaire unique (la « flat tax », le taux d'imposition global sur les gains financiers) passe ainsi de 30 % à 31,4 %. Cette hausse frappe tous les PER sans exception — individuels, collectifs et obligatoires — comme l'a confirmé la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP).
Le paradoxe est cruel : l'assurance-vie, elle, conserve ses prélèvements sociaux à 17,2 % et sa flat tax à 30 %. Le PER, censé être l'outil de retraite par excellence, est désormais fiscalement moins avantageux à la sortie que l'assurance-vie.
Rappel : l'assurance-vie conserve en 2026 des prélèvements sociaux à 17,2 %, soit une flat tax totale maintenue à 30 %.
Pour un épargnant qui sort en capital avec 10 000 € de plus-values, la différence concrète est de 140 € de prélèvements supplémentaires. Sur des encours plus importants, l'écart se chiffre en milliers d'euros.
Ajoutons que si l'épargnant a opté pour la déductibilité de ses versements pendant sa vie active (c'est le cas le plus fréquent), le capital versé est lui aussi réintégré au barème progressif de l'impôt sur le revenu au moment du retrait. La facture fiscale totale à la sortie peut ainsi dépasser 40 % du montant récupéré pour les foyers imposés dans les tranches à 30 % ou plus.
Le prélèvement forfaitaire unique (la « flat tax », le taux d'imposition global sur les gains financiers) passe ainsi de 30 % à 31,4 %. Cette hausse frappe tous les PER sans exception — individuels, collectifs et obligatoires — comme l'a confirmé la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP).
Le paradoxe est cruel : l'assurance-vie, elle, conserve ses prélèvements sociaux à 17,2 % et sa flat tax à 30 %. Le PER, censé être l'outil de retraite par excellence, est désormais fiscalement moins avantageux à la sortie que l'assurance-vie.
Avant 2026 Flat tax 30 %
Prélèvements sociaux sur les gains
17,2 % (CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %)
Impôt sur le revenu (PFU)
12,8 %
Depuis janvier 2026 Flat tax 31,4 %
Prélèvements sociaux sur les gains
18,6 % (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %)
Impôt sur le revenu (PFU)
12,8 % (inchangé)
Rappel : l'assurance-vie conserve en 2026 des prélèvements sociaux à 17,2 %, soit une flat tax totale maintenue à 30 %.
Pour un épargnant qui sort en capital avec 10 000 € de plus-values, la différence concrète est de 140 € de prélèvements supplémentaires. Sur des encours plus importants, l'écart se chiffre en milliers d'euros.
Ajoutons que si l'épargnant a opté pour la déductibilité de ses versements pendant sa vie active (c'est le cas le plus fréquent), le capital versé est lui aussi réintégré au barème progressif de l'impôt sur le revenu au moment du retrait. La facture fiscale totale à la sortie peut ainsi dépasser 40 % du montant récupéré pour les foyers imposés dans les tranches à 30 % ou plus.
Alors, à qui profite vraiment le PER ?
Le Plan d'Épargne Retraite reste un outil pertinent — mais pas pour tout le monde. Son avantage principal réside dans la déductibilité des versements volontaires du revenu imposable. Cette mécanique profite surtout aux contribuables des tranches marginales à 30 %, 41 % ou 45 % : plus le taux marginal est élevé, plus l'économie d'impôt à l'entrée est significative.
Pour un salarié modeste inscrit d'office dans un PER obligatoire, avec un encours de quelques milliers d'euros et des frais de gestion qui grignotent le rendement, le bénéfice réel est marginal — voire inexistant. Le chiffre de 12,7 millions de titulaires masque cette fracture entre épargnants qui maîtrisent le dispositif et ceux qui le subissent.
La loi de finances 2026 a par ailleurs supprimé la déductibilité des versements après 70 ans, fermant définitivement la fenêtre d'optimisation pour les retraités. Seule mesure favorable : le report du plafond de déduction non utilisé est étendu de 3 à 5 ans, ce qui offre davantage de souplesse aux actifs dont les revenus varient d'une année à l'autre.
Le communiqué du ministère de l'Économie souligne que « plus de 80 % des actifs sont investis en France et dans l'Union européenne » et que le PER « apporte une contribution décisive au financement des entreprises ». C'est sans doute vrai du point de vue macroéconomique. Mais pour l'épargnant de 62 ans qui découvre à la sortie que ses 11 000 € d'encours moyen seront amputés par les frais, les prélèvements sociaux et l'impôt sur le revenu, le bilan est moins triomphant.
Avant de verser sur un PER ou de liquider un plan existant, une vérification s'impose : quels frais votre contrat applique-t-il réellement ? Quel sera votre taux marginal d'imposition à la sortie ? Et surtout, l'assurance-vie ne serait-elle pas, dans votre situation, une enveloppe plus avantageuse ? Les réponses se trouvent sur votre avis d'imposition et dans les conditions générales de votre contrat — deux documents que trop peu d'épargnants consultent avant qu'il ne soit trop tard.
Pour un salarié modeste inscrit d'office dans un PER obligatoire, avec un encours de quelques milliers d'euros et des frais de gestion qui grignotent le rendement, le bénéfice réel est marginal — voire inexistant. Le chiffre de 12,7 millions de titulaires masque cette fracture entre épargnants qui maîtrisent le dispositif et ceux qui le subissent.
La loi de finances 2026 a par ailleurs supprimé la déductibilité des versements après 70 ans, fermant définitivement la fenêtre d'optimisation pour les retraités. Seule mesure favorable : le report du plafond de déduction non utilisé est étendu de 3 à 5 ans, ce qui offre davantage de souplesse aux actifs dont les revenus varient d'une année à l'autre.
Le communiqué du ministère de l'Économie souligne que « plus de 80 % des actifs sont investis en France et dans l'Union européenne » et que le PER « apporte une contribution décisive au financement des entreprises ». C'est sans doute vrai du point de vue macroéconomique. Mais pour l'épargnant de 62 ans qui découvre à la sortie que ses 11 000 € d'encours moyen seront amputés par les frais, les prélèvements sociaux et l'impôt sur le revenu, le bilan est moins triomphant.
Avant de verser sur un PER ou de liquider un plan existant, une vérification s'impose : quels frais votre contrat applique-t-il réellement ? Quel sera votre taux marginal d'imposition à la sortie ? Et surtout, l'assurance-vie ne serait-elle pas, dans votre situation, une enveloppe plus avantageuse ? Les réponses se trouvent sur votre avis d'imposition et dans les conditions générales de votre contrat — deux documents que trop peu d'épargnants consultent avant qu'il ne soit trop tard.
Sources :
- Communiqué de presse du ministère de l'Économie, 16 février 2026
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026
- Loi de finances pour 2026 (promulguée le 19 février 2026)
- Facts & Figures, rendement moyen fonds euros PER individuels 2024
- Communiqué de presse du ministère de l'Économie, 16 février 2026
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026
- Loi de finances pour 2026 (promulguée le 19 février 2026)
- Facts & Figures, rendement moyen fonds euros PER individuels 2024
Par 
