Ce que 54 mauvais dormeurs ont déclaré prendre
Cinquante-quatre adultes, 67 ans de moyenne d'âge, tous mauvais dormeurs et tous porteurs d'un trouble cognitif léger diagnostiqué ou suspecté : voilà l'échantillon de l'étude parue le 10 avril dans la revue Sleep Medicine, dont l'université Emory, à Atlanta, a diffusé les résultats le 19 août.
Ceux qui déclaraient prendre au moins 5 000 unités internationales de vitamine D par jour ont obtenu 3,78 points de plus au test cognitif que ceux qui n'en prenaient aucune, soit environ 13 % d'écart. Aux doses plus faibles, les chercheurs n'ont rien vu.
Ceux qui déclaraient prendre au moins 5 000 unités internationales de vitamine D par jour ont obtenu 3,78 points de plus au test cognitif que ceux qui n'en prenaient aucune, soit environ 13 % d'écart. Aux doses plus faibles, les chercheurs n'ont rien vu.
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Le test qui met votre mémoire en chiffres
Le test en question s'appelle le MoCA, pour Montreal Cognitive Assessment. Il se note sur 30 et passe en revue la mémoire immédiate, l'attention, le langage, l'orientation dans le temps et quelques gestes de dessin. Votre médecin peut vous le faire passer en consultation, et il sert à repérer une fragilité, jamais à poser un diagnostic. Gagner 3,78 points sur cette échelle n'est donc pas rien, mais cela ne dit pas qu'une mémoire a été réparée.
Reste que l'étude est transversale : elle photographie un groupe à un instant donné, elle ne suit personne dans le temps et elle ne compare aucun traitement à un placebo. Les auteurs eux-mêmes qualifient l'association de marginalement significative, avec une valeur statistique qui frôle le seuil habituellement retenu. Sur 54 personnes, le sous-groupe qui prenait les fortes doses ne peut être que très réduit.
Et il y a l'autre lecture, celle que l'équipe d'Atlanta ne peut pas écarter : celui qui avale 5 000 unités par jour de sa propre initiative est aussi, souvent, celui qui surveille sa tension, marche tous les jours et lit ses notices. La vitamine mesure peut-être ici l'attention que ces personnes portent à leur santé, pas l'inverse.
Reste que l'étude est transversale : elle photographie un groupe à un instant donné, elle ne suit personne dans le temps et elle ne compare aucun traitement à un placebo. Les auteurs eux-mêmes qualifient l'association de marginalement significative, avec une valeur statistique qui frôle le seuil habituellement retenu. Sur 54 personnes, le sous-groupe qui prenait les fortes doses ne peut être que très réduit.
Et il y a l'autre lecture, celle que l'équipe d'Atlanta ne peut pas écarter : celui qui avale 5 000 unités par jour de sa propre initiative est aussi, souvent, celui qui surveille sa tension, marche tous les jours et lit ses notices. La vitamine mesure peut-être ici l'attention que ces personnes portent à leur santé, pas l'inverse.
5 000 unités par jour, vues de France
Cinq mille unités internationales, cela fait 125 microgrammes par jour. C'est l'unité que vous lisez sur les boîtes françaises, et c'est là que l'écart saute aux yeux. La référence nutritionnelle retenue par l'Anses pour un adulte est de 15 microgrammes par jour, soit huit fois moins. L'agence rappelle au passage que notre alimentation n'en fournit en moyenne que 3,1 microgrammes quotidiens entre 18 et 79 ans.
Surtout, il existe un plafond. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a fixé la limite supérieure de sécurité à 100 microgrammes par jour pour un adulte, toutes sources confondues, et elle a confirmé ce seuil en 2023 après réexamen des données. Le critère retenu n'est pas anodin : c'est l'excès de calcium dans les urines, qui apparaît avant l'excès dans le sang. Les 125 microgrammes de l'étude américaine dépassent donc cette limite d'un quart.
Rapportée à l'année, la dose devient plus parlante encore. Cinq mille unités par jour pendant douze mois représentent environ 1 825 000 unités. Or la notice de l'ampoule de 80 000 unités vendue en France demande de ne pas dépasser 600 000 unités par an. Le calcul est simple à poser : la dose de l'étude vaut trois fois ce plafond, et personne outre-Atlantique n'avait de raison de s'en préoccuper.
Ce n'est pas une querelle de chiffres. Un excès prolongé de vitamine D provoque une hypercalcémie, autrement dit un taux de calcium trop élevé dans le sang, qui finit par calcifier certains tissus et retentir sur les reins et le cœur. Maux de tête, nausées, vomissements, perte de poids et fatigue intense figurent aussi parmi les signes décrits par l'Anses.
Surtout, il existe un plafond. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a fixé la limite supérieure de sécurité à 100 microgrammes par jour pour un adulte, toutes sources confondues, et elle a confirmé ce seuil en 2023 après réexamen des données. Le critère retenu n'est pas anodin : c'est l'excès de calcium dans les urines, qui apparaît avant l'excès dans le sang. Les 125 microgrammes de l'étude américaine dépassent donc cette limite d'un quart.
Rapportée à l'année, la dose devient plus parlante encore. Cinq mille unités par jour pendant douze mois représentent environ 1 825 000 unités. Or la notice de l'ampoule de 80 000 unités vendue en France demande de ne pas dépasser 600 000 unités par an. Le calcul est simple à poser : la dose de l'étude vaut trois fois ce plafond, et personne outre-Atlantique n'avait de raison de s'en préoccuper.
Ce n'est pas une querelle de chiffres. Un excès prolongé de vitamine D provoque une hypercalcémie, autrement dit un taux de calcium trop élevé dans le sang, qui finit par calcifier certains tissus et retentir sur les reins et le cœur. Maux de tête, nausées, vomissements, perte de poids et fatigue intense figurent aussi parmi les signes décrits par l'Anses.
Ce que pèse vraiment votre ampoule d'automne
Que contient exactement votre ampoule d'automne ? Dans une version courante, 80 000 unités, et sa notice prévoit chez l'adulte une prise tous les un à deux mois en prévention. Ce médicament a été autorisé pour traiter et prévenir la carence, c'est-à-dire pour la solidité de vos os et de vos muscles, jamais pour vos souvenirs. Étalé sur soixante jours, cela revient à environ 1 300 unités par jour : à peine plus du quart de ce que prenaient les participants américains les mieux notés. Une ampoule tous les mois monte à environ 2 700, ce qui reste très en deçà.
La même notice insiste sur un point que nous oublions tous : pour éviter le surdosage, il faut tenir compte de l'apport total, quelle qu'en soit la source. L'ampoule prescrite, le complément acheté en parapharmacie et le lait enrichi s'additionnent dans le même organisme. D'ailleurs, l'Anses conseille de privilégier le médicament au complément alimentaire, parce que le premier affiche clairement sa dose, ses précautions et ses risques, et de ne s'y engager que sur avis d'un professionnel de santé.
La même notice insiste sur un point que nous oublions tous : pour éviter le surdosage, il faut tenir compte de l'apport total, quelle qu'en soit la source. L'ampoule prescrite, le complément acheté en parapharmacie et le lait enrichi s'additionnent dans le même organisme. D'ailleurs, l'Anses conseille de privilégier le médicament au complément alimentaire, parce que le premier affiche clairement sa dose, ses précautions et ses risques, et de ne s'y engager que sur avis d'un professionnel de santé.
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Vitamine D : ces quelques gouttes qui feraient gagner trois ans d'âge cellulaire après 50 ans
Je le dis d'autant plus volontiers que j'ai la même boîte dans mon tiroir : rien de tout cela ne plaide pour en prendre moins. Après 65 ans, la peau synthétise moins bien la vitamine D et l'agence classe les personnes âgées parmi les populations les plus exposées au manque. Le geste à éviter n'est pas la prise, c'est l'empilement décidé seul, un matin, après avoir lu un titre sur la mémoire. Vitamine D : ces quelques gouttes qui feraient gagner trois ans d'âge cellulaire après 50 ans
Le dosage sanguin, remboursé six fois seulement
Beaucoup d'entre vous vont vouloir vérifier leur taux. Sachez que la prise de sang n'est remboursée que dans six situations précises, arrêtées après l'évaluation de la Haute Autorité de santé : suspicion de rachitisme, suspicion d'ostéomalacie, suivi d'une transplantation rénale, avant et après une chirurgie de l'obésité, évaluation d'une personne âgée qui fait des chutes répétées, et lorsque la notice d'un médicament l'exige. En dehors de ces cas, même à votre demande, le laboratoire facture l'examen.
Faut-il pour autant courir au laboratoire ? Cette liste dit surtout quelque chose d'utile : une supplémentation peut s'instaurer et se suivre sans dosage, et c'est le cas le plus courant. Le meilleur usage que vous puissiez faire de cette étude tient donc en une phrase à glisser à votre médecin lors du prochain rendez-vous, plutôt qu'en une seconde ampoule ouverte dans la salle à manger.
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