Le mécanisme qui aurait dû protéger Sylviane existe pourtant depuis des années. Le Code général des impôts prévoit une exonération totale de taxe foncière sur la résidence principale pour les propriétaires de
plus de 75 ans au 1er janvier de l'année d'imposition, à condition que leur revenu fiscal de référence — le fameux « RFR » qui figure sur l'avis d'impôt, dans le cadre « Vos références » — ne dépasse pas un certain plafond.
Avec un RFR d'environ
11 800 €, Sylviane se situe nettement sous le seuil. Elle remplissait toutes les conditions depuis 2023, année de ses 75 ans. Mais l'exonération, bien qu'
automatique en théorie, n'a jamais été appliquée sur ses avis.
Comme Sylviane, environ
70 % des 17,2 millions de retraités français sont propriétaires de leur logement, selon la DREES. Parmi eux, une part significative dispose de revenus modestes proches des seuils. Beaucoup ignorent leurs droits ou, comme Sylviane, pensent que l'exonération ne concerne que les bénéficiaires de l'Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA, l'ancien minimum vieillesse).
En réalité, trois situations ouvrent droit à l'exonération totale. Les voici, avec les plafonds en vigueur pour la taxe foncière 2025 (les seuils 2026, indexés sur la revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu, seront légèrement supérieurs) :
👤 Plafond RFR personne seule (1 part)
12 679 €
👥 Plafond RFR couple (2 parts)
19 451 €
📊 Par demi-part supplémentaire
+ 3 386 €
💶 Réduction automatique sur la taxe foncière
100 € / an
☑️ Condition
Mêmes plafonds de RFR
Les bénéficiaires de l'ASPA (minimum vieillesse) ou de l'Allocation Supplémentaire d'Invalidité (ASI) sont exonérés
sans aucune condition de revenus. Les titulaires de l'Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) le sont également, mais sous les mêmes plafonds de RFR que les plus de 75 ans.
Dans un couple, il suffit que
l'un des deux conjoints ait atteint 75 ans pour que le foyer bénéficie de l'exonération. Un détail que beaucoup de couples ignorent.