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Somnifères et Alzheimer : l'erreur que commettent 9 millions de Français chaque nuit

Par | Publié le 07/01/2026 à 14:40

Une découverte scientifique récente révèle qu'un type de somnifère peut réduire les protéines responsables d'Alzheimer. Problème : ce n'est pas celui que prennent la plupart des seniors. Les benzodiazépines, consommées par des millions de Français, pourraient au contraire aggraver le risque. Voici comment éviter ce piège.

Une femme senior examine une plaquette de somnifères avec une expression pensive © SeniorActu
Une femme senior examine une plaquette de somnifères avec une expression pensive © SeniorActu

Le mécanisme que personne ne vous explique

Une étude de l'Université de Washington vient de mettre en lumière un fait troublant. Le Dr Brendan Lucey et son équipe ont découvert qu'un somnifère appelé suvorexant peut réduire de 10 à 20 % les protéines bêta-amyloïdes et de 10 à 15 % les protéines tau dans le cerveau. Or, ce sont précisément ces protéines qui s'accumulent dans le cerveau des malades d'Alzheimer.

Le secret réside dans le sommeil profond. C'est pendant cette phase que le cerveau se « nettoie » en éliminant les déchets toxiques accumulés dans la journée. Le suvorexant, contrairement aux somnifères classiques, préserve cette phase cruciale.

Le problème ? La grande majorité des somnifères prescrits en France appartiennent à une autre famille : les benzodiazépines. Et ceux-là perturbent justement le sommeil profond.

Êtes-vous concerné ?

Les chiffres sont vertigineux. Selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), plus de 9 millions de Français consomment des benzodiazépines chaque année. Les seniors de plus de 65 ans sont les plus touchés : un tiers des femmes de cette tranche d'âge prennent régulièrement un anxiolytique, et près d'une sur cinq un somnifère de type benzodiazépine.

Vous êtes concerné si vous prenez l'un de ces médicaments courants :
 
  • Stilnox (zolpidem)
  • Imovane (zopiclone)
  • Lexomil (bromazépam)
  • Xanax (alprazolam)
  • Temesta (lorazépam)
Ces médicaments ne devraient être prescrits que pour quelques jours à 3 semaines maximum selon les recommandations officielles. Or, dans la pratique, des millions de Français les prennent pendant des mois, voire des années.

Un double risque pour votre cerveau

Le piège est double. Premièrement, les benzodiazépines réduisent la durée du sommeil profond, cette phase où le cerveau élimine les protéines toxiques. Vous dormez, mais votre cerveau ne se « répare » pas correctement.

Deuxièmement, plusieurs études scientifiques suggèrent un lien direct entre la consommation prolongée de benzodiazépines et un risque accru de démence. Le ministère de la Santé le reconnaît lui-même : « Les résultats de récentes études scientifiques suggèrent que de nouveaux effets secondaires pourraient survenir, dont un risque de démence de type Alzheimer. »

À cela s'ajoutent les effets indésirables bien connus chez les seniors : troubles de la mémoire, confusion, chutes (avec risque de fractures), somnolence diurne et dépendance. L'ANSM rappelle que 23 % des effets indésirables graves signalés concernent le système nerveux.

Comment protéger votre sommeil et votre cerveau

Si vous prenez des somnifères depuis plusieurs semaines ou mois, ne les arrêtez surtout pas brutalement : cela peut provoquer un syndrome de sevrage. La démarche à suivre est de consulter votre médecin pour :
 
  • Évaluer si votre traitement est toujours nécessaire
  • Discuter d'un sevrage progressif si approprié
  • Envisager des alternatives : les antagonistes des récepteurs de l'orexine (comme le suvorexant) préservent le sommeil profond
  • Explorer les solutions non médicamenteuses : activité physique, yoga, limitation des écrans le soir, thérapies cognitivo-comportementales
Le Dr Lucey reste prudent : « Il serait prématuré de considérer le suvorexant comme un traitement préventif contre Alzheimer. » Mais une chose est certaine : préserver son sommeil profond est essentiel pour la santé du cerveau. Et les benzodiazépines prises sur le long terme font exactement l'inverse.

Sources :
- Étude Université de Washington (Dr Brendan Lucey), Annals of Neurology, 2023
- ANSM, État des lieux de la consommation des benzodiazépines en France, 2017-2025
- Ministère de la Santé, Politiques publiques sur les benzodiazépines, 2025
- Futura Sciences, janvier 2026



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