Le ticket modérateur, ce prélèvement invisible que le gouvernement veut alourdir
Le déficit de la Sécurité sociale a dérapé. La commission des comptes, dans son rapport du 28 mai, l'a chiffré à 23,2 milliards d'euros pour 2026, soit 3,8 milliards de plus que la prévision votée par le Parlement en décembre.
La branche maladie porte à elle seule 13,3 milliards de trou. Pour colmater, l'exécutif a choisi le levier le plus rapide : baisser la part que la Sécu rembourse sur vos consultations, vos analyses, vos examens.
Le mécanisme tient en un mot : ticket modérateur. C'est la fraction du prix du soin que l'Assurance maladie ne prend pas en charge, aujourd'hui fixée à 30 % pour une consultation chez votre généraliste à 30 euros (soit 9 euros à votre charge, couverts par la mutuelle).
Le gouvernement veut augmenter ce ticket. Plus il monte, moins la Sécu paie, et plus votre complémentaire doit compenser, le tout par voie réglementaire (un simple décret, sans vote du Parlement).
La mesure ne se limiterait pas aux seules consultations de médecins. La FIPS évoque un relèvement « des tickets modérateurs sur les actes médicaux », un périmètre qui pourrait inclure les analyses de biologie, les actes de radiologie, les transports sanitaires, voire la kinésithérapie.
La branche maladie porte à elle seule 13,3 milliards de trou. Pour colmater, l'exécutif a choisi le levier le plus rapide : baisser la part que la Sécu rembourse sur vos consultations, vos analyses, vos examens.
Le mécanisme tient en un mot : ticket modérateur. C'est la fraction du prix du soin que l'Assurance maladie ne prend pas en charge, aujourd'hui fixée à 30 % pour une consultation chez votre généraliste à 30 euros (soit 9 euros à votre charge, couverts par la mutuelle).
Le gouvernement veut augmenter ce ticket. Plus il monte, moins la Sécu paie, et plus votre complémentaire doit compenser, le tout par voie réglementaire (un simple décret, sans vote du Parlement).
La mesure ne se limiterait pas aux seules consultations de médecins. La FIPS évoque un relèvement « des tickets modérateurs sur les actes médicaux », un périmètre qui pourrait inclure les analyses de biologie, les actes de radiologie, les transports sanitaires, voire la kinésithérapie.
La facture que personne ne chiffre pour un retraité
J'ai fait le calcul pour un profil courant. Un retraité de 65 ans, mutuelle individuelle à 125 euros par mois, six consultations chez le généraliste par an, trois visites chez des spécialistes, une analyse de sang annuelle.
Si le ticket modérateur passe de 30 à 35 % sur les consultations (l'ampleur exacte n'est pas encore arrêtée, mais la Mutualité française évoque un transfert de 1,5 à 2 milliards d'euros), chaque consultation lui coûte 1,50 euro de plus en ticket modérateur. Sur dix actes médicaux dans l'année, c'est un surcoût direct de 15 euros.
Ça paraît peu.
Sauf que la deuxième lame arrive derrière : pour absorber ces milliards de charges transférées, les complémentaires santé vont augmenter leurs cotisations. Les projections du cabinet Addactis tablent sur 3 à 5 % de hausse supplémentaire des contrats individuels (ceux des retraités), soit 45 à 75 euros de plus par an sur une cotisation mensuelle de 125 euros.
Le total pour ce retraité : entre 60 et 90 euros de surcoût annuel sur cette seule mesure. Or ce n'est qu'un étage de plus dans un empilement qui dure depuis mars : forfait hospitalier en hausse de 3 euros par jour, franchises médicales doublées, participation forfaitaire passée à 2 euros.
Comparez maintenant avec un salarié de 40 ans. Sa mutuelle est collective : l'employeur en finance 55 % en moyenne, et il ne consulte que quatre fois par an.
Son surcoût total : entre 20 et 30 euros par an. Le ratio est limpide, un retraité paiera trois fois plus qu'un actif pour la même décision gouvernementale.
Si le ticket modérateur passe de 30 à 35 % sur les consultations (l'ampleur exacte n'est pas encore arrêtée, mais la Mutualité française évoque un transfert de 1,5 à 2 milliards d'euros), chaque consultation lui coûte 1,50 euro de plus en ticket modérateur. Sur dix actes médicaux dans l'année, c'est un surcoût direct de 15 euros.
Ça paraît peu.
Sauf que la deuxième lame arrive derrière : pour absorber ces milliards de charges transférées, les complémentaires santé vont augmenter leurs cotisations. Les projections du cabinet Addactis tablent sur 3 à 5 % de hausse supplémentaire des contrats individuels (ceux des retraités), soit 45 à 75 euros de plus par an sur une cotisation mensuelle de 125 euros.
Le total pour ce retraité : entre 60 et 90 euros de surcoût annuel sur cette seule mesure. Or ce n'est qu'un étage de plus dans un empilement qui dure depuis mars : forfait hospitalier en hausse de 3 euros par jour, franchises médicales doublées, participation forfaitaire passée à 2 euros.
Comparez maintenant avec un salarié de 40 ans. Sa mutuelle est collective : l'employeur en finance 55 % en moyenne, et il ne consulte que quatre fois par an.
Son surcoût total : entre 20 et 30 euros par an. Le ratio est limpide, un retraité paiera trois fois plus qu'un actif pour la même décision gouvernementale.
Pourquoi les retraités absorbent le choc en premier
Un retraité de 70 ans dépense en soins de santé huit fois plus qu'un jeune adulte, selon la DREES. C'est mécanique : plus on vieillit, plus les consultations de spécialistes, les analyses, les hospitalisations et les médicaments s'accumulent.
Or c'est précisément sur ces postes que le ticket modérateur pèse le plus lourd. Et c'est précisément à la retraite que la mutuelle coûte le plus cher : 2,5 fois plus qu'à 35 ans pour des garanties équivalentes (DREES), parce que la participation employeur disparaît et que le risque augmente avec l'âge.
La pension moyenne nette s'établit à 1 545 euros par mois. La mutuelle en absorbe déjà 8 %, avant même la hausse annoncée.
Et pourtant, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoyait un gel des cotisations des complémentaires. Quelques mois plus tard, le même gouvernement force ces mêmes complémentaires à absorber jusqu'à 2 milliards de charges supplémentaires.
Nous sommes les premiers à absorber le choc, et pas les derniers : 18 % des nouveaux retraités renoncent déjà à certains soins dès leur première année sans emploi. La FIPS a dénoncé dans son communiqué du 19 juin des mesures qui diminueront significativement le pouvoir d'achat des seniors et des salariés.
Le ministère de la Santé, lui, n'a ni confirmé ni infirmé les modalités exactes. « À ce stade, rien n'est arrêté », a indiqué le cabinet de la ministre Stéphanie Rist, sans rassurer personne.
Or c'est précisément sur ces postes que le ticket modérateur pèse le plus lourd. Et c'est précisément à la retraite que la mutuelle coûte le plus cher : 2,5 fois plus qu'à 35 ans pour des garanties équivalentes (DREES), parce que la participation employeur disparaît et que le risque augmente avec l'âge.
La pension moyenne nette s'établit à 1 545 euros par mois. La mutuelle en absorbe déjà 8 %, avant même la hausse annoncée.
Et pourtant, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoyait un gel des cotisations des complémentaires. Quelques mois plus tard, le même gouvernement force ces mêmes complémentaires à absorber jusqu'à 2 milliards de charges supplémentaires.
Nous sommes les premiers à absorber le choc, et pas les derniers : 18 % des nouveaux retraités renoncent déjà à certains soins dès leur première année sans emploi. La FIPS a dénoncé dans son communiqué du 19 juin des mesures qui diminueront significativement le pouvoir d'achat des seniors et des salariés.
Le ministère de la Santé, lui, n'a ni confirmé ni infirmé les modalités exactes. « À ce stade, rien n'est arrêté », a indiqué le cabinet de la ministre Stéphanie Rist, sans rassurer personne.
Ce que vous pouvez vérifier avant la rentrée
Si votre pension nette est inférieure à 1 172 euros par mois (personne seule, plafond CSS avec participation au 1er avril 2026), vérifiez votre éligibilité à la Complémentaire santé solidaire sur service-public.gouv.fr : elle supprime le ticket modérateur sur la quasi-totalité des soins.
Et si votre mutuelle a déjà augmenté cette année, la loi vous autorise à résilier à tout moment après un an de contrat, sans frais : c'est le moment de comparer avant que la prochaine hausse ne s'ajoute à la précédente.
Et si votre mutuelle a déjà augmenté cette année, la loi vous autorise à résilier à tout moment après un an de contrat, sans frais : c'est le moment de comparer avant que la prochaine hausse ne s'ajoute à la précédente.


