Ce qu'il faut retenir
- Trois forfaits hospitaliers augmentent entre mars et avril 2026 — un arrêté publié au Journal officiel le 28 février confirme les nouveaux montants
- Les retraités sans mutuelle paieront l'intégralité de la hausse de leur poche — et ils sont plus nombreux qu'on ne le croit
- Même les assurés risquent un effet boomerang sur leurs cotisations dans les mois qui viennent
- Des exonérations existent, mais elles sont mal connues — voici comment vérifier si vous êtes concerné
Ce qui change concrètement à l'hôpital depuis le 1er mars
Un arrêté ministériel du 27 février 2026, publié au Journal officiel le lendemain, a entériné la hausse de plusieurs participations financières demandées aux patients hospitalisés. Les nouveaux montants sont entrés en vigueur le 1er mars 2026.
Le forfait journalier hospitalier, c'est-à-dire la somme facturée chaque jour pour couvrir les frais d'hébergement et d'entretien (repas, linge, chauffage), passe de 20 € à 23 € par jour en hôpital ou en clinique conventionnée. Dans les services de psychiatrie, il passe de 15 € à 17 € par jour.
Le forfait patient urgences (FPU), facturé à toute personne se rendant aux urgences sans être hospitalisée ensuite, augmente lui aussi : il passe de 19,61 € à 23 €. Pour les patients vulnérables, notamment ceux en affection de longue durée (ALD, le dispositif qui prend en charge à 100 % les soins liés à une maladie chronique), le FPU minoré passe de 8,49 € à 9,96 €.
Une troisième hausse suivra dès le 1er avril 2026 : la participation forfaitaire sur les actes médicaux coûteux, ceux dont le tarif dépasse 120 €, passera de 24 € à 32 €. Cela concerne notamment les interventions chirurgicales et les actes techniques lourds.
Le forfait journalier hospitalier, c'est-à-dire la somme facturée chaque jour pour couvrir les frais d'hébergement et d'entretien (repas, linge, chauffage), passe de 20 € à 23 € par jour en hôpital ou en clinique conventionnée. Dans les services de psychiatrie, il passe de 15 € à 17 € par jour.
Le forfait patient urgences (FPU), facturé à toute personne se rendant aux urgences sans être hospitalisée ensuite, augmente lui aussi : il passe de 19,61 € à 23 €. Pour les patients vulnérables, notamment ceux en affection de longue durée (ALD, le dispositif qui prend en charge à 100 % les soins liés à une maladie chronique), le FPU minoré passe de 8,49 € à 9,96 €.
Une troisième hausse suivra dès le 1er avril 2026 : la participation forfaitaire sur les actes médicaux coûteux, ceux dont le tarif dépasse 120 €, passera de 24 € à 32 €. Cela concerne notamment les interventions chirurgicales et les actes techniques lourds.
Avant Jusqu'au 28 février
Forfait journalier (hôpital/clinique)
20 € / jour
Forfait patient urgences
19,61 €
Participation actes lourds (>120 €)
24 €
Après Mars-avril 2026
Forfait journalier (hôpital/clinique)
23 € / jour (+15 %)
Forfait patient urgences
23 € (+17 %)
Participation actes lourds (>120 €)
32 € au 1er avril (+33 %)
Pourquoi cette hausse touche surtout les retraités
Ces forfaits ne sont pas remboursés par l'Assurance maladie. C'est un point essentiel : contrairement aux soins médicaux, pris en charge à 80 % par la Sécurité sociale, le forfait journalier reste intégralement à la charge du patient. Seule une complémentaire santé (mutuelle) peut le couvrir, si le contrat le prévoit.
Or, selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), environ 4 % des Français — et jusqu'à 12 % parmi les plus modestes — ne disposent d'aucune complémentaire santé, soit près de 2,5 millions de personnes. Les retraités à petits revenus sont surreprésentés dans cette catégorie. Pour eux, la hausse est immédiate et intégrale. Concrètement, une personne sans mutuelle hospitalisée 10 jours paiera désormais 230 € de forfait journalier, contre 200 € auparavant — soit 30 € de plus. Si elle passe d'abord par les urgences sans être hospitalisée, elle déboursera 23 € au lieu de 19,61 €. Et si elle subit une intervention chirurgicale lourde, elle devra ajouter 32 € de participation à partir d'avril, contre 24 € aujourd'hui.
Pour les retraités avec mutuelle, la hausse ne se verra pas immédiatement sur la facture hospitalière : la plupart des contrats dits « responsables » couvrent le forfait journalier. Mais l'addition arrive autrement. L'Unocam (Union nationale des organismes complémentaires d'assurance maladie) a dénoncé un transfert de charges de 530 millions d'euros de la Sécurité sociale vers les complémentaires. Ce surcoût sera mécaniquement répercuté sur les cotisations des assurés dans les mois à venir.
Or, selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), environ 4 % des Français — et jusqu'à 12 % parmi les plus modestes — ne disposent d'aucune complémentaire santé, soit près de 2,5 millions de personnes. Les retraités à petits revenus sont surreprésentés dans cette catégorie. Pour eux, la hausse est immédiate et intégrale. Concrètement, une personne sans mutuelle hospitalisée 10 jours paiera désormais 230 € de forfait journalier, contre 200 € auparavant — soit 30 € de plus. Si elle passe d'abord par les urgences sans être hospitalisée, elle déboursera 23 € au lieu de 19,61 €. Et si elle subit une intervention chirurgicale lourde, elle devra ajouter 32 € de participation à partir d'avril, contre 24 € aujourd'hui.
Pour les retraités avec mutuelle, la hausse ne se verra pas immédiatement sur la facture hospitalière : la plupart des contrats dits « responsables » couvrent le forfait journalier. Mais l'addition arrive autrement. L'Unocam (Union nationale des organismes complémentaires d'assurance maladie) a dénoncé un transfert de charges de 530 millions d'euros de la Sécurité sociale vers les complémentaires. Ce surcoût sera mécaniquement répercuté sur les cotisations des assurés dans les mois à venir.
Sans mutuelle Impact direct
Hospitalisation 10 jours
230 € (au lieu de 200 €)
Passage aux urgences
23 € (au lieu de 19,61 €)
Chirurgie lourde (dès avril)
32 € (au lieu de 24 €)
Avec mutuelle Impact différé
Hospitalisation 10 jours
0 € (pris en charge)
Hausse cotisations à prévoir
Transfert de 530 M€ vers les complémentaires
Les exonérations que peu de patients connaissent
Certaines situations ouvrent droit à une exonération totale du forfait journalier hospitalier. Selon service-public.gouv.fr, vous ne payez pas le forfait journalier si vous êtes dans l'une des situations suivantes : vous bénéficiez de la Complémentaire santé solidaire (C2S, l'ancienne CMU-C, accordée sous conditions de ressources), vous bénéficiez de l'aide médicale d'État (AME), votre hospitalisation est liée à un accident du travail ou une maladie professionnelle, ou encore si vous êtes soigné en hospitalisation à domicile.
La C2S existe en deux versions. La version gratuite concerne les personnes dont les ressources annuelles ne dépassent pas 10 339 € pour une personne seule (soit 862 € par mois). La version avec participation financière, facturée moins d'un euro par jour, s'adresse à ceux dont les ressources restent sous 13 957 € par an (1 163 € par mois). Ces plafonds, fixés par arrêté de la Direction de la sécurité sociale, sont valables du 1er avril 2025 au 31 mars 2026 et seront revalorisés en avril. De nombreux retraités modestes y sont éligibles sans le savoir. Le taux de non-recours reste très élevé : selon les dernières estimations de la DREES, près de la moitié des personnes éligibles ne la demandent pas.
Pour vérifier votre éligibilité à la C2S, vous pouvez effectuer une simulation directement sur le site de l'Assurance maladie ou contacter votre CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie). Si vos ressources sont insuffisantes pour régler les frais d'hospitalisation mais que vous ne relevez pas de la C2S, vous pouvez également demander une prise en charge dans le cadre de l'action sanitaire et sociale de votre caisse.
Attention : être en ALD (affection de longue durée) n'exonère pas automatiquement du forfait journalier. L'ALD permet une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie, mais le forfait d'hébergement reste dû. En revanche, le forfait patient urgences minoré (9,96 € au lieu de 23 €) s'applique aux patients en ALD.
La C2S existe en deux versions. La version gratuite concerne les personnes dont les ressources annuelles ne dépassent pas 10 339 € pour une personne seule (soit 862 € par mois). La version avec participation financière, facturée moins d'un euro par jour, s'adresse à ceux dont les ressources restent sous 13 957 € par an (1 163 € par mois). Ces plafonds, fixés par arrêté de la Direction de la sécurité sociale, sont valables du 1er avril 2025 au 31 mars 2026 et seront revalorisés en avril. De nombreux retraités modestes y sont éligibles sans le savoir. Le taux de non-recours reste très élevé : selon les dernières estimations de la DREES, près de la moitié des personnes éligibles ne la demandent pas.
Pour vérifier votre éligibilité à la C2S, vous pouvez effectuer une simulation directement sur le site de l'Assurance maladie ou contacter votre CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie). Si vos ressources sont insuffisantes pour régler les frais d'hospitalisation mais que vous ne relevez pas de la C2S, vous pouvez également demander une prise en charge dans le cadre de l'action sanitaire et sociale de votre caisse.
Attention : être en ALD (affection de longue durée) n'exonère pas automatiquement du forfait journalier. L'ALD permet une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie, mais le forfait d'hébergement reste dû. En revanche, le forfait patient urgences minoré (9,96 € au lieu de 23 €) s'applique aux patients en ALD.
Ce que vous pouvez faire maintenant pour limiter la facture
Réflexe 1 Mutuelle
Vérifiez votre contrat
Assurez-vous que la mention « forfait journalier hospitalier » figure dans vos garanties, en remboursement frais réels et sans limitation de durée. Si ce n'est pas le cas, comparez les offres.
Réflexe 2 C2S
Testez votre éligibilité à la C2S
Si vos revenus sont modestes, la Complémentaire santé solidaire peut prendre en charge l'intégralité du forfait journalier. La simulation est gratuite sur le site de l'Assurance maladie ou via mesdroitssociaux.gouv.fr.
Réflexe 3 Anticipation
Renseignez-vous avant une hospitalisation
Demandez à l'établissement un devis écrit des frais restant à votre charge : forfait journalier, chambre individuelle, éventuels dépassements d'honoraires.
Sources :
- Arrêté du 27 février 2026 relatif aux montants du forfait journalier hospitalier, Journal officiel du 28 février 2026
- Service-public.gouv.fr, « Déroulement d'une hospitalisation et prise en charge par l'Assurance maladie », vérifié le 1er janvier 2026
- Ameli.fr, « Le forfait hospitalier », mis à jour mars 2026
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025
- Arrêté du 27 février 2026 relatif aux montants du forfait journalier hospitalier, Journal officiel du 28 février 2026
- Service-public.gouv.fr, « Déroulement d'une hospitalisation et prise en charge par l'Assurance maladie », vérifié le 1er janvier 2026
- Ameli.fr, « Le forfait hospitalier », mis à jour mars 2026
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025





