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Romarin et Alzheimer : la découverte japonaise qui pourrait tout changer pour votre mémoire

Par | Publié le 26/01/2026 à 09:08

Une étude japonaise publiée dans la prestigieuse revue Scientific Reports révèle que l'acide rosmarinique, un composé présent dans le romarin, empêcherait la formation des plaques cérébrales caractéristiques de la maladie d'Alzheimer. Une découverte prometteuse pour les 1,4 million de Français touchés par cette pathologie, même si les experts appellent à la prudence.

Femme senior préparant un repas avec du romarin frais dans sa cuisine © SeniorActu
Femme senior préparant un repas avec du romarin frais dans sa cuisine © SeniorActu

L'acide rosmarinique, une molécule qui intrigue les scientifiques

Le romarin, cette plante aromatique méditerranéenne que l'on retrouve dans de nombreuses cuisines françaises, pourrait bien avoir des vertus insoupçonnées pour le cerveau. C'est ce que suggère une étude menée par une équipe de chercheurs japonais, publiée dans la revue Scientific Reports du groupe Nature.

Les scientifiques se sont intéressés à l'acide rosmarinique, un polyphénol naturellement présent dans le romarin, mais aussi dans d'autres plantes de la famille des Lamiacées comme la mélisse, la sauge ou le thym. Cette molécule, connue depuis longtemps pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, révèle aujourd'hui un potentiel inattendu dans la prévention des maladies neurodégénératives.

Pour mener leurs travaux, les chercheurs ont utilisé des souris génétiquement modifiées pour développer les signes caractéristiques de la maladie d'Alzheimer. Un groupe a reçu une alimentation normale, tandis que l'autre a consommé la même nourriture enrichie en acide rosmarinique pendant plusieurs semaines.

Un mécanisme de protection inédit découvert

Les résultats obtenus ont surpris les chercheurs eux-mêmes. Contrairement à ce qu'ils imaginaient au départ, l'acide rosmarinique n'agit pas directement sur les fameuses plaques amyloïdes, ces amas de protéines toxiques qui s'accumulent dans le cerveau des malades d'Alzheimer et détruisent progressivement les neurones.

Le mécanisme est plus subtil : l'acide rosmarinique inhibe une enzyme appelée monoamine oxydase B (Maob), responsable de la dégradation de la dopamine dans le cerveau. En freinant cette enzyme, la molécule permet d'augmenter la concentration de dopamine, un neurotransmetteur essentiel à la communication entre les neurones.

Or, les chercheurs ont démontré que la dopamine possède elle-même la capacité d'empêcher les protéines bêta-amyloïdes de s'agréger pour former ces plaques destructrices. « L'acide rosmarinique étant une substance familière dans l'alimentation humaine, son risque en tant que traitement devrait être faible », soulignent les auteurs de l'étude.

Des résultats prometteurs mais des limites importantes

Si cette découverte ouvre des perspectives intéressantes, les scientifiques appellent à la plus grande prudence. Plusieurs obstacles majeurs doivent encore être surmontés avant d'envisager une application chez l'être humain.

Premier problème : la perméabilité cérébrale. Les chercheurs ont observé que l'acide rosmarinique a du mal à traverser la barrière hémato-encéphalique, cette membrane protectrice qui filtre les substances circulant dans le sang avant qu'elles n'atteignent le cerveau. La quantité de molécule qui parvient effectivement aux neurones reste donc limitée.

Deuxième limite : les essais n'ont été réalisés que sur des animaux de laboratoire. Aucune étude clinique sur l'homme n'a encore été menée pour confirmer ces effets. Les mécanismes biologiques peuvent différer significativement entre les souris et les êtres humains, et les doses nécessaires pour obtenir un effet protecteur restent inconnues.

Troisième point de vigilance : le romarin ne constitue en aucun cas un remède miracle. France Alzheimer rappelle que la maladie touche aujourd'hui 1,4 million de Français et qu'aucune solution alimentaire ne peut se substituer à un suivi médical adapté.

Comment intégrer le romarin à son alimentation

En attendant des études complémentaires, rien n'empêche d'intégrer davantage de romarin dans son alimentation quotidienne. Cette herbe aromatique peut agrémenter de nombreux plats : viandes grillées, légumes rôtis, pommes de terre au four, soupes ou même infusions.

Les experts en nutrition recommandent de privilégier le romarin frais plutôt que séché, car il conserve mieux ses composés actifs. Quelques brins dans une préparation culinaire suffisent pour profiter de ses arômes et de ses potentiels bienfaits. L'huile essentielle de romarin, utilisée en diffusion, fait également l'objet de recherches pour ses effets sur la concentration et la mémoire.

Il convient toutefois de rappeler que la prévention de la maladie d'Alzheimer repose avant tout sur une combinaison de facteurs : activité physique régulière, alimentation équilibrée de type méditerranéen, stimulation cognitive, liens sociaux maintenus et suivi des facteurs de risque cardiovasculaires. Le romarin peut s'inscrire dans cette approche globale, sans pour autant en devenir la pièce maîtresse.

Les recherches se poursuivent dans plusieurs laboratoires à travers le monde pour mieux comprendre le potentiel neuroprotecteur des plantes aromatiques et développer, peut-être un jour, des traitements préventifs accessibles à tous.

Sources :
- Étude « Rosmarinic acid suppresses Alzheimer's disease development by reducing amyloid β aggregation by increasing monoamine secretion », Scientific Reports (Nature), Hase T. et al., 18 juin 2019
- France Alzheimer, données épidémiologiques 2025



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