+0,9 % en 2026 : le chiffre qui rassure à tort
Votre pension de base a été revalorisée de 0,9 % au 1er janvier 2026. Sur une pension nette de 1 541 € (la moyenne nationale selon la DREES), cela représente environ 14 € de plus par mois.
Le calcul est simple, et c'est justement ce qui le rend trompeur. Car ces 0,9 % correspondent à l'inflation hors tabac mesurée par l'Insee sur les douze derniers mois, et cette inflation ne reflète pas ce que vous payez réellement au supermarché, chez le garagiste ou à la pharmacie.
Sauf que ce n'est que la moitié du problème. Si vous êtes ancien salarié du privé, votre retraite complémentaire Agirc-Arrco est gelée depuis le 1er novembre 2025, et elle ne bougera pas avant novembre 2026 au plus tôt.
Or cette complémentaire représente en moyenne un tiers de votre pension totale. Résultat : pour un retraité du privé touchant 1 500 € au total (1 000 € de base + 500 € de complémentaire), la hausse réelle se limite à 9 € par mois, soit 0,6 % de la pension globale.
Le pouvoir d'achat recule pendant ce temps-là, car les prix, eux, ne gèlent pas.
Le calcul est simple, et c'est justement ce qui le rend trompeur. Car ces 0,9 % correspondent à l'inflation hors tabac mesurée par l'Insee sur les douze derniers mois, et cette inflation ne reflète pas ce que vous payez réellement au supermarché, chez le garagiste ou à la pharmacie.
Sauf que ce n'est que la moitié du problème. Si vous êtes ancien salarié du privé, votre retraite complémentaire Agirc-Arrco est gelée depuis le 1er novembre 2025, et elle ne bougera pas avant novembre 2026 au plus tôt.
Or cette complémentaire représente en moyenne un tiers de votre pension totale. Résultat : pour un retraité du privé touchant 1 500 € au total (1 000 € de base + 500 € de complémentaire), la hausse réelle se limite à 9 € par mois, soit 0,6 % de la pension globale.
Le pouvoir d'achat recule pendant ce temps-là, car les prix, eux, ne gèlent pas.
Ce que la DREES mesure et que personne ne commente
Le Panorama des retraités et retraites publié par la DREES en juillet 2025 contient un chiffre que vous ne trouverez dans aucun discours politique : entre fin 2017 et fin 2022, la pension brute moyenne a été revalorisée de 7,2 % en euros courants, alors que l'inflation atteignait 12,1 % sur la même période.
L'écart est de 4,9 points. Sur la pension moyenne de 1 626 € brut mesurée fin 2022, cela représente environ 80 € de pouvoir d'achat perdu chaque mois par rapport à 2017.
Comme si votre pension avait été amputée sans que personne ne signe le moindre décret. D'ailleurs, la DREES le confirme en toutes lettres : le montant moyen de la pension a reculé de 3,8 % en euros constants entre 2017 et 2023.
Et ce recul n'a rien d'accidentel. Il résulte de trois mécanismes qui se cumulent : les revalorisations dérogatoires (0,3 % en 2019 au lieu de l'inflation réelle), le gel pur et simple de l'Agirc-Arrco entre 2014 et 2017, et le décalage temporel entre la hausse des prix et l'ajustement des pensions.
Nous avons tous subi cette érosion, et si vous avez comme moi l'impression que votre train de vie se contracte année après année, ce n'est pas une impression. C'est un fait documenté par l'institution chargée de le mesurer.
L'écart est de 4,9 points. Sur la pension moyenne de 1 626 € brut mesurée fin 2022, cela représente environ 80 € de pouvoir d'achat perdu chaque mois par rapport à 2017.
Comme si votre pension avait été amputée sans que personne ne signe le moindre décret. D'ailleurs, la DREES le confirme en toutes lettres : le montant moyen de la pension a reculé de 3,8 % en euros constants entre 2017 et 2023.
Et ce recul n'a rien d'accidentel. Il résulte de trois mécanismes qui se cumulent : les revalorisations dérogatoires (0,3 % en 2019 au lieu de l'inflation réelle), le gel pur et simple de l'Agirc-Arrco entre 2014 et 2017, et le décalage temporel entre la hausse des prix et l'ajustement des pensions.
Nous avons tous subi cette érosion, et si vous avez comme moi l'impression que votre train de vie se contracte année après année, ce n'est pas une impression. C'est un fait documenté par l'institution chargée de le mesurer.
Le scénario que la Cour des comptes met sur la table
Pendant que le débat public se cristallise sur l'âge de départ (62 ans, 64 ans, 65 ans ?), un autre levier avance en silence. La Cour des comptes l'a chiffré dans son rapport du 20 février 2025 : sous-indexer les pensions d'un seul point par rapport à l'inflation rapporterait 2,9 milliards d'euros par an.
Et la Cour ne se contente pas de le chiffrer. Elle ajoute que l'effet négatif sur l'économie serait « relativement faible » compte tenu de la capacité d'épargne « en moyenne plus élevée » des retraités.
Autrement dit, vous pouvez encaisser. Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, est allé plus loin en avril 2025 sur franceinfo : l'idée d'indexer systématiquement les pensions sur l'inflation n'est selon lui « pas la bonne ».
Car elle peut aboutir à ce que le niveau de vie des retraités augmente plus vite que celui des actifs. La Cour propose à la place une indexation sur les salaires, associée à un « facteur de soutenabilité » lié au ratio actifs/retraités.
Jugez-en plutôt : en juillet 2025, le Comité de suivi des retraites a recommandé de sous-indexer les pensions pendant cinq ans pour ramener le système à l'équilibre. Le gouvernement avait déjà tenté le gel total dans le PLFSS 2026 initial, rejeté par les députés en commission en novembre 2025.
Le mécanisme a été repoussé, pas abandonné. Car la sous-indexation n'a rien de théorique : elle a déjà été pratiquée en 2014, en 2019 et en 2020.
À chaque fois, le gouvernement en place a invoqué l'urgence budgétaire, et à chaque fois, la mesure est restée en place sans compensation ultérieure. L'IPP le rappelait en avril 2025 : si la productivité reste faible, la sous-indexation deviendra un outil permanent de pilotage, pas un ajustement temporaire.
Et la Cour ne se contente pas de le chiffrer. Elle ajoute que l'effet négatif sur l'économie serait « relativement faible » compte tenu de la capacité d'épargne « en moyenne plus élevée » des retraités.
Autrement dit, vous pouvez encaisser. Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, est allé plus loin en avril 2025 sur franceinfo : l'idée d'indexer systématiquement les pensions sur l'inflation n'est selon lui « pas la bonne ».
Car elle peut aboutir à ce que le niveau de vie des retraités augmente plus vite que celui des actifs. La Cour propose à la place une indexation sur les salaires, associée à un « facteur de soutenabilité » lié au ratio actifs/retraités.
Jugez-en plutôt : en juillet 2025, le Comité de suivi des retraites a recommandé de sous-indexer les pensions pendant cinq ans pour ramener le système à l'équilibre. Le gouvernement avait déjà tenté le gel total dans le PLFSS 2026 initial, rejeté par les députés en commission en novembre 2025.
Le mécanisme a été repoussé, pas abandonné. Car la sous-indexation n'a rien de théorique : elle a déjà été pratiquée en 2014, en 2019 et en 2020.
À chaque fois, le gouvernement en place a invoqué l'urgence budgétaire, et à chaque fois, la mesure est restée en place sans compensation ultérieure. L'IPP le rappelait en avril 2025 : si la productivité reste faible, la sous-indexation deviendra un outil permanent de pilotage, pas un ajustement temporaire.
Combien vous perdez vraiment selon votre pension
Les chiffres abstraits ne disent rien tant qu'on ne les ramène pas à votre relevé bancaire. Voici ce que produit une sous-indexation d'un point par an, en supposant une inflation stable à 2 %, selon votre niveau de pension.
Et sur dix ans, l'effet de cumul devient vertigineux : pour une pension de 1 500 €, l'écart mensuel atteint 172 € et la perte cumulée dépasse 10 800 €. Ce n'est pas un scénario catastrophe, c'est la trajectoire exacte que décrit la Cour des comptes si rien ne change.
Reste que l'érosion a déjà commencé. La revalorisation de 2019 n'a été que de 0,3 %, celle de 2020 plafonnée à 0,3 % pour les pensions supérieures à 2 000 € brut.
L'Agirc-Arrco n'a rien versé entre 2014 et 2017, puis a gelé de nouveau en 2025. Chaque année de retard produit un décrochage qui ne se rattrape jamais, car la base de calcul ne remonte pas.
C'est le piège de la sous-indexation : contrairement à un gel ponctuel, elle ne produit pas un manque à gagner qu'on peut rattraper l'année suivante. Elle crée un écart permanent entre ce que votre pension devrait valoir et ce qu'elle vaut réellement.
Dix ans de sous-indexation d'un point, c'est une pension définitivement inférieure de 10 % à ce qu'elle aurait été avec une indexation complète. L'équation est brutale pour qui la regarde en face : pendant que le débat s'enflamme sur les 65 ans, votre pension perd du terrain chaque mois, et personne ne vous envoie de courrier pour vous prévenir.
Pension de 1 200 € ⚠️ Petite retraite
Écart mensuel après 5 ans
-64 € par mois
Perte cumulée sur 5 ans
2 248 €
Pension de 1 500 € ⚠️ Pension moyenne
Écart mensuel après 5 ans
-80 € par mois
Perte cumulée sur 5 ans
2 810 €
Pension de 2 000 € ⚠️ Pension supérieure
Écart mensuel après 5 ans
-106 € par mois
Perte cumulée sur 5 ans
3 747 €
Et sur dix ans, l'effet de cumul devient vertigineux : pour une pension de 1 500 €, l'écart mensuel atteint 172 € et la perte cumulée dépasse 10 800 €. Ce n'est pas un scénario catastrophe, c'est la trajectoire exacte que décrit la Cour des comptes si rien ne change.
Reste que l'érosion a déjà commencé. La revalorisation de 2019 n'a été que de 0,3 %, celle de 2020 plafonnée à 0,3 % pour les pensions supérieures à 2 000 € brut.
L'Agirc-Arrco n'a rien versé entre 2014 et 2017, puis a gelé de nouveau en 2025. Chaque année de retard produit un décrochage qui ne se rattrape jamais, car la base de calcul ne remonte pas.
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Ce qu'il faut retenir
- La revalorisation de 0,9 % en janvier 2026 ne compense pas l'érosion accumulée : entre 2017 et 2022, les pensions ont perdu 4,9 points de pouvoir d'achat par rapport à l'inflation.
- La Cour des comptes a chiffré la sous-indexation d'un point à 2,9 milliards d'euros d'économie par an, et le Comité de suivi des retraites recommande de l'appliquer pendant 5 ans.
- Sur une pension de 1 500 €, une sous-indexation d'un point par an produit une perte cumulée de 2 810 € en 5 ans et de 10 800 € en 10 ans.
- L'Agirc-Arrco est gelée depuis novembre 2025, amplifiant la perte réelle pour les 14 millions de retraités du privé.
Sources :
- Cour des comptes, rapport « Situation financière et perspectives du système de retraites », 20 février 2025
- DREES, Panorama « Les retraités et les retraites », édition 2025 (données 2023)
- Service-public.gouv.fr, revalorisation des pensions de base au 1er janvier 2026
- Comité de suivi des retraites, avis annuel, 10 juillet 2025
- Institut des politiques publiques (IPP), « Sous-indexer certaines pensions de retraite », avril 2025
- Cour des comptes, rapport « Situation financière et perspectives du système de retraites », 20 février 2025
- DREES, Panorama « Les retraités et les retraites », édition 2025 (données 2023)
- Service-public.gouv.fr, revalorisation des pensions de base au 1er janvier 2026
- Comité de suivi des retraites, avis annuel, 10 juillet 2025
- Institut des politiques publiques (IPP), « Sous-indexer certaines pensions de retraite », avril 2025

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