Ce qu'il faut retenir
- Une réunion décisive entre syndicats et patronat est programmée à la mi-mars, après cinq mois de blocage total
- Trois scénarios de revalorisation circulent dans les discussions — avec des écarts de plusieurs dizaines d'euros par an selon votre pension
- Si aucun accord n'émerge, les syndicats ont un plan B qui pourrait forcer la main au patronat avant l'été
Cinq mois de gel, une réunion qui peut tout débloquer
Depuis le 1er novembre 2025, la valeur de service du point Agirc-Arrco est figée à 1,4386 €. C'est la conséquence directe de l'échec des négociations du 17 octobre 2025 entre les organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) et le patronat (Medef, CPME, U2P). Ce soir-là, les syndicats avaient proposé une revalorisation comprise entre 0,8 % et 1 %. Le patronat a refusé, invoquant le coût de la suspension de la réforme des retraites inscrite dans la LFSS 2026.
Résultat : aucune hausse n'a été actée pour les 14 millions de retraités du privé dont la pension complémentaire dépend de ce point. C'est une année blanche inédite dans l'histoire récente du régime.
Mais le 28 janvier dernier, un tournant discret s'est produit. Réunis au siège du Medef pour fixer le calendrier des négociations sociales de 2026, les partenaires sociaux ont rouvert le dossier Agirc-Arrco. Côté syndical, le message a été clair : pas de discussion sur l'emploi des jeunes ni sur le modèle productif tant que la question des retraites complémentaires reste verrouillée. Côté patronal, le ton a changé : plusieurs responsables se sont dits « prêts à bouger », selon le quotidien Les Échos.
Une nouvelle réunion est désormais programmée à la mi-mars 2026, après la fin de la négociation sur l'assurance-chômage. C'est cette date qui concentre toutes les attentes.
Résultat : aucune hausse n'a été actée pour les 14 millions de retraités du privé dont la pension complémentaire dépend de ce point. C'est une année blanche inédite dans l'histoire récente du régime.
Mais le 28 janvier dernier, un tournant discret s'est produit. Réunis au siège du Medef pour fixer le calendrier des négociations sociales de 2026, les partenaires sociaux ont rouvert le dossier Agirc-Arrco. Côté syndical, le message a été clair : pas de discussion sur l'emploi des jeunes ni sur le modèle productif tant que la question des retraites complémentaires reste verrouillée. Côté patronal, le ton a changé : plusieurs responsables se sont dits « prêts à bouger », selon le quotidien Les Échos.
Une nouvelle réunion est désormais programmée à la mi-mars 2026, après la fin de la négociation sur l'assurance-chômage. C'est cette date qui concentre toutes les attentes.
Les trois scénarios sur la table — et ce qu'ils changent sur votre relevé
Aucun chiffre officiel n'est encore arrêté. Mais les fourchettes évoquées à l'automne restent celles qui structurent les discussions. Pour mesurer l'impact concret sur votre pension, voici une simulation sur trois niveaux de revalorisation, appliquée à trois profils de pension complémentaire brute :
Ces montants peuvent paraître modestes pris isolément. Mais ils sont cumulatifs : une revalorisation de 1 % appliquée à une pension moyenne de 750 € représente 90 € de plus par an, chaque année. Et surtout, l'enjeu n'est pas seulement le pourcentage : c'est la date d'effet. Une revalorisation décidée en mars mais appliquée en novembre — le scénario le plus probable — ne produirait ses effets que sur les deux derniers mois de 2026. Un rattrapage rétroactif au 1er janvier changerait tout, mais aucune source ne l'envisage à ce stade.
+0,5 % Scénario prudent
Pension de 400 €/mois (moyenne)
+2 €/mois soit +24 €/an
Pension de 750 €/mois (carrière complète)
+3,75 €/mois soit +45 €/an
Pension de 1 200 €/mois (cadre)
+6 €/mois soit +72 €/an
+0,8 % Scénario médian
Pension de 400 €/mois (moyenne)
+3,20 €/mois soit +38,40 €/an
Pension de 750 €/mois (carrière complète)
+6 €/mois soit +72 €/an
Pension de 1 200 €/mois (cadre)
+9,60 €/mois soit +115,20 €/an
+1 % Scénario syndical
Pension de 400 €/mois (moyenne)
+4 €/mois soit +48 €/an
Pension de 750 €/mois (carrière complète)
+7,50 €/mois soit +90 €/an
Pension de 1 200 €/mois (cadre)
+12 €/mois soit +144 €/an
Ces montants peuvent paraître modestes pris isolément. Mais ils sont cumulatifs : une revalorisation de 1 % appliquée à une pension moyenne de 750 € représente 90 € de plus par an, chaque année. Et surtout, l'enjeu n'est pas seulement le pourcentage : c'est la date d'effet. Une revalorisation décidée en mars mais appliquée en novembre — le scénario le plus probable — ne produirait ses effets que sur les deux derniers mois de 2026. Un rattrapage rétroactif au 1er janvier changerait tout, mais aucune source ne l'envisage à ce stade.
Le plan B des syndicats : la justice comme levier
Si la réunion de mi-mars n'aboutit pas, les syndicats ont annoncé qu'ils n'en resteraient pas là. Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT, a déclaré auprès du site Merci pour l'Info que les organisations syndicales envisagent de « saisir la justice pour contraindre le patronat à revaloriser les pensions versées par l'Agirc-Arrco », comme le rapporte MoneyVox.
L'action reposerait sur l'interprétation de l'Accord National Interprofessionnel (ANI) du 5 octobre 2023, qui encadre le régime jusqu'en 2026. Cet accord prévoit un mécanisme d'indexation des pensions sur l'inflation hors tabac, diminué de 0,4 point, avec une marge de manœuvre liée à la santé financière du régime. Or, les réserves de l'Agirc-Arrco restent élevées — un argument que les syndicats comptent utiliser pour démontrer que le gel n'est pas justifié par l'état des comptes.
Le calendrier le plus plausible, si les négociations reprennent favorablement, ressemblerait à un accord en vue de la revalorisation habituelle de novembre 2026. Pas un rattrapage immédiat, mais la fin du gel — et un signal politique fort pour les 14 millions de retraités concernés.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant :
L'action reposerait sur l'interprétation de l'Accord National Interprofessionnel (ANI) du 5 octobre 2023, qui encadre le régime jusqu'en 2026. Cet accord prévoit un mécanisme d'indexation des pensions sur l'inflation hors tabac, diminué de 0,4 point, avec une marge de manœuvre liée à la santé financière du régime. Or, les réserves de l'Agirc-Arrco restent élevées — un argument que les syndicats comptent utiliser pour démontrer que le gel n'est pas justifié par l'état des comptes.
Le calendrier le plus plausible, si les négociations reprennent favorablement, ressemblerait à un accord en vue de la revalorisation habituelle de novembre 2026. Pas un rattrapage immédiat, mais la fin du gel — et un signal politique fort pour les 14 millions de retraités concernés.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant :
- Vérifiez votre nombre de points sur votre espace personnel Agirc-Arrco pour calculer l'impact exact d'une revalorisation sur votre pension
- Consultez votre taux de CSG sur votre avis d'impôt 2025 : une hausse de pension pourrait vous faire franchir un seuil de prélèvement
- Suivez les annonces après la réunion de mi-mars — SeniorActu vous informera dès qu'un accord ou un échec sera acté
Sources :
- Agirc-Arrco, valeur de service du point au 1er novembre 2025
- Les Échos, compte-rendu de la réunion du 28 janvier 2026 au Medef
- Merci pour l'Info, déclaration de Denis Gravouil (CGT) sur le recours judiciaire, février 2026
- Accord National Interprofessionnel du 5 octobre 2023 relatif au régime Agirc-Arrco
- Agirc-Arrco, valeur de service du point au 1er novembre 2025
- Les Échos, compte-rendu de la réunion du 28 janvier 2026 au Medef
- Merci pour l'Info, déclaration de Denis Gravouil (CGT) sur le recours judiciaire, février 2026
- Accord National Interprofessionnel du 5 octobre 2023 relatif au régime Agirc-Arrco

Par 
