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Sur 64 produits testés, 49 contaminés et 27 pesticides bannis
Sur les soixante-quatre produits passés au crible par le laboratoire mandaté par Foodwatch, quarante-neuf contiennent des résidus de pesticides. Et parmi les cinquante-quatre substances actives détectées, vingt-sept sont tout bonnement interdites au niveau européen.
Sur les quinze références françaises analysées, douze sont touchées : toutes les épices, toutes les marques de thé du panel. Le paprika doux moulu de Ducros cumule à lui seul dix-huit résidus différents, dont six bannis.
Le riz Le Thaï de Taureau Ailé et le paprika Ducros dépassent même les limites maximales de résidus encore en vigueur. L'ONG a demandé leur retrait immédiat aux autorités sanitaires.
Sur les quinze références françaises analysées, douze sont touchées : toutes les épices, toutes les marques de thé du panel. Le paprika doux moulu de Ducros cumule à lui seul dix-huit résidus différents, dont six bannis.
Le riz Le Thaï de Taureau Ailé et le paprika Ducros dépassent même les limites maximales de résidus encore en vigueur. L'ONG a demandé leur retrait immédiat aux autorités sanitaires.
Le « pesticide boomerang » : interdit ici, exporté, ré-importé
Le mot a fait son entrée dans le vocabulaire de Bruxelles. Le « pesticide boomerang », c'est cette substance qu'on interdit ici parce qu'elle empoisonne, et qu'on autorise pourtant à produire sur le sol européen pour la vendre ailleurs.
Le bénomyl est banni de l'Union européenne depuis 2002, le carbendazime depuis le 30 novembre 2014. Le glufosinate a suivi le 31 juillet 2018, le mancozèbe le 19 octobre 2020 et le thiophanate-méthyl le 4 janvier 2021.
Pourtant ces molécules continuent de sortir des usines françaises et allemandes. Elles sont pulvérisées sur des champs de riz en Asie, sur des théiers chinois, sur des champs de paprika hongrois ou turcs.
Et elles reviennent dans nos placards sous forme de traces. C'est le principe du boomerang : interdites parce que dangereuses pour nos agriculteurs, ré-importées parce que rentables pour les multinationales de l'agrochimie.
Le bénomyl est banni de l'Union européenne depuis 2002, le carbendazime depuis le 30 novembre 2014. Le glufosinate a suivi le 31 juillet 2018, le mancozèbe le 19 octobre 2020 et le thiophanate-méthyl le 4 janvier 2021.
Pourtant ces molécules continuent de sortir des usines françaises et allemandes. Elles sont pulvérisées sur des champs de riz en Asie, sur des théiers chinois, sur des champs de paprika hongrois ou turcs.
Et elles reviennent dans nos placards sous forme de traces. C'est le principe du boomerang : interdites parce que dangereuses pour nos agriculteurs, ré-importées parce que rentables pour les multinationales de l'agrochimie.
Pourquoi votre tasse de thé concentre ces résidus
Pour comprendre pourquoi ces résidus se concentrent dans votre tasse de thé du matin, il faut suivre la chaîne de traitement. Le théier est une plante extrêmement sensible aux insectes, et les exploitations chinoises ou indiennes pulvérisent massivement.
Le procédé d'infusion concentre par ailleurs les molécules liposolubles présentes sur la feuille. Vous buvez littéralement un extrait des pesticides dont elle a été aspergée.
Le paprika subit un parcours différent mais aussi délétère. Le piment est récolté en Espagne, en Hongrie ou en Turquie, puis séché et broyé pendant des semaines.
Le ratio de matière sèche multiplie mécaniquement la concentration des résidus. Quant au riz, la rizière inondée concentre les substances de l'eau d'irrigation dans le grain qui pousse.
Le procédé d'infusion concentre par ailleurs les molécules liposolubles présentes sur la feuille. Vous buvez littéralement un extrait des pesticides dont elle a été aspergée.
Le paprika subit un parcours différent mais aussi délétère. Le piment est récolté en Espagne, en Hongrie ou en Turquie, puis séché et broyé pendant des semaines.
Le ratio de matière sèche multiplie mécaniquement la concentration des résidus. Quant au riz, la rizière inondée concentre les substances de l'eau d'irrigation dans le grain qui pousse.
Ce que dit l'Inserm sur les pathologies après 60 ans
27 pesticides bannis et pourtant toujours présents dans certains produits alimentaires © SeniorActu.com
L'expertise collective Inserm de 2021 est claire sur le sujet. Une présomption forte de lien existe entre exposition aux pesticides et six pathologies majeures : lymphomes non hodgkiniens, myélome multiple, cancer de la prostate, maladie de Parkinson, troubles cognitifs et bronchopneumopathie chronique obstructive (avec la bronchite chronique).
Or ces six maladies frappent statistiquement davantage après 60 ans. La maladie de Parkinson, par exemple, touche aujourd'hui en France près de deux cent mille personnes, dont la grande majorité a passé le cap de la retraite.
C'est précisément ce que Foodwatch a mesuré dans nos rayons. Et les pesticides détectés sur le paprika Ducros et le riz Taureau Ailé appartiennent justement aux familles incriminées par l'institut français.
Or ces six maladies frappent statistiquement davantage après 60 ans. La maladie de Parkinson, par exemple, touche aujourd'hui en France près de deux cent mille personnes, dont la grande majorité a passé le cap de la retraite.
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Parkinson : un test sanguin pourrait détecter la maladie 10 ans plus tôt
L'Inserm précise que les études se sont concentrées sur l'exposition professionnelle des agriculteurs, mieux documentée. Mais les chercheurs alertent depuis des années sur les expositions chroniques à faible dose via l'alimentation. Parkinson : un test sanguin pourrait détecter la maladie 10 ans plus tôt
C'est précisément ce que Foodwatch a mesuré dans nos rayons. Et les pesticides détectés sur le paprika Ducros et le riz Taureau Ailé appartiennent justement aux familles incriminées par l'institut français.
L'arrêté français du 5 janvier 2026 ne cible que 5 substances très toxiques
Le 5 janvier dernier, le gouvernement français a publié au Journal officiel un arrêté inédit. Pour la première fois, la France a unilatéralement suspendu l'importation, l'introduction et la mise sur le marché de denrées venant de pays tiers contenant cinq substances précises.
Carbendazime, bénomyl, glufosinate, thiophanate-méthyl, mancozèbe. Ces cinq molécules ont été retenues pour leur très haute toxicité documentée : classées cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques par l'Echa et l'AESA, et perturbateurs endocriniens pour plusieurs d'entre elles.
Le Conseil d'État a validé cet arrêté le 13 mai 2026, balayant le recours des importateurs. Une victoire judiciaire pour le principe de précaution sanitaire.
Mais Générations Futures, qui salue la mesure, en pointe aussi les limites : selon l'association, plus de soixante-dix substances interdites d'utilisation en Europe gardent aujourd'hui une limite maximale de résidus au-dessus du seuil de détection. La sélection française de cinq substances reste donc un premier verrou, pas une protection complète.
Carbendazime, bénomyl, glufosinate, thiophanate-méthyl, mancozèbe. Ces cinq molécules ont été retenues pour leur très haute toxicité documentée : classées cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques par l'Echa et l'AESA, et perturbateurs endocriniens pour plusieurs d'entre elles.
Le Conseil d'État a validé cet arrêté le 13 mai 2026, balayant le recours des importateurs. Une victoire judiciaire pour le principe de précaution sanitaire.
Mais Générations Futures, qui salue la mesure, en pointe aussi les limites : selon l'association, plus de soixante-dix substances interdites d'utilisation en Europe gardent aujourd'hui une limite maximale de résidus au-dessus du seuil de détection. La sélection française de cinq substances reste donc un premier verrou, pas une protection complète.
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Quelle est la différence entre retrait et rappel des produits ?
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L'Omnibus européen qui pourrait rouvrir le robinet
Pendant que la France ferme partiellement le robinet, la Commission européenne s'apprête à le rouvrir en grand. Le projet « Food and Feed Safety Omnibus », attendu pour les prochaines semaines, prévoit d'affaiblir les contrôles aux frontières et les processus d'évaluation de sécurité des pesticides.
Les limites maximales de résidus pourraient être relevées en bloc, les délais d'évaluation des substances actives raccourcis. Et les inspections sanitaires sur les aliments importés desserrées.
Foodwatch parle d'un « retour en arrière inquiétant ». L'Anses, Générations Futures et plusieurs ONG européennes ont déposé un appel commun pour bloquer le texte.
La pétition « Stop Omnibus » a déjà recueilli plus de soixante-quinze mille signatures. Reste à voir si la mobilisation citoyenne pèsera face au lobby agrochimique qui défend la simplification réglementaire avec une efficacité jamais démentie.
Les limites maximales de résidus pourraient être relevées en bloc, les délais d'évaluation des substances actives raccourcis. Et les inspections sanitaires sur les aliments importés desserrées.
Foodwatch parle d'un « retour en arrière inquiétant ». L'Anses, Générations Futures et plusieurs ONG européennes ont déposé un appel commun pour bloquer le texte.
La pétition « Stop Omnibus » a déjà recueilli plus de soixante-quinze mille signatures. Reste à voir si la mobilisation citoyenne pèsera face au lobby agrochimique qui défend la simplification réglementaire avec une efficacité jamais démentie.
Sources :
- Foodwatch France, « Pesticides interdits en Europe : foodwatch confirme la présence de substances dangereuses dans nos assiettes », 19 mai 2026
- Foodwatch International, rapport « Banned Pesticides on the Menu: Residues Found in Tea, Rice and Spices, Laboratory tests 2026 »
- Arrêté du 5 janvier 2026, Journal officiel et Légifrance JORFTEXT000053313910
- Conseil d'État, décision du 13 mai 2026 validant l'arrêté du 5 janvier 2026
- Inserm, expertise collective « Pesticides et effets sur la santé : nouvelles données », 30 juin 2021
- Générations Futures, décryptage de l'arrêté du 5 janvier 2026, publié le 8 janvier 2026
- Foodwatch France, « Pesticides interdits en Europe : foodwatch confirme la présence de substances dangereuses dans nos assiettes », 19 mai 2026
- Foodwatch International, rapport « Banned Pesticides on the Menu: Residues Found in Tea, Rice and Spices, Laboratory tests 2026 »
- Arrêté du 5 janvier 2026, Journal officiel et Légifrance JORFTEXT000053313910
- Conseil d'État, décision du 13 mai 2026 validant l'arrêté du 5 janvier 2026
- Inserm, expertise collective « Pesticides et effets sur la santé : nouvelles données », 30 juin 2021
- Générations Futures, décryptage de l'arrêté du 5 janvier 2026, publié le 8 janvier 2026


