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Parkinson : un test sanguin pourrait détecter la maladie 10 ans plus tôt

Par | Publié le 30/01/2026 à 11:27

Des chercheurs suédois et norvégiens viennent d'identifier des biomarqueurs sanguins capables de détecter la maladie de Parkinson bien avant l'apparition des premiers symptômes moteurs. Cette découverte, publiée ce jeudi 29 janvier 2026, ouvre la voie à un diagnostic précoce par simple prise de sang, qui pourrait être testé en milieu hospitalier d'ici cinq ans.


Ce qu'il faut retenir

  1. Des chercheurs ont découvert des biomarqueurs détectables dans le sang pendant la phase prodromique de Parkinson
  2. Cette fenêtre de détection peut s'ouvrir jusqu'à 20 ans avant les premiers tremblements
  3. Les tests sanguins pourraient être expérimentés en milieu hospitalier d'ici 5 ans
  4. En France, 270 000 personnes sont touchées et le diagnostic intervient souvent quand 50 à 80% des neurones sont déjà détruits
  5. Certains signes avant-coureurs (perte d'odorat, troubles du sommeil, constipation) méritent une attention particulière
Tube de prélèvement sanguin tenu par des mains de personne âgée pour dépistage Parkinson © SeniorActu
Tube de prélèvement sanguin tenu par des mains de personne âgée pour dépistage Parkinson © SeniorActu

Une avancée majeure pour le diagnostic précoce

La maladie de Parkinson pourrait bientôt être détectée des années avant l'apparition des premiers tremblements. C'est l'espoir que suscite une étude publiée ce jeudi 29 janvier 2026 dans la revue scientifique npj Parkinson's Disease. Une équipe internationale, menée par l'Université de technologie Chalmers en Suède et l'Hôpital universitaire d'Oslo en Norvège, a réussi à identifier des biomarqueurs présents dans le sang pendant la phase précoce de la maladie.

Cette découverte représente une avancée majeure dans la lutte contre cette pathologie neurodégénérative, la deuxième plus fréquente après la maladie d'Alzheimer. « Au moment où les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson apparaissent, 50 à 80% des cellules cérébrales concernées sont souvent déjà endommagées ou détruites », explique Danish Anwer, doctorant à Chalmers et premier auteur de l'étude. Les chercheurs ont découvert que certaines activités génétiques, liées à la réparation de l'ADN et à la réponse au stress cellulaire, laissent des traces mesurables dans le sang.

Fait remarquable : ces marqueurs ne sont détectables que pendant une période limitée, au tout début de la maladie. Ils disparaissent ensuite lorsque la pathologie progresse. Cette particularité ouvre ce que les scientifiques appellent une « fenêtre d'opportunité » pour un diagnostic anticipé, potentiellement jusqu'à 20 ans avant l'apparition des premiers tremblements.

Des tests sanguins en hôpital d'ici cinq ans

L'enjeu est considérable pour les 270 000 personnes touchées par la maladie de Parkinson en France, auxquelles s'ajoutent 25 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Le ministère de la Santé rappelle que près d'un malade sur deux est diagnostiqué à 58 ans en moyenne, alors qu'il est encore en âge d'exercer une activité professionnelle. À l'échelle mondiale, près de 12 millions de personnes sont concernées, un chiffre qui pourrait plus que doubler d'ici 2050 pour atteindre 25,2 millions selon les projections de France Parkinson. Le vieillissement de la population explique 89% de cette augmentation prévisible.

« Notre étude met en évidence des biomarqueurs qui reflètent probablement une partie de la biologie précoce de la maladie et montre qu'ils peuvent être mesurés dans le sang », précise Annikka Polster, professeure assistante au département des sciences de la vie à Chalmers, qui a dirigé ces travaux. « Cela ouvre la voie à des tests de dépistage à grande échelle via des prises de sang : une méthode économique et facilement accessible. »

Les chercheurs estiment que des tests sanguins pour le diagnostic précoce de Parkinson pourraient commencer à être expérimentés en milieu hospitalier d'ici cinq ans. À plus long terme, ces découvertes pourraient également contribuer au développement de traitements préventifs, un domaine où les avancées restent encore limitées.

« Si nous pouvons étudier ces mécanismes au moment où ils se produisent, cela pourrait fournir des clés importantes pour comprendre comment les arrêter et quels médicaments pourraient être efficaces », ajoute la chercheuse. « Cela pourrait impliquer de nouveaux médicaments, mais aussi le repositionnement de molécules développées pour d'autres pathologies. »

Une phase silencieuse qui peut durer 20 ans

Actuellement, le diagnostic de la maladie de Parkinson repose essentiellement sur l'observation clinique des symptômes moteurs : tremblements au repos, rigidité musculaire, lenteur des mouvements. Problème : ces signes n'apparaissent que tardivement, lorsque les dégâts cérébraux sont déjà considérables. Il n'existe à ce jour aucun examen sanguin ou d'imagerie qui permette d'établir le diagnostic avec certitude.

Avant cette phase visible, la maladie évolue silencieusement pendant ce qu'on appelle la phase prodromique, qui peut durer de 5 à 20 ans selon les patients. Durant cette période, le cerveau compense la perte progressive des neurones à dopamine grâce à sa plasticité. Les symptômes moteurs ne se manifestent que lorsque cette compensation n'est plus possible, c'est-à-dire quand la majorité des neurones dopaminergiques a été détruite.

C'est précisément cette phase précoce que les biomarqueurs identifiés par l'équipe suédo-norvégienne permettraient de détecter. Une avancée cruciale, car comme le rappelle l'Inserm, il n'existe actuellement aucun traitement capable de stopper ou de ralentir l'évolution de la maladie. Les médicaments disponibles ne font que compenser le déficit en dopamine pour atténuer les symptômes.

Une phase silencieuse qui peut durer 20 ans

Actuellement, le diagnostic de la maladie de Parkinson repose essentiellement sur l'observation clinique des symptômes moteurs : tremblements au repos, rigidité musculaire, lenteur des mouvements. Problème : ces signes n'apparaissent que tardivement, lorsque les dégâts cérébraux sont déjà considérables. Il n'existe à ce jour aucun examen sanguin ou d'imagerie qui permette d'établir le diagnostic avec certitude.

Avant cette phase visible, la maladie évolue silencieusement pendant ce qu'on appelle la phase prodromique, qui peut durer de 5 à 20 ans selon les patients. Durant cette période, le cerveau compense la perte progressive des neurones à dopamine grâce à sa plasticité. Les symptômes moteurs ne se manifestent que lorsque cette compensation n'est plus possible, c'est-à-dire quand la majorité des neurones dopaminergiques a été détruite.

C'est précisément cette phase précoce que les biomarqueurs identifiés par l'équipe suédo-norvégienne permettraient de détecter. Une avancée cruciale, car comme le rappelle l'Inserm, il n'existe actuellement aucun traitement capable de stopper ou de ralentir l'évolution de la maladie. Les médicaments disponibles ne font que compenser le déficit en dopamine pour atténuer les symptômes.

Les signaux d'alerte à ne pas ignorer

En attendant la mise au point de ces tests sanguins, certains signes avant-coureurs méritent une attention particulière. Selon France Parkinson, plusieurs symptômes non moteurs peuvent se manifester 10 à 20 ans avant le diagnostic :
 
  • Troubles du comportement en sommeil paradoxal : mouvements brusques, parfois violents, accompagnant les rêves. Ce symptôme est particulièrement évocateur lorsqu'il apparaît sans raison apparente.
  • Perte de l'odorat (anosmie), souvent progressive et passant inaperçue au quotidien.
  • Constipation chronique inexpliquée, persistant malgré une alimentation équilibrée.
  • Dépression ou anxiété sans cause apparente, pouvant précéder les symptômes moteurs de plusieurs années.
  • Fatigue intense et persistante, non soulagée par le repos.
Pris isolément, ces symptômes ne signifient pas nécessairement une maladie de Parkinson. Mais leur association, particulièrement chez les personnes de plus de 55 ans, justifie une consultation auprès d'un neurologue. Le diagnostic précoce reste en effet le meilleur moyen de préserver la qualité de vie le plus longtemps possible et de bénéficier d'une prise en charge adaptée dès les premiers stades de la maladie.

Sources :
- Chalmers University of Technology / EurekAlert, 29 janvier 2026
- npj Parkinson's Disease, étude DOI: 10.1038/s41531-025-01194-7
- Inserm, dossier Maladie de Parkinson
- France Parkinson
- Ministère de la Santé




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