D'où vient le 1,6 % que tout le monde reprend
Le rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS), présenté le 28 mai 2026, contient une estimation d'inflation entre novembre 2025 et octobre 2026 fixée à 1,6 %. C'est ce chiffre qui sert de base au calcul de la revalorisation des pensions de retraite de base au 1er janvier.
La formule est inscrite dans le Code de la Sécurité sociale : la hausse annuelle des pensions correspond à la moyenne des prix à la consommation hors tabac mesurée par l'INSEE sur douze mois, de novembre N-2 à octobre N-1.
Sur cette base, vos pensions versées par la Cnav, les Carsat, le SRE ou la MSA augmenteraient de 1,6 % en janvier 2027. Après le +0,9 % de janvier 2026, le chiffre semble presque rassurant.
Sauf que cette projection repose sur les données disponibles fin mai. Et depuis, l'inflation a continué de monter.
La formule est inscrite dans le Code de la Sécurité sociale : la hausse annuelle des pensions correspond à la moyenne des prix à la consommation hors tabac mesurée par l'INSEE sur douze mois, de novembre N-2 à octobre N-1.
Sur cette base, vos pensions versées par la Cnav, les Carsat, le SRE ou la MSA augmenteraient de 1,6 % en janvier 2027. Après le +0,9 % de janvier 2026, le chiffre semble presque rassurant.
Sauf que cette projection repose sur les données disponibles fin mai. Et depuis, l'inflation a continué de monter.
Ce que les cinq derniers mois d'inflation changent à l'équation
En février 2026, l'inflation annuelle était encore à 0,9 %. En mars, elle est passée à 1,7 %, puis à 2,2 % en avril et 2,4 % en mai selon l'estimation provisoire de l'INSEE.
Le moteur principal est l'énergie. Les prix des produits pétroliers ont bondi de 31,4 % sur un an en avril, tirés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient autour du détroit d'Ormuz.
Le gazole a augmenté de 42,1 % sur un an, les combustibles liquides de 58,9 %. Vous le voyez à la pompe, et vos petits-enfants aussi.
Si cette trajectoire se maintient sur l'été, la moyenne annuelle de novembre 2025 à octobre 2026 sera mécaniquement plus élevée que les 1,6 % estimés fin mai. Le rapport d'octobre de la CCSS devrait réviser cette projection à la hausse.
Pour nous qui lisons les indices de prix chaque mois, le schéma est connu : un premier chiffre prudent en mai, une correction en octobre quand les données d'été entrent dans le calcul. En janvier 2024, la revalorisation finale s'était établie à +5,3 %, bien au-dessus des premières estimations publiées quelques mois plus tôt.
Le moteur principal est l'énergie. Les prix des produits pétroliers ont bondi de 31,4 % sur un an en avril, tirés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient autour du détroit d'Ormuz.
Le gazole a augmenté de 42,1 % sur un an, les combustibles liquides de 58,9 %. Vous le voyez à la pompe, et vos petits-enfants aussi.
Si cette trajectoire se maintient sur l'été, la moyenne annuelle de novembre 2025 à octobre 2026 sera mécaniquement plus élevée que les 1,6 % estimés fin mai. Le rapport d'octobre de la CCSS devrait réviser cette projection à la hausse.
Pour nous qui lisons les indices de prix chaque mois, le schéma est connu : un premier chiffre prudent en mai, une correction en octobre quand les données d'été entrent dans le calcul. En janvier 2024, la revalorisation finale s'était établie à +5,3 %, bien au-dessus des premières estimations publiées quelques mois plus tôt.
Le précédent que votre caisse de retraite ne vous rappellera pas
En 2019, l'inflation sur la période de référence s'établissait à environ 1,6 %. La formule légale aurait dû donner une revalorisation équivalente.
Le gouvernement a décidé autrement : les pensions de base n'ont été revalorisées que de 0,3 %, première sous-indexation depuis la création du mécanisme d'ajustement automatique. En 2020, même scénario, même amputation.
Sur ces deux années, le manque à gagner cumulé pour une pension de base de 1 200 euros dépassait 250 euros par an, définitifs, jamais rattrapés. Votre relevé de pension n'affiche pas ces lignes manquantes.
Le précédent est d'autant plus éclairant qu'en décembre 2025, le gouvernement a tenté un gel total des pensions de base dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le Parlement l'a rejeté et la formule légale a été appliquée (d'où le +0,9 % de janvier 2026).
Or le déficit de la Sécurité sociale est passé de 19,4 milliards projetés à 23,2 milliards estimés pour 2026, selon le même rapport de la CCSS. La Cour des comptes a confirmé le 27 mai un déficit de 21,6 milliards en 2025, le plus élevé depuis 2012 hors années Covid.
Avec un déficit qui s'aggrave et une inflation qui remonte, le PLFSS pour 2027 pourrait reprendre l'idée d'une sous-indexation. Serge Papin, ministre des PME et du Pouvoir d'achat, a d'ailleurs testé le 29 mai sur RMC l'hypothèse d'un gel des pensions au-dessus de 3 000 euros.
Je couvre ces arbitrages depuis vingt-deux ans et la mécanique ne change pas : un ministre teste une idée en fin de semaine, les médias la relaient, et six mois plus tard le budget de la Sécu l'intègre en variante adoucie. En 2019, c'est exactement ce qui s'est passé.
Votre hausse de janvier 2027 dépend donc de deux forces qui jouent en sens inverse : l'inflation qui monte et qui pousse le taux vers le haut, et la contrainte budgétaire qui pourrait amener le gouvernement à rogner le résultat.
Le gouvernement a décidé autrement : les pensions de base n'ont été revalorisées que de 0,3 %, première sous-indexation depuis la création du mécanisme d'ajustement automatique. En 2020, même scénario, même amputation.
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Retraite : pourquoi votre pension vaut moins qu'il y a cinq ans malgré trois revalorisations
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Combien en euros sur votre pension
La pension moyenne de droit direct s'établissait à 1 705 euros bruts par mois fin 2024, selon les derniers chiffres de la DREES publiés le 26 mai 2026. Si l'on applique le taux de 1,6 % sur cette base : 27,28 euros de plus par mois, soit 327,36 euros sur l'année.
Si l'inflation maintient son rythme actuel et que le taux final monte à 2,0 %, la même pension gagnerait 34,10 euros par mois (409,20 euros sur l'année). À 2,4 %, le niveau de mai 2026, ce serait 40,92 euros par mois.
L'écart entre le scénario bas (1,6 %) et le scénario haut (2,4 %) représente 163,68 euros par an pour une pension de 1 705 euros. Ce n'est pas rien quand on paye son plein de gazole chaque semaine.
Ces chiffres concernent uniquement les pensions de base. Les complémentaires Agirc-Arrco sont revalorisées séparément au 1er novembre 2026, selon des critères différents, et leur hausse est attendue entre 1 % et 2 % après le gel de novembre 2025.
Si l'inflation maintient son rythme actuel et que le taux final monte à 2,0 %, la même pension gagnerait 34,10 euros par mois (409,20 euros sur l'année). À 2,4 %, le niveau de mai 2026, ce serait 40,92 euros par mois.
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Ce qui se jouera entre juin et décembre 2026
Le rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) attendu le 11 juin 2026 remettra sur la table les projections d'équilibre à long terme du système. Il servira de base aux arbitrages politiques de l'automne.
En octobre, la CCSS publiera ses prévisions actualisées avec les données d'inflation de l'été. Ce sera le chiffre quasi définitif.
En décembre, le taux officiel de revalorisation sera annoncé. Et dans le même calendrier, le PLFSS pour 2027 sera débattu au Parlement, avec ou sans clause de sous-indexation.
Le 1,6 % que toute la presse affiche aujourd'hui n'est pas un résultat. C'est un point de départ, et personne ne sait encore dans quelle direction il bougera.
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En décembre, le taux officiel de revalorisation sera annoncé. Et dans le même calendrier, le PLFSS pour 2027 sera débattu au Parlement, avec ou sans clause de sous-indexation.
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