Lundi, Bruxelles a fixé un calendrier en trois étapes
Le calendrier tient en trois étapes, et la dernière est celle qui vous regarde. Lundi 28 septembre, la Commission européenne a adopté une proposition de recommandation adressée aux Vingt-Sept sur les bilans de santé cardiovasculaire. Elle demande qu'avant 35 ans, chacun ait fait au moins un bilan. Entre 35 et 64 ans, elle préconise un contrôle systématique au moins tous les cinq ans, plus rapproché si le risque est élevé.
C'est l'âge de départ qui a fait les gros titres. Pourtant, la troisième étape vous concerne bien davantage, et quasiment personne ne l'a mise en avant : passé 65 ans, Bruxelles vise un bilan tous les trois à cinq ans. L'annonce accompagne la première Semaine européenne du dépistage, organisée jusqu'au 4 octobre, et une campagne baptisée « Connaître ses chiffres ».
C'est l'âge de départ qui a fait les gros titres. Pourtant, la troisième étape vous concerne bien davantage, et quasiment personne ne l'a mise en avant : passé 65 ans, Bruxelles vise un bilan tous les trois à cinq ans. L'annonce accompagne la première Semaine européenne du dépistage, organisée jusqu'au 4 octobre, et une campagne baptisée « Connaître ses chiffres ».
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Après 65 ans, un bilan tous les trois à cinq ans
Pourquoi resserrer le rythme après 65 ans ? Parce que le risque grimpe avec l'âge, et que les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité dans l'Union. Selon la Commission, elles emportent environ 1,7 million d'Européens chaque année et coûtent plus de 282 milliards d'euros par an. Elle estime aussi que jusqu'à 80 % de ces maladies peuvent être évitées en agissant sur leurs facteurs de risque.
Ces facteurs ont un point commun : ils ne font pas mal. Une tension trop haute, un excès de cholestérol, un sucre sanguin qui dérive, un tour de taille qui s'arrondit, rien de tout cela ne se sent au quotidien. D'après les chiffres diffusés par Bruxelles, l'hypertension touche près d'un adulte sur quatre, et plus d'une personne sur deux a un cholestérol trop élevé. Et la Fédération internationale du diabète estime qu'en Europe, une personne diabétique sur quatre n'a jamais été diagnostiquée.
Le bilan envisagé pour les plus de 65 ans va donc plus loin qu'une simple prise de tension. Il peut comprendre des examens complémentaires comme un électrocardiogramme et une vérification du pouls, qui permet de repérer un rythme cardiaque irrégulier. Le texte laisse chaque pays décider du contenu exact, en fonction du profil de la personne.
Ces facteurs ont un point commun : ils ne font pas mal. Une tension trop haute, un excès de cholestérol, un sucre sanguin qui dérive, un tour de taille qui s'arrondit, rien de tout cela ne se sent au quotidien. D'après les chiffres diffusés par Bruxelles, l'hypertension touche près d'un adulte sur quatre, et plus d'une personne sur deux a un cholestérol trop élevé. Et la Fédération internationale du diabète estime qu'en Europe, une personne diabétique sur quatre n'a jamais été diagnostiquée.
Le bilan envisagé pour les plus de 65 ans va donc plus loin qu'une simple prise de tension. Il peut comprendre des examens complémentaires comme un électrocardiogramme et une vérification du pouls, qui permet de repérer un rythme cardiaque irrégulier. Le texte laisse chaque pays décider du contenu exact, en fonction du profil de la personne.
Une recommandation, pas encore une obligation
Rien de tout cela ne s'impose encore à vous. Le texte n'est qu'une proposition de recommandation : les ministres de la Santé des Vingt-Sept devront l'adopter, et chaque pays restera libre de l'appliquer à sa manière. D'après le document consulté par Euractiv, les États seront seulement invités à rendre compte de sa mise en œuvre dans les trois ans suivant son adoption. Aucune convocation n'arrivera ainsi dans votre boîte aux lettres cet automne.
Ce que votre carte Vitale couvre déjà
Le dispositif français qui s'en rapproche le plus existe depuis 2024 et s'appelle « Mon bilan prévention ». Il s'agit d'un échange de 30 à 45 minutes avec un professionnel de santé, sur vos habitudes de vie et sur ce qui vous préoccupe. Comme le précise l'Assurance maladie, il sert notamment à prévenir le diabète et les maladies cardiovasculaires, et il est pris en charge à 100 %, sans aucun frais à avancer.
Mais il ne se présente pas à n'importe quel âge. Deux fenêtres comptent après 60 ans : la première entre 60 et 65 ans, la seconde entre 70 et 75 ans, avec un seul bilan par tranche. Vous pouvez le faire chez votre médecin traitant, un infirmier, une sage-femme ou votre pharmacien. À partir du 1er octobre, les masseurs-kinésithérapeutes pourront eux aussi le réaliser, en vertu d'un arrêté du 28 juillet publié au Journal officiel du 2 août.
L'Assurance maladie recommande de venir avec votre carte Vitale, vos informations de vaccination et vos derniers résultats d'analyses. Nous oublions souvent cette dernière pièce, alors qu'une prise de sang récente peut contenir deux des trois chiffres que Bruxelles veut vous faire connaître : le cholestérol et la glycémie.
Ce bilan reste une conversation, pas une batterie d'examens. Pour une prise de sang, des analyses d'urine ou un test cardiorespiratoire, il existe un autre rendez-vous gratuit, l'examen de prévention en santé. Il dure environ deux heures, se passe à jeun dans l'un de la centaine de centres d'examens de santé, et s'adresse en priorité aux personnes sans suivi médical régulier.
Mais il ne se présente pas à n'importe quel âge. Deux fenêtres comptent après 60 ans : la première entre 60 et 65 ans, la seconde entre 70 et 75 ans, avec un seul bilan par tranche. Vous pouvez le faire chez votre médecin traitant, un infirmier, une sage-femme ou votre pharmacien. À partir du 1er octobre, les masseurs-kinésithérapeutes pourront eux aussi le réaliser, en vertu d'un arrêté du 28 juillet publié au Journal officiel du 2 août.
L'Assurance maladie recommande de venir avec votre carte Vitale, vos informations de vaccination et vos derniers résultats d'analyses. Nous oublions souvent cette dernière pièce, alors qu'une prise de sang récente peut contenir deux des trois chiffres que Bruxelles veut vous faire connaître : le cholestérol et la glycémie.
Ce bilan reste une conversation, pas une batterie d'examens. Pour une prise de sang, des analyses d'urine ou un test cardiorespiratoire, il existe un autre rendez-vous gratuit, l'examen de prévention en santé. Il dure environ deux heures, se passe à jeun dans l'un de la centaine de centres d'examens de santé, et s'adresse en priorité aux personnes sans suivi médical régulier.
Entre 66 et 69 ans, vos chiffres dépendent de vous
Posons les deux calendriers côte à côte. Bruxelles vise un bilan tous les trois à cinq ans après 65 ans, tandis que Mon bilan prévention s'arrête à 65 ans inclus pour ne reprendre qu'à 70. Le calcul est le nôtre : entre 66 et 69 ans, quatre années pleines passent sans aucun rendez-vous prévu par ce dispositif.
Je ne crois pas que ce creux soit une fatalité, car votre suivi ne dépend pas que d'un dispositif national. Votre médecin traitant peut vous prescrire un bilan sanguin avec cholestérol et glycémie, et la tension se mesure en quelques minutes lors d'une consultation. Connaissez-vous d'ailleurs vos trois chiffres ? La plupart d'entre nous retiennent le code de leur carte bancaire, rarement leur dernier taux de cholestérol.
Le geste le plus simple consiste à ressortir votre dernière prise de sang et à regarder sa date. Si elle remonte à plus de cinq ans, vous êtes déjà en dehors du rythme que l'Europe juge raisonnable pour les 35-64 ans, donc a fortiori pour vous. La question se règle ensuite en deux minutes seulement lors de votre prochaine consultation.
Pendant que les Vingt-Sept débattent, rien ne vous empêche d'appliquer dès maintenant le calendrier qu'ils ne vous imposent pas encore.
Je ne crois pas que ce creux soit une fatalité, car votre suivi ne dépend pas que d'un dispositif national. Votre médecin traitant peut vous prescrire un bilan sanguin avec cholestérol et glycémie, et la tension se mesure en quelques minutes lors d'une consultation. Connaissez-vous d'ailleurs vos trois chiffres ? La plupart d'entre nous retiennent le code de leur carte bancaire, rarement leur dernier taux de cholestérol.
Le geste le plus simple consiste à ressortir votre dernière prise de sang et à regarder sa date. Si elle remonte à plus de cinq ans, vous êtes déjà en dehors du rythme que l'Europe juge raisonnable pour les 35-64 ans, donc a fortiori pour vous. La question se règle ensuite en deux minutes seulement lors de votre prochaine consultation.
Pendant que les Vingt-Sept débattent, rien ne vous empêche d'appliquer dès maintenant le calendrier qu'ils ne vous imposent pas encore.



