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Parkinson : habiter près d'un golf doublerait les risques selon une étude américaine

Par | Publié le 26/01/2026 à 07:00

Une étude publiée dans la revue JAMA Network Open révèle que vivre à proximité d'un terrain de golf augmente significativement le risque de développer la maladie de Parkinson. Les pesticides utilisés pour l'entretien des pelouses, susceptibles de contaminer les nappes phréatiques, sont pointés du doigt. En France, où l'on compte 770 golfs et 272 500 malades de Parkinson, la question se pose avec acuité.

Senior inquiet avec document médical devant un terrain de golf © SeniorActu
Senior inquiet avec document médical devant un terrain de golf © SeniorActu

Une étude américaine qui fait date

Des chercheurs du Barrow Neurological Institute et de la Mayo Clinic ont publié des résultats qui interpellent. Parue en mai 2025 dans la prestigieuse revue scientifique JAMA Network Open, cette étude cas-témoins revient aujourd'hui dans l'actualité. Elle a analysé les données médicales de 419 patients atteints de Parkinson et les a comparées à celles de 5 113 personnes non malades.

L'équipe scientifique, dirigée par la Dr Brittany Krzyzanowski, a exploité les archives du Rochester Epidemiology Project, un système de suivi médical couvrant 27 comtés du Minnesota et du Wisconsin entre 1991 et 2015. Elle a croisé ces données avec la localisation de 139 terrains de golf de la région.

Un risque maximal entre 1,6 et 3,2 km

Les résultats révèlent un phénomène surprenant. Après ajustement des facteurs démographiques et socio-économiques, l'étude démontre que le risque maximal se situe entre 1,6 et 3,2 km d'un golf (+198%), et non pas au plus près du terrain comme on pourrait le penser. À moins de 1,6 km, le sur-risque reste néanmoins très élevé (+126%), puis diminue à +121% entre 3,2 et 4,8 km.
 
1,6 à 3,2 km Risque maximal
📈
Augmentation du risque
+198%
< 1,6 km Risque très élevé
📈
Augmentation du risque
+126%
3,2 à 4,8 km Risque élevé
📈
Augmentation du risque
+121%

Comment expliquer ce paradoxe ? Les chercheurs avancent une hypothèse clé : la contamination ne passe pas principalement par l'air, mais par l'eau potable. Les pesticides épandus sur les golfs s'infiltrent dans les nappes phréatiques, qui alimentent ensuite les réseaux municipaux de distribution d'eau. Or ces réseaux desservent des zones bien plus larges que le voisinage immédiat du golf.

Concrètement, une personne habitant à 2 km d'un golf peut boire la même eau contaminée qu'un riverain direct, car ils sont raccordés au même réseau municipal. Dans l'étude, 90% des personnes vivant à moins de 5 km d'un golf étaient alimentées par ces réseaux d'eau souterraine partagés. C'est cette exposition collective via l'eau qui explique que le risque reste très élevé, voire maximal, dans un rayon de 1 à 3 km autour des terrains.

Les pesticides, principale hypothèse

Les chercheurs pointent donc du doigt les produits chimiques utilisés massivement pour entretenir les greens et fairways. Aux États-Unis, les quantités de pesticides épandues sur les golfs peuvent être jusqu'à 15 fois supérieures à celles autorisées en Europe.

Parmi les substances incriminées : le paraquat, la roténone, le chlorpyrifos ou encore le 2,4-D. Toutes sont connues pour leur toxicité neurologique. En laboratoire, ces molécules détruisent les neurones producteurs de dopamine, exactement comme le fait la maladie de Parkinson.

L'étude apporte une preuve supplémentaire du rôle de l'eau : les personnes vivant dans des zones où les nappes phréatiques sont géologiquement vulnérables (sols poreux, roches calcaires) présentent 82% de risques supplémentaires de développer la maladie. Ces terrains facilitent l'infiltration des pesticides jusqu'aux sources d'eau potable.

Que retenir pour les Français ?

La France compte environ 770 terrains de golf répartis sur tout le territoire, souvent en zones périurbaines résidentielles. Parallèlement, 272 500 personnes sont touchées par la maladie de Parkinson dans l'Hexagone, avec 25 000 nouveaux cas chaque année selon le ministère de la Santé.

Bonne nouvelle toutefois : depuis le 1er janvier 2025, la loi Labbé interdit l'usage des produits phytosanitaires de synthèse sur les golfs français (départs, greens, fairways). Seuls les produits de biocontrôle restent autorisés, sauf dérogations exceptionnelles pour certaines compétitions officielles.

Les scientifiques appellent néanmoins à la prudence. Comme le souligne le Pr David Dexter, de Parkinson's UK, « cette étude suggère une association, mais ne prouve pas un lien de causalité direct ». D'autres facteurs comme la pollution de l'air ou les antécédents génétiques pourraient aussi jouer un rôle. Des recherches complémentaires seront nécessaires pour confirmer ces résultats.

Sources :
- JAMA Network Open, étude « Proximity to Golf Courses and Risk of Parkinson Disease », 8 mai 2025
- Ministère de la Santé, fiche « La maladie de Parkinson », mise à jour octobre 2025
- Service-public.fr, « Interdiction des pesticides », juillet 2022



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