Liqueur de café ou cognac : Djebenah Bunah de Massenez ou Cigar Blend XO de Frapin ?

Voilà deux belles maisons françaises sur le devant de la scène. En effet, l’une et l’autre proposent deux nouveautés très différentes qui feront de très jolis cadeaux à l’occasion des fêtes de Noël ou de fin d‘année.





Chez Massenez, on aurait pu se reposer sur ses lauriers et se contenter du succès de ses eaux de vie de fruits ou de sa griottine.
 
En s’appuyant sur une expérience de bouilleur de cru datant de 1870, Bernard Baud qui dirige la distillerie Massenez a le regard tourné vers l’avenir. La création de nouveautés destinées à séduire une clientèle rajeunie fait partie de son programme.
 
Le renouveau de la mode des cocktails et la clientèle féminine sont également des objectifs de la maison Massenez. Après la liqueur Dom Pacello Royal Orange et la liqueur Golden Eight, voilà une nouvelle liqueur : la Djebenah Buna.
 
Une liqueur de café qui trouve ses sources sur les hauts plateaux d’Ethiopie. Bien sûr, il existe déjà de nombreuses marques qui proposent de la liqueur de café, mais toutes incluent dans leur composition des additifs comme du caramel, du sirop de sucre ou du chocolat.
 
En l’occurrence, Bernard Baud souhaitait faire une liqueur totalement naturelle qui excluait tous ces entrants. Un souci de qualité entraînant une complication extrême dans la conceptions de cette liqueur par Massenez.
 
Pour réussir son pari, Bernard Baud s’est entouré des compétences de deux MOF (meilleur ouvrier de France) : l’un est barman, il s’agit de David Palanque ; l’autre est torréfacteur, c’est Vincent Ballot. C’est ce dernier qui a eu l’un des rôles décisifs en sélectionnant le cru de café et en assurant le bon degré de torréfaction.
 
Néanmoins, il a fallu trois ans pour arriver à concevoir la bonne recette. Une acidité excessive étant le problème récurrent lors de l’élaboration et comme souvent, la solution a été trouvée d’une manière empirique en utilisant un sac de café moulu oublié dans un lieu chauffé à 30°.
 
A partir de ce moult de café, il réalise une infusion dont la moitié est distillée en alambic. L’eau de vie obtenue est alors associée à l’infusion restante sans aucun ajoût comme on l’a déjà précisé. Voilà comment est née cette liqueur de café.
 
Quant à son nom, Djebenah Buna, il désigne en langue amharique, la cérémonie du café au sein de l’Ethiopie et par extension la cafetière qui sert préparer le café.
 
La liqueur de café Djebenah Buna peut être dégustée de plusieurs façons, nature à température ambiante accompagnée d’un cigare, nature mais rafraîchie par un glaçon ou alors intégrée dans un cocktail. Le café mettra alors en exergue les autres composants du cocktail.
 
En dégustation nature, l’arôme du café est omniprésent dès que l’on ouvre la carafe et rarement, on conserve aussi longtemps dans le nez, ce parfum de torréfaction. En bouche, cette sensation persiste avec une sensation gourmande qui s’installe dans les papilles. Une très légère acidité donne une note rafraîchissante mais jamais on ne ressent l’amertume de certains cafés ni cette sensation sirupeuse de certaines liqueurs.
 
Quant à la longueur en bouche, elle semble infinie.  La liqueur de café  Djebenah Buna de chez Massenez est vendue sous la forme d’une belle carafe au prix de 85€.
 
Toujours dans la tradition française, le cognac subit sur le marché français, la difficile concurrence des spiritueux à la mode, notamment ceux produits en France. Whisky, gin, vodka, il n’est pas une région française qui ne produise ces alcools venus d’ailleurs. Oubliant sans doute que ces régions possèdent des produits originaux laissés à l’abandon.
 
Précisons que la région de cognac n’est pas la dernière à s’adonner à la production de ces spiritueux aux origines allogènes. Voilà pourquoi il convient de saluer les initiatives des belles maisons françaises.
 
A cet égard, la maison Frapin propose un XO (dix ans d’âge) baptisé Cigar Blend XO qui est dédié aux amateurs de vitoles. Cette eau de vie est distillée sur lies et vieillie en chais humides.
 
Un choix qui lui apporte la rondeur et la souplesse. Il met en avant les délicates notes de « rancio » que l’on trouve dans les vieux cognacs.
 
Créé dans l’esprit d’un accord de dégustation avec des cigares, il porte un nom dédié à ce mariage. Sa robe acajou est en accord total avec ce bois venu de cuba et que les ébénistes rochelais utilisaient dans la confection de leurs meubles.
 
Le nez, très suave, laisse venir des arômes des îles où domine le cerneau de noix. Le vieillissement en fûts de chêne neufs apporte des notes complexes où se mêlent les effluves d’une cave à cigares que l’on ouvre.
 
En bouche, c’est sur la longueur que ce Cigare Blend se révèle. Equilibré et délicat, il demande un peu de patience avant de se révéler. L’abricot séché, la vanille avec discrétion, le cuir et une finale épicée presque poivrée soutiendront sans problème la puissance d’un cigare cubain aux arômes de cacao. Un joli Trinidad sera idéal.
 
Cognac Frapin Cigar Blend XO environ 110€.
 
Joël Chassaing-Cuvillier

Article publié le 12/10/2022 à 01:00 | Lu 1795 fois