Le point de vue de Jean-Luc Revol, metteur en scène
Jeanne est un personnage attachant. Jeanne est un personnage insupportable. Et c’est justement la complexité de Jeanne qui m’intéresse, car elle est toujours là où on ne l’attend pas. On croit avoir à faire à une femme cloîtrée dans son petit appartement, en proie à des persécutions réelles ou imaginaires, un être qui s’est refermé sur lui-même et qui a fait le deuil de la confiance en l’humain.
Et puis, voilà qu’un jeune homme, Marin, débarque dans sa vie, et c’est à une métamorphose que nous allons assister. La carapace va se fissurer et petit à petit laisser place à l’espoir d’une relation et, pourquoi pas, à une nouvelle forme d’amour et d’amitié. Il va donc falloir avancer par petites touches, car la pièce, comme Jeanne, recèle des surprises, et va même parfois basculer dans le fantastique.
On peut penser à Edward Carey et son personnage de L’observatoire, perdu dans son immeuble, au Polanski de Répulsion ou du Locataire, la schizophrénie en moins. Pourtant nous ne sommes pas dans un drame, au contraire, car Jeanne a le verbe haut et la réplique acide, ce qui nous fait souvent naviguer dans les eaux de la comédie.
Mais le plus important reste la relation qui se noue entre elle et Marin. Une amitié sensible, qui avance par petites touches et qui constitue le coeur de la pièce. Le défi, pour le metteur en scène, sera d’assembler tous ces degrés de lecture pour proposer un tableau d’ensemble cohérent ; de faire la navette entre le spectateur et les personnages pour tricoter la relation complexe qui se noue devant lui.
Nous avons fait le choix d’une scénographie épurée. Même si l’enfermement est un des thèmes importants de la pièce, nous avons préféré privilégier l’idée de hauteur (Jeanne habite en haut d’une tour), et l’espace qui l’entoure (le ciel), comme un vide oppressant supplémentaire. Et la porte qui s’ouvre dans ce ciel fantasmé, n’est que le prolongement de celle de son appartement, toujours fermée à double-tour. Une simple baie vitrée la sépare de ce vide omniprésent d’où elle se sent toujours observée.
De même, un soin particulier sera apporté aux sons qui constituent l’univers mental de Jeanne. Nous devrons construire un univers particulier, basé sur le réel (les voisins, l’appartement...) mais qui devra refléter la manière dont Jeanne les perçoit. Car, au bout du compte, tout cela est-il réel ?
Il faudra nous rendre Jeanne attachante dans ses questionnements et sa relation avec Marin. Car la force de la relation qui se noue devant nous ne peut nous laisser indifférents. Nous sommes face à un théâtre de chair, un théâtre du coeur... Jeanne est souvent insupportable, mais elle deviendra un personnage attachant que l’on n’oubliera pas.
Et puis, voilà qu’un jeune homme, Marin, débarque dans sa vie, et c’est à une métamorphose que nous allons assister. La carapace va se fissurer et petit à petit laisser place à l’espoir d’une relation et, pourquoi pas, à une nouvelle forme d’amour et d’amitié. Il va donc falloir avancer par petites touches, car la pièce, comme Jeanne, recèle des surprises, et va même parfois basculer dans le fantastique.
On peut penser à Edward Carey et son personnage de L’observatoire, perdu dans son immeuble, au Polanski de Répulsion ou du Locataire, la schizophrénie en moins. Pourtant nous ne sommes pas dans un drame, au contraire, car Jeanne a le verbe haut et la réplique acide, ce qui nous fait souvent naviguer dans les eaux de la comédie.
Mais le plus important reste la relation qui se noue entre elle et Marin. Une amitié sensible, qui avance par petites touches et qui constitue le coeur de la pièce. Le défi, pour le metteur en scène, sera d’assembler tous ces degrés de lecture pour proposer un tableau d’ensemble cohérent ; de faire la navette entre le spectateur et les personnages pour tricoter la relation complexe qui se noue devant lui.
Nous avons fait le choix d’une scénographie épurée. Même si l’enfermement est un des thèmes importants de la pièce, nous avons préféré privilégier l’idée de hauteur (Jeanne habite en haut d’une tour), et l’espace qui l’entoure (le ciel), comme un vide oppressant supplémentaire. Et la porte qui s’ouvre dans ce ciel fantasmé, n’est que le prolongement de celle de son appartement, toujours fermée à double-tour. Une simple baie vitrée la sépare de ce vide omniprésent d’où elle se sent toujours observée.
De même, un soin particulier sera apporté aux sons qui constituent l’univers mental de Jeanne. Nous devrons construire un univers particulier, basé sur le réel (les voisins, l’appartement...) mais qui devra refléter la manière dont Jeanne les perçoit. Car, au bout du compte, tout cela est-il réel ?
Il faudra nous rendre Jeanne attachante dans ses questionnements et sa relation avec Marin. Car la force de la relation qui se noue devant nous ne peut nous laisser indifférents. Nous sommes face à un théâtre de chair, un théâtre du coeur... Jeanne est souvent insupportable, mais elle deviendra un personnage attachant que l’on n’oubliera pas.
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