Un invité surprise s'est joint aux gilets jaunes : le retraité, figure inattendue du paysage revendicatif. C'est peu de dire qu'on les a vus et entendus. Ces gilets gris ont été - et sont toujours - omniprésents, distributeurs de tracts aux péages, animateurs des braséros aux ronds-points, marcheurs et certainement pas casseurs dans les manifestations, bons clients des médias, toujours prêts à aller parler devant la caméra.
Cette inscription en profondeur dans un mouvement social est nouvelle. Les corps intermédiaires français sont structurés autour du monde du travail, syndicats de salariés, syndicats patronaux, fédérations professionnelles...
Les retraités en sont naturellement exclus. Au plus avait-on entraperçu quelques manifestations clairsemées, organisées par des fédérations de retraités. Rien de commun cependant avec cette présence massive et, surtout, naturellement acceptée par tous comme une évidence, de seniors dans les cortèges de gilets jaunes, qui dépasse largement les cadres revendicatifs classiques.
À première vue, la situation pourrait paraître paradoxale. Que sont devenus les retraités dans l'imaginaire collectif ? De relatifs favorisés, qui seraient dotés d'un niveau de vie supérieur à celui des actifs et qui, débarrassés de la charge des enfants, pourraient enfin profiter de la vie sans contraintes.
Que s'est-il donc passé pour que les retraités surgissent si soudainement ? Comme d'habitude dans les mouvements collectifs très suivis, deux forces ont convergé :
- sociale, avec un corps social des retraités en voie de constitution ;
- économique, pour la majorité des seniors, bien éloignée des clichés sur les retraités nantis.
Cette inscription en profondeur dans un mouvement social est nouvelle. Les corps intermédiaires français sont structurés autour du monde du travail, syndicats de salariés, syndicats patronaux, fédérations professionnelles...
Les retraités en sont naturellement exclus. Au plus avait-on entraperçu quelques manifestations clairsemées, organisées par des fédérations de retraités. Rien de commun cependant avec cette présence massive et, surtout, naturellement acceptée par tous comme une évidence, de seniors dans les cortèges de gilets jaunes, qui dépasse largement les cadres revendicatifs classiques.
À première vue, la situation pourrait paraître paradoxale. Que sont devenus les retraités dans l'imaginaire collectif ? De relatifs favorisés, qui seraient dotés d'un niveau de vie supérieur à celui des actifs et qui, débarrassés de la charge des enfants, pourraient enfin profiter de la vie sans contraintes.
Que s'est-il donc passé pour que les retraités surgissent si soudainement ? Comme d'habitude dans les mouvements collectifs très suivis, deux forces ont convergé :
- sociale, avec un corps social des retraités en voie de constitution ;
- économique, pour la majorité des seniors, bien éloignée des clichés sur les retraités nantis.
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