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Espérance de vie : 13 ans d'écart entre les plus pauvres et les plus riches, le fossé se creuse

Par | Publié le 16/12/2025 à 15:17

Une nouvelle étude de l'Insee confirme une réalité brutale : la pauvreté tue à petit feu. Avec un écart de longévité qui s'est encore aggravé ces dernières années, les inégalités face à la mort n'ont jamais été aussi criantes. Décryptage de ces années de vie volées par la précarité.

Comparaison espérance de vie selon le niveau de revenus © FJZEA/Shutterstock
Comparaison espérance de vie selon le niveau de revenus © FJZEA/Shutterstock

Un gouffre de 13 ans chez les hommes et 9 ans chez les femmes

Les chiffres dévoilés par l'Insee pour la période 2020-2024 sont vertigineux. Il existe une corrélation directe et implacable entre la richesse et la longévité.

Le constat est particulièrement violent chez les hommes :
  • Les 5 % les plus aisés vivent en moyenne jusqu'à 85 ans.
  • Les 5 % les plus modestes ne vivent en moyenne que 72 ans.
Cet écart de 13 années constitue l'un des enseignements majeurs de l'étude. Chez les femmes, bien que moins prononcée, la différence reste massive avec 9 années séparant les plus favorisées des plus précaires. Le cumul des inégalités atteint son paroxysme si l'on compare une femme aisée à un homme modeste : l'écart grimpe alors à 17 ans.

Une double peine : risque de décès précoce et aggravation des écarts

La précarité frappe fort autour de la cinquantaine, âge charnière où les maladies chroniques liées aux conditions de vie apparaissent. À cet âge, un homme modeste a sept fois plus de risques de mourir dans l'année qu'un homme aisé. Pour les femmes, ce risque est multiplié par six à 55 ans.

Plus inquiétant encore, la situation se dégrade. En comparant la période actuelle (2020-2024) avec la précédente (2012-2016), l'Insee note que le fossé s'élargit :
  • Chez les hommes, l'écart est passé de 12,7 à 13 ans.
  • Chez les femmes, il a progressé de 8,3 à 8,7 ans.
Fait alarmant : l'espérance de vie a même diminué pour une grande partie des classes modestes et moyennes inférieures sur cette période, alors qu'elle a continué de progresser pour les plus riches.

Renoncement aux soins, pénibilité et fracture territoriale : les causes

Comment expliquer une telle différence ? Le manque d'argent limite directement l'accès à la santé. Environ 3,2 % des plus modestes déclarent renoncer à des examens médicaux pour raisons financières, soit près du double de la moyenne nationale.

Les modes de vie et la pénibilité professionnelle jouent aussi un rôle clé :
  • 21 % des personnes peu ou pas diplômées fument quotidiennement, contre seulement 13 % des diplômés du supérieur.
  • Les cadres sont statistiquement moins exposés aux risques professionnels et à l'usure physique que les ouvriers.
Enfin, l'inégalité est aussi géographique. À niveau de vie égal, on meurt plus tôt dans les Hauts-de-France, région affichant la mortalité la plus élevée, tandis que résider dans les Pays de la Loire ou en Occitanie semble offrir une protection supplémentaire.

Pour en savoir plus, retrouvez tous les chiffres détaillés de l'étude dans notre article précédent

Sources :
  • Insee Première n° 2085 : « De 2012-2016 à 2020-2024, l'écart d'espérance de vie entre les personnes modestes et aisées s'est accru » (décembre 2025)
  • Insee Documents de travail n° 2025-24 : « L'espérance de vie par niveau de vie jusqu'en 2020-2024 »



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