Couple senior agé et aisé, avec une espérance de vie supérieure à la moyenne © ORION PRODUCTION/Shutterstock
Un écart de 13 ans chez les hommes, 9 ans chez les femmes
L'Institut national de la statistique et des études économiques vient de publier une analyse approfondie des liens entre niveau de vie et espérance de vie en France. Les résultats, portant sur la période 2020-2024, confirment une corrélation étroite entre richesse et longévité.
Les hommes appartenant aux 5 % les plus aisés de la population française affichent une espérance de vie à la naissance de 85 ans, tandis que ceux figurant parmi les 5 % les plus modestes ne vivent en moyenne que 72 ans. Cette différence de 13 années constitue l'un des enseignements majeurs de cette étude.
Chez les femmes, l'écart demeure significatif bien que moins prononcé, avec 9 années séparant les plus aisées des plus modestes.
Les hommes appartenant aux 5 % les plus aisés de la population française affichent une espérance de vie à la naissance de 85 ans, tandis que ceux figurant parmi les 5 % les plus modestes ne vivent en moyenne que 72 ans. Cette différence de 13 années constitue l'un des enseignements majeurs de cette étude.
Chez les femmes, l'écart demeure significatif bien que moins prononcé, avec 9 années séparant les plus aisées des plus modestes.
Les femmes aisées vivent 17 ans de plus que les hommes modestes
L'étude met également en évidence des écarts spectaculaires lorsque l'on croise les données de sexe et de niveau de vie. Les femmes appartenant aux 5 % les plus aisées de la population peuvent espérer vivre en moyenne jusqu'à 88,7 ans, soit 17 années de plus que les hommes figurant parmi les 5 % les plus modestes.
Cette différence considérable illustre le cumul des avantages dont bénéficient les femmes aisées en matière de longévité. Les chercheurs de l'Insee soulignent que dès 1 500 euros de niveau de vie mensuel, l'espérance de vie des femmes dépasse celle des hommes les plus aisés.
Autrement dit, seules les femmes appartenant aux 35 % les plus modestes vivent en moyenne moins longtemps que les hommes les plus favorisés.
Cette différence considérable illustre le cumul des avantages dont bénéficient les femmes aisées en matière de longévité. Les chercheurs de l'Insee soulignent que dès 1 500 euros de niveau de vie mensuel, l'espérance de vie des femmes dépasse celle des hommes les plus aisés.
Autrement dit, seules les femmes appartenant aux 35 % les plus modestes vivent en moyenne moins longtemps que les hommes les plus favorisés.
Un risque de décès multiplié par sept à 50 ans
Les inégalités face à la mort atteignent leur paroxysme autour de la cinquantaine. À cet âge, un homme parmi les plus modestes présente un risque de décéder dans l'année sept fois supérieur à celui d'un homme parmi les plus aisés.
Chez les femmes, ce rapport de risque culmine à 55 ans, âge auquel les plus modestes ont six fois plus de probabilités de mourir que les plus aisées.
Ces écarts considérables s'expliquent notamment par le développement, à ces âges, des maladies chroniques liées aux conditions de vie et aux comportements de santé. Les pathologies associées au tabac, à l'alcool ou à l'obésité touchent davantage les populations défavorisées et commencent à produire leurs effets mortels autour de la cinquantaine.
Chez les femmes, ce rapport de risque culmine à 55 ans, âge auquel les plus modestes ont six fois plus de probabilités de mourir que les plus aisées.
Ces écarts considérables s'expliquent notamment par le développement, à ces âges, des maladies chroniques liées aux conditions de vie et aux comportements de santé. Les pathologies associées au tabac, à l'alcool ou à l'obésité touchent davantage les populations défavorisées et commencent à produire leurs effets mortels autour de la cinquantaine.
Des inégalités qui se creusent depuis huit ans
La comparaison entre les périodes 2012-2016 et 2020-2024 révèle une tendance préoccupante. L'écart d'espérance de vie entre les personnes modestes et aisées s'est accru au cours de ces huit années.
Chez les femmes, cet écart est passé de 8,3 ans à 8,7 ans entre les 5 % les plus modestes et les 5 % les plus aisées. Chez les hommes, il a progressé de 12,7 ans à 13 ans.
Plus inquiétant encore, l'espérance de vie des personnes appartenant au deuxième jusqu'au cinquième vingtième de niveau de vie a diminué sur cette période, tandis que celle des personnes plus aisées a continué de progresser. Seuls les 5 % les plus pauvres ont vu leur espérance de vie légèrement augmenter.
Chez les femmes, cet écart est passé de 8,3 ans à 8,7 ans entre les 5 % les plus modestes et les 5 % les plus aisées. Chez les hommes, il a progressé de 12,7 ans à 13 ans.
Plus inquiétant encore, l'espérance de vie des personnes appartenant au deuxième jusqu'au cinquième vingtième de niveau de vie a diminué sur cette période, tandis que celle des personnes plus aisées a continué de progresser. Seuls les 5 % les plus pauvres ont vu leur espérance de vie légèrement augmenter.
Les facteurs expliquant ces disparités
Plusieurs mécanismes concourent à expliquer ces inégalités de longévité. Les difficultés financières limitent directement l'accès aux soins.
Selon les données citées par l'Insee, 3,2 % des personnes parmi les 20 % les plus modestes déclarent avoir renoncé à des examens médicaux pour des raisons financières, contre 1,8 % de l'ensemble de la population.
Le niveau de vie est également corrélé à d'autres caractéristiques influençant la santé, comme la catégorie socioprofessionnelle ou le niveau de diplôme. Les cadres sont moins exposés aux risques professionnels que les ouvriers, tandis que les comportements à risque sont plus fréquents chez les non-diplômés.
Ainsi, 21 % des adultes sans diplôme ou titulaires d'un diplôme inférieur au baccalauréat fument quotidiennement, contre seulement 13 % des diplômés du supérieur.
Selon les données citées par l'Insee, 3,2 % des personnes parmi les 20 % les plus modestes déclarent avoir renoncé à des examens médicaux pour des raisons financières, contre 1,8 % de l'ensemble de la population.
Le niveau de vie est également corrélé à d'autres caractéristiques influençant la santé, comme la catégorie socioprofessionnelle ou le niveau de diplôme. Les cadres sont moins exposés aux risques professionnels que les ouvriers, tandis que les comportements à risque sont plus fréquents chez les non-diplômés.
Ainsi, 21 % des adultes sans diplôme ou titulaires d'un diplôme inférieur au baccalauréat fument quotidiennement, contre seulement 13 % des diplômés du supérieur.
Des disparités régionales persistantes
L'étude de l'Insee met également en lumière des différences territoriales significatives. À sexe, âge et niveau de vie identiques, les habitants des Pays de la Loire et de l'Occitanie présentent les risques de décès les plus faibles.
À l'inverse, les résidents des Hauts-de-France affichent la mortalité la plus élevée du territoire métropolitain.
Ces écarts régionaux persistent même après prise en compte des différences de niveau de vie, suggérant l'influence d'autres facteurs comme les habitudes alimentaires, les comportements de santé, l'environnement ou les disparités d'offre de soins entre territoires.
Pourquoi un tel écart ? Découvrez notre analyse sur les causes (soins, pénibilité) en cliquant ici
À l'inverse, les résidents des Hauts-de-France affichent la mortalité la plus élevée du territoire métropolitain.
Ces écarts régionaux persistent même après prise en compte des différences de niveau de vie, suggérant l'influence d'autres facteurs comme les habitudes alimentaires, les comportements de santé, l'environnement ou les disparités d'offre de soins entre territoires.
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Sources :
« De 2012-2016 à 2020-2024, l'écart d'espérance de vie entre les personnes modestes et aisées s'est accru », Insee Première n° 2085, décembre 2025
« L'espérance de vie par niveau de vie jusqu'en 2020-2024 - Méthode », Documents de travail n° 2025-24, Insee, décembre 2025
« De 2012-2016 à 2020-2024, l'écart d'espérance de vie entre les personnes modestes et aisées s'est accru », Insee Première n° 2085, décembre 2025
« L'espérance de vie par niveau de vie jusqu'en 2020-2024 - Méthode », Documents de travail n° 2025-24, Insee, décembre 2025
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