Emploi des seniors : l'autre enjeu de 2024

Alors que les projecteurs sont déjà tournés vers les Jeux Olympiques de Paris, une autre compétition, bien moins médiatisée mais tout aussi importante, va se jouer sur le marché du travail en 2024. Celle de la bataille pour l'intégration et le maintien des seniors dans la vie active.





La situation actuelle: un constat alarmant

Objectivement, le tableau est sombre... La France affiche l'un des taux d'activité des sexagénaires parmi les plus bas des pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Une réalité qui perdure malgré les engagements successifs des différents gouvernements. Au dernier trimestre 2021, seulement 56,1% des personnes âgées de 55 à 64 ans étaient en poste; ce chiffre chute drastiquement à 35,5% lorsqu'on se penche sur la tranche d'âge suivante (60-64 ans), selon une étude récente menée par la Dares.

Ces statistiques révèlent une augmentation certes notable par rapport aux années précédentes – un bond de près de 18 points depuis 2003 – mais qui masque mal une disparité inquiétante et une position en queue de peloton au niveau international. À titre comparatif, en Suède ou en Allemagne, plus du double des seniors continuent d'exercer une profession.

Un défi démographique et économique

Face à ce constat... Le vieillissement démographique s'accélère et avec lui émerge le spectre d'une pénurie sur le marché du travail. L'allongement progressif de la durée de vie ne fait qu'intensifier cette tendance. Dans ce contexte, mobiliser le potentiel professionnel des seniors n'est plus seulement une question sociale; c'est aussi un impératif économique.

La France doit donc relever ce défi majeur: comment inciter davantage ses seniors à rester actifs ? La réponse passe inéluctablement par plusieurs leviers : améliorer l'accès à la formation continue; adapter les conditions et l'environnement du travail; reconnaître et valoriser l'expérience accumulée...
 

Les obstacles au maintien dans l'emploi

Mais alors... Quels sont les freins qui empêchent nos aînés d'être davantage présents sur le marché du travail ? On note que beaucoup connaissent des périodes prolongées soit au chômage soit hors du monde professionnel avant même d'avoir atteint l'âge légal pour bénéficier d'une retraite. Entre préjugés liés à leur âge et difficultés rencontrées dans leur parcours professionnel – sans parler du chômage longue durée ou encore d'états invalidants – ils sont nombreux ceux qui se retrouvent dans cette zone grise précaire avant même leurs derniers jours professionnels.

Vers un nouveau pacte social ?

Au-delà... Le gouvernement actuel semble vouloir changer la donne avec son projet visant à porter à 65 ans l’âge légal du départ à la retraite. Ce changement a été annoncé comme partie intégrante d'un "nouveau pacte social", dont il reste encore beaucoup à écrire.

Les discussions entre partenaires sociaux ont déjà commencé autour du document fourni par le ministère du Travail : favoriser emploi senior; mieux combattre usure professionnelle; promouvoir reconversions aisées... Autant dire que si ces pistes deviennent réalités concrètes elles peuvent transformer significativement le paysage professionnel français pour nos aînés.

Un futur plein-emploi pour nos seniors ?

Enfin... L’objectif est ambitieux : atteindre un taux plein-emploi chez les séniors avec notamment ceux âgés entre 55 et 64 ans passant ainsi potentiellement au-dessus des fameux "56%" relevés fin 2021. Cela nécessitera non seulement une prise conscience collective mais également un engagement fort tant politique qu'économique afin que cet horizon ne demeure pas simplement utopique.

Si ces initiatives portent leurs fruits... La France pourrait alors offrir non seulement aux yeux du monde entier un magnifique spectacle sportif grâce aux Jeux Olympiques mais également prouver sa capacité à innover socialement en transformant radicalement sa gestion tant humaine qu'économique concernant ses forces vives vieillissantes.

Article publié le 01/01/2024 à 11:40 | Lu 5144 fois