Ce virage stratégique intervient dans un contexte de compétition intense. Google, OpenAI et d'autres géants technologiques multiplient les annonces dans le domaine de l'IA appliquée à la santé : diagnostic assisté, analyse d'imagerie médicale, assistants conversationnels spécialisés. Face à ces mastodontes, Doctolib mise sur un positionnement européen, centré sur la conformité réglementaire et l'ancrage dans les systèmes de santé locaux.
Pour bâtir ce laboratoire, Doctolib ne fait pas cavalier seul. Le projet fédère des partenaires de premier plan : le CHU de Nantes, l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), l'INRIA (Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique), le centre de recherche allemand DFKI, ainsi que plusieurs sociétés savantes, dont la Société française de pédiatrie.
Les équipes de recherche seront réparties entre Paris, Nantes et Berlin. Doctolib a renforcé ses effectifs en conséquence : le groupe compte désormais 900 collaborateurs en recherche et développement, dont 100 exclusivement dédiés à l'intelligence artificielle.
Ce laboratoire n'est pas une première absolue. Depuis octobre 2024, Doctolib propose déjà un assistant de consultation basé sur l'IA. Cet outil, activé avec l'accord du patient, écoute l'échange entre le médecin et le patient pendant la consultation, puis génère automatiquement un compte rendu structuré intégré au dossier médical. L'objectif : faire gagner du temps aux praticiens et réduire la part consacrée à la saisie informatique. Le nouveau laboratoire vise à aller beaucoup plus loin.