La maladie d'Alzheimer constitue la forme de démence la plus répandue dans le monde, avec une prévalence estimée entre 5 et 7 % de la population en Europe et en Amérique du Nord. Face à ce défi de santé publique majeur, les chercheurs multiplient les efforts pour améliorer les méthodes de diagnostic précoce. Une équipe des universités de Bath et de Bristol, au Royaume-Uni, vient de publier des résultats prometteurs concernant une technique innovante baptisée Fastball.
Un principe fondé sur l'activité cérébrale
Le test Fastball repose sur une technologie d'électroencéphalographie qui enregistre l'activité électrique du cerveau pendant que le participant observe un flux d'images projetées sur un écran. Contrairement aux méthodes conventionnelles, cette approche ne nécessite aucune réponse verbale ni compréhension d'instructions complexes de la part du patient. Le dispositif présente une série de huit images visuelles plusieurs fois parmi une multitude d'autres, sans que le sujet ne soit informé de cette répétition. Cette configuration permet d'enregistrer la réponse cérébrale automatique liée à la mémoire de reconnaissance.
Le docteur George Stothart, neuroscientifique cognitif au département de psychologie de l'université de Bath et responsable de l'étude, souligne que les outils diagnostiques actuels passent à côté des dix à vingt premières années du déclin cognitif lié à la maladie d'Alzheimer. Fastball offrirait une possibilité de détecter ce déclin bien plus tôt et de manière plus objective.
Le docteur George Stothart, neuroscientifique cognitif au département de psychologie de l'université de Bath et responsable de l'étude, souligne que les outils diagnostiques actuels passent à côté des dix à vingt premières années du déclin cognitif lié à la maladie d'Alzheimer. Fastball offrirait une possibilité de détecter ce déclin bien plus tôt et de manière plus objective.
Des résultats cliniques encourageants
L'étude publiée dans la revue Brain Communications a porté sur 53 patients atteints de troubles cognitifs légers et 54 adultes âgés en bonne santé. Les participants ont été soumis au test Fastball de trois minutes, ainsi qu'à des évaluations neuropsychologiques classiques portant sur la mémoire, l'attention et les fonctions cognitives générales. Un suivi a été réalisé un an plus tard pour évaluer la fiabilité du dispositif dans le temps.
Les résultats montrent que les patients présentant un trouble cognitif léger de type amnésique affichent des réponses cérébrales significativement réduites lorsqu'ils reconnaissent des images déjà vues, comparativement aux sujets sains et aux patients dont le trouble cognitif n'affecte pas la mémoire. Les différences statistiques observées sont hautement significatives, ce qui confère au test une capacité discriminante intéressante pour identifier les personnes dont les troubles de mémoire pourraient évoluer vers une démence.
Les résultats montrent que les patients présentant un trouble cognitif léger de type amnésique affichent des réponses cérébrales significativement réduites lorsqu'ils reconnaissent des images déjà vues, comparativement aux sujets sains et aux patients dont le trouble cognitif n'affecte pas la mémoire. Les différences statistiques observées sont hautement significatives, ce qui confère au test une capacité discriminante intéressante pour identifier les personnes dont les troubles de mémoire pourraient évoluer vers une démence.
Un outil complémentaire aux méthodes existantes
Le Fastball présente plusieurs avantages par rapport aux examens traditionnels. Sa nature passive le rend accessible aux personnes ayant des difficultés de communication ou souffrant d'anxiété face aux tests cognitifs classiques. Le dispositif utilise une technologie portable et peu coûteuse, ce qui pourrait faciliter son déploiement à grande échelle dans les cabinets médicaux ou les consultations mémoire.
L'équipe de recherche a également démontré pour la première fois que ce test peut être administré au domicile des patients, en dehors d'un environnement clinique. Cette possibilité ouvre la voie à un dépistage plus large et à un suivi régulier des personnes à risque. Le professeur Elizabeth Coulthard, neurologue à l'université de Bristol et co-auteure de l'étude, insiste sur l'importance du diagnostic précoce pour le traitement de la maladie d'Alzheimer et des autres causes de démence.
L'équipe de recherche a également démontré pour la première fois que ce test peut être administré au domicile des patients, en dehors d'un environnement clinique. Cette possibilité ouvre la voie à un dépistage plus large et à un suivi régulier des personnes à risque. Le professeur Elizabeth Coulthard, neurologue à l'université de Bristol et co-auteure de l'étude, insiste sur l'importance du diagnostic précoce pour le traitement de la maladie d'Alzheimer et des autres causes de démence.
Des perspectives thérapeutiques renforcées
L'enjeu du dépistage précoce prend une dimension particulière avec l'arrivée de nouveaux traitements ciblant les mécanismes de la maladie. Les anticorps monoclonaux récemment développés, comme le lecanemab et le donanemab, montrent leur efficacité principalement lorsqu'ils sont administrés aux stades les plus précoces de la pathologie. Identifier les patients à risque avant l'apparition des symptômes cliniques devient donc une priorité absolue pour la communauté médicale.
Le processus pathologique de la maladie d'Alzheimer débute bien avant que les troubles de la mémoire ne deviennent apparents. Les protéines tau et bêta-amyloïdes s'accumulent progressivement dans les neurones et altèrent leur capacité à transmettre les informations. Lorsque les symptômes deviennent suffisamment marqués pour justifier un diagnostic, une grande partie des cellules nerveuses est déjà perdue. Un outil permettant de repérer les premiers signes de dysfonctionnement mnésique représenterait donc une avancée majeure.
Le processus pathologique de la maladie d'Alzheimer débute bien avant que les troubles de la mémoire ne deviennent apparents. Les protéines tau et bêta-amyloïdes s'accumulent progressivement dans les neurones et altèrent leur capacité à transmettre les informations. Lorsque les symptômes deviennent suffisamment marqués pour justifier un diagnostic, une grande partie des cellules nerveuses est déjà perdue. Un outil permettant de repérer les premiers signes de dysfonctionnement mnésique représenterait donc une avancée majeure.
Vers une validation à grande échelle
Malgré ces résultats prometteurs, plusieurs étapes restent à franchir avant une éventuelle utilisation clinique généralisée. Le projet a récemment bénéficié d'un financement de 1,5 million de livres sterling de la part du National Institute for Health and Care Research britannique. Cette dotation permettra de tester le Fastball sur plus de mille patients dans une clinique spécialisée de l'hôpital de Southmead à Bristol, constituant ainsi la plus grande étude utilisant l'électroencéphalographie pour le dépistage de la maladie d'Alzheimer.
Les chercheurs travaillent également avec des partenaires industriels pour développer le dispositif en vue d'un déploiement dans le système de santé britannique et au-delà. Selon les estimations les plus optimistes, une utilisation hospitalière expérimentale pourrait voir le jour d'ici cinq à sept ans, avant une intégration dans les parcours de dépistage standard autour de 2035.
Les chercheurs travaillent également avec des partenaires industriels pour développer le dispositif en vue d'un déploiement dans le système de santé britannique et au-delà. Selon les estimations les plus optimistes, une utilisation hospitalière expérimentale pourrait voir le jour d'ici cinq à sept ans, avant une intégration dans les parcours de dépistage standard autour de 2035.
Sources :
« A passive and objective measure of recognition memory in mild cognitive impairment using Fastball memory assessment », Brain Communications, septembre 2025
« Early Alzheimer's brainwave test detects memory decline years before diagnosis », University of Bath, septembre 2025
« A passive and objective measure of recognition memory in mild cognitive impairment using Fastball memory assessment », Brain Communications, septembre 2025
« Early Alzheimer's brainwave test detects memory decline years before diagnosis », University of Bath, septembre 2025


