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Article publié le 03/04/2019 à 05:33 | Lu 1448 fois

Ainés : la solidarité nationale doit prendre en charge la dépendance

Un reste à charge maîtrisé à domicile mais élevé en établissement. A domicile, le reste à charge a été considérablement réduit par la loi ASV. La prise en charge est totale pour les dépenses de soins et financée par l’APA ou le crédit d’impôt pour les dépenses d’accompagnement de la vie quotidienne. Selon la DREES, après crédit d’impôt, le reste à charge est en moyenne de 60 euros à domicile.


En revanche, le reste à charge en établissement reste élevé. Si les prestations de soins sont couvertes à 100% et celles de la « dépendance » aux deux tiers environ par l’APA, les prestations d’hébergement reviennent aux familles.
 
Selon la DREES, le reste à charge après aides atteint 1.850 euros par mois et excède -sans surprise !-les ressources courantes de la personne âgée dans les trois-quarts des cas.
 
Pour les deux-tiers des Français, c’est à la solidarité nationale de prendre en charge financièrement les personnes âgées en perte d’autonomie. Ils sont par ailleurs 70% à considérer que l’aide visant à compenser les surcoûts liés à la dépendance doit être accordée en priorité aux personnes à faibles revenus, d’après la DREES.
 
Des dépenses sociales importantes, mais une part consacrée à la perte d’autonomie relativement faible par rapport à nos voisins européens. La France a fait le choix de dépenses sociales fortes, permettant d’assurer aux plus de 65 ans le niveau de vie relatif, par rapport au niveau de vie des actifs, le plus élevé de l’OCDE.
 
Si la France fait partie des pays européens qui dépensent le plus en moyenne pour la santé et les retraites, les dépenses affectées à la perte d’autonomie y sont sensiblement inférieures.
 
La prévention, un enjeu mal reconnu et peu soutenu. La prévention occupe une place insuffisante dans les politiques du grand âge. La France doit s’aligner sur les standards internationaux de prévention. Si de nombreuses actions de prévention existent, elles sont peu organisées, peu financées et reposent sur des initiatives individuelles. Sans cohérence d’ensemble, elles voient leur efficacité amoindrie.
 
Des interventions insuffisamment pensées dans une logique de continuité de parcours. Les ruptures de parcours aggravent la perte d’autonomie de la personne âgée et concourent à une partie vraisemblablement importante du surcoût des dépenses de soins.
 
L’accompagnement à domicile, qui mobilise de nombreux intervenants, pâtit d’un manque de coordination. Des initiatives innovantes comme les PAERPA et les MAIA conçus pour pallier ces problèmes ont vu le jour. Elles doivent être mieux coordonnées, généralisées et devenir le socle d’un parcours de droit commun.
 
L’hôpital doit également s’adapter à la personne âgée. Plusieurs constats s’imposent sur les conditions d’accompagnement à l’hôpital : la fréquence du mode d’entrée par les urgences, les risques de dépendances iatrogène et nosocomiale, une organisation du travail peu respectueuse des rythmes de la personne âgée. Tous ces éléments engendrent un taux de réhospitalisation de 17% dans les 30 jours pour les 65 ans et plus.
 
Un appui aux proches aidants encore insuffisant. Par leur présence et leurs actions, les proches aidants jouent un rôle déterminant dans le maintien à domicile et à la prévention de l’isolement. Au total, 3,9 millions de personnes sont engagées auprès d’un proche.
 
Un besoin de reconnaissance s’est largement exprimé. L’isolement, le manque de solutions de répit, la complexité des démarches administratives ainsi que la délicate conciliation entre le rôle d’aidant et la vie professionnelle ont été mis en évidence.
 
Des solidarités du quotidien et un cadre de vie qui ne parviennent pas à rompre un isolement encore très répandu. La perte d’autonomie isole, tant socialement que géographiquement. La perte d’autonomie coupe les personnes âgées de leur « vie d’avant » et parfois même de leur libre arbitre, qu’elles abdiquent pour ne pas gêner, être un poids pour leurs enfants.
 
Ainsi, selon le Comité consultatif national d’éthique, la moitié des personnes de plus de 75 ans n’ont plus de réseau amical. Face à cette situation, les besoins sont ceux d’un entourage aimant, bienveillant et stable. Plus globalement, c’est le regard porté sur le grand âge qui doit évoluer.






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