Un départ sur six déclenché par la maladie
Selon l'Agirc-Arrco, plus de 1,5 million de salariés cotisant au régime complémentaire ont connu au moins une période d'interruption de carrière liée à une incapacité de travail en 2025. Arrêt maladie de longue durée, invalidité reconnue, situation de handicap : 6 % des cotisants sont concernés.
Chaque année, toujours selon le régime, un départ à la retraite sur six à l'Agirc-Arrco est anticipé au titre d'une incapacité ou d'une inaptitude, soit plus de 100 000 personnes. Or la plupart découvrent les conséquences sur leur pension au moment de la liquidation, quand il est trop tard pour corriger quoi que ce soit.
Chaque année, toujours selon le régime, un départ à la retraite sur six à l'Agirc-Arrco est anticipé au titre d'une incapacité ou d'une inaptitude, soit plus de 100 000 personnes. Or la plupart découvrent les conséquences sur leur pension au moment de la liquidation, quand il est trop tard pour corriger quoi que ce soit.
Le piège des trimestres validés à vide
Le régime de base protège partiellement les salariés en arrêt maladie prolongé. Tous les 60 jours d'indemnisation par la Sécurité sociale, un trimestre assimilé est validé sur le relevé de carrière, dans la limite de quatre par an.
Sur le papier, la durée d'assurance ne souffre pas et votre relevé paraît complet. Sauf que le montant de votre pension se calcule autrement.
La retraite de base repose sur le salaire annuel moyen de vos 25 meilleures années. Or les indemnités journalières versées par l'Assurance maladie n'entrent pas dans ce calcul.
L'année où vous avez été en arrêt prolongé disparaît des 25 meilleures, ou y figure avec un montant amputé. Pour un salarié qui gagnait 40 000 euros brut annuel et qui passe dix mois en arrêt, cette année-là ne représente plus que deux mois de salaire sur douze, et la perte se répercute sur le montant mensuel de la pension de base.
Les trimestres assimilés comptent pour la durée d'assurance, mais pas pour tous les dispositifs. Pour le départ anticipé au titre des carrières longues, leur prise en compte est limitée à 4 trimestres sur l'ensemble de la carrière.
Un salarié qui a accumulé plusieurs arrêts maladie prolongés peut se retrouver inéligible au départ anticipé alors qu'il pensait remplir les conditions.
Côté Agirc-Arrco, le mécanisme diffère. Le régime complémentaire attribue des points gratuits pendant l'arrêt, calculés sur la base des points acquis l'année précédente.
Mais ces points sont plafonnés : le total de l'année en cours ne peut pas dépasser celui de l'année de référence. Si vous avez perçu un salaire partiel générant des points cotisés, les points gratuits sont réduits d'autant.
Nous touchons là au nœud du problème. Le relevé de carrière affiche des trimestres, des points, une continuité rassurante, et le simulateur vous donne un chiffre qui semble logique.
Mais le jour de la liquidation, le montant sort plus bas. La surprise est définitive.
Sur le papier, la durée d'assurance ne souffre pas et votre relevé paraît complet. Sauf que le montant de votre pension se calcule autrement.
La retraite de base repose sur le salaire annuel moyen de vos 25 meilleures années. Or les indemnités journalières versées par l'Assurance maladie n'entrent pas dans ce calcul.
L'année où vous avez été en arrêt prolongé disparaît des 25 meilleures, ou y figure avec un montant amputé. Pour un salarié qui gagnait 40 000 euros brut annuel et qui passe dix mois en arrêt, cette année-là ne représente plus que deux mois de salaire sur douze, et la perte se répercute sur le montant mensuel de la pension de base.
Les trimestres assimilés comptent pour la durée d'assurance, mais pas pour tous les dispositifs. Pour le départ anticipé au titre des carrières longues, leur prise en compte est limitée à 4 trimestres sur l'ensemble de la carrière.
Un salarié qui a accumulé plusieurs arrêts maladie prolongés peut se retrouver inéligible au départ anticipé alors qu'il pensait remplir les conditions.
Côté Agirc-Arrco, le mécanisme diffère. Le régime complémentaire attribue des points gratuits pendant l'arrêt, calculés sur la base des points acquis l'année précédente.
Mais ces points sont plafonnés : le total de l'année en cours ne peut pas dépasser celui de l'année de référence. Si vous avez perçu un salaire partiel générant des points cotisés, les points gratuits sont réduits d'autant.
Nous touchons là au nœud du problème. Le relevé de carrière affiche des trimestres, des points, une continuité rassurante, et le simulateur vous donne un chiffre qui semble logique.
Mais le jour de la liquidation, le montant sort plus bas. La surprise est définitive.
Invalidité et handicap : d'autres règles, d'autres surprises
La pension d'invalidité représente 30 % du salaire annuel moyen des dix meilleures années pour la catégorie 1, et 50 % pour les catégories 2 et 3. En 2026, son montant oscille entre 338 et 2 002 euros par mois.
L'invalidité se décline en trois catégories selon la gravité. La première permet de continuer à travailler, la deuxième constate une incapacité totale, la troisième ajoute le besoin d'une aide pour les actes de la vie courante.
À 62 ans, la pension d'invalidité s'arrête automatiquement et se transforme en retraite pour inaptitude au travail. Le taux plein est alors garanti, quelle que soit la durée de cotisation.
D'ailleurs, je reçois régulièrement des messages de lecteurs qui ignoraient ce droit. Il ne tombe pas du ciel : la caisse exige des pièces justificatives, et c'est souvent là que ça bloque.
Les assurés en situation de handicap disposent d'un autre levier avec le départ anticipé au titre de la RQTH. Mais les conditions sont strictes, et la régularisation des trimestres RQTH sur le relevé est souvent incomplète.
Le constat de l'Agirc-Arrco rejoint ce que nous observons tous : au moment de la demande de retraite, trop de dossiers arrivent avec des trous que personne n'a vérifiés.
L'invalidité se décline en trois catégories selon la gravité. La première permet de continuer à travailler, la deuxième constate une incapacité totale, la troisième ajoute le besoin d'une aide pour les actes de la vie courante.
À 62 ans, la pension d'invalidité s'arrête automatiquement et se transforme en retraite pour inaptitude au travail. Le taux plein est alors garanti, quelle que soit la durée de cotisation.
D'ailleurs, je reçois régulièrement des messages de lecteurs qui ignoraient ce droit. Il ne tombe pas du ciel : la caisse exige des pièces justificatives, et c'est souvent là que ça bloque.
Les assurés en situation de handicap disposent d'un autre levier avec le départ anticipé au titre de la RQTH. Mais les conditions sont strictes, et la régularisation des trimestres RQTH sur le relevé est souvent incomplète.
Le constat de l'Agirc-Arrco rejoint ce que nous observons tous : au moment de la demande de retraite, trop de dossiers arrivent avec des trous que personne n'a vérifiés.
Ce qu'il faut rassembler avant le 15 juin
Les Rencontres retraite de l'Agirc-Arrco proposent cette année 12 500 entretiens individuels gratuits dans 226 lieux d'information du réseau Agirc-Arrco en métropole et dans les DROM, ainsi qu'à distance par téléphone. Chaque rendez-vous dure une vingtaine de minutes avec un conseiller.
Les inscriptions sont ouvertes sur le site rencontres-retraite.fr. Avant de prendre rendez-vous, rassemblez les documents utiles : attestations d'indemnisation de la CPAM, arrêts de travail, bulletins de paie des mois encadrant l'interruption, et notification de pension d'invalidité le cas échéant.
Le conseiller vérifiera que toutes les périodes d'indemnisation ont bien été reportées, que les points gratuits Agirc-Arrco ont été correctement attribués, et il orientera si besoin vers les caisses de base pour les régularisations.
Deux webinaires complètent le dispositif : l'un sur l'impact des périodes non travaillées le 11 juin, l'autre sur les services en ligne le 15 juin.
Reste que cette vérification peut se faire sans attendre la semaine du 15 juin. Votre relevé de carrière est consultable à tout moment sur info-retraite.fr, et une anomalie corrigée aujourd'hui vous évitera une mauvaise surprise le jour de la liquidation.
Les inscriptions sont ouvertes sur le site rencontres-retraite.fr. Avant de prendre rendez-vous, rassemblez les documents utiles : attestations d'indemnisation de la CPAM, arrêts de travail, bulletins de paie des mois encadrant l'interruption, et notification de pension d'invalidité le cas échéant.
Le conseiller vérifiera que toutes les périodes d'indemnisation ont bien été reportées, que les points gratuits Agirc-Arrco ont été correctement attribués, et il orientera si besoin vers les caisses de base pour les régularisations.
Deux webinaires complètent le dispositif : l'un sur l'impact des périodes non travaillées le 11 juin, l'autre sur les services en ligne le 15 juin.
Reste que cette vérification peut se faire sans attendre la semaine du 15 juin. Votre relevé de carrière est consultable à tout moment sur info-retraite.fr, et une anomalie corrigée aujourd'hui vous évitera une mauvaise surprise le jour de la liquidation.


