Ce qu'il faut retenir
- L'article 102 de la LFSS 2026 refond totalement le cumul emploi-retraite à partir du 1er janvier 2027
- Avant 64 ans : chaque euro gagné en travaillant sera déduit de votre pension, dès le premier euro
- Entre 64 et 67 ans : au-delà de 7 000 € de revenus annuels, votre pension sera réduite de 50 % du dépassement
- Après 67 ans seulement : cumul totalement libre, sans plafond ni pénalité
- Seuls les retraités dont la première pension prend effet à partir du 1er janvier 2027 sont concernés
- Les retraités déjà en cumul avant cette date conservent les anciennes règles
Le piège en détail : comment la réforme ampute votre pension dès le premier euro
Le mécanisme est brutal et il tient en une phrase : à partir du 1er janvier 2027, si vous partez à la retraite et reprenez une activité professionnelle avant 64 ans, chaque euro gagné sera déduit de votre pension. Euro pour euro. Dès le premier centime.
C'est ce qu'on appelle un « écrêtement intégral » — autrement dit, une réduction automatique de votre pension à hauteur exacte de vos revenus d'activité. Concrètement : si votre pension s'élève à 1 400 € par mois et que vous reprenez un emploi à 900 €, votre pension tombe à 500 €. Si vous gagnez autant que votre pension, elle tombe à zéro.
Ce n'est pas un scénario hypothétique. C'est le texte de l'article 102 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 — la Loi de financement de la Sécurité sociale (le budget de la Sécu) pour 2026, publiée au Journal officiel le 31 décembre 2025.
👉 Point crucial : cette réforme ne s'applique qu'aux retraités dont la première pension de base prend effet à compter du 1er janvier 2027. Si vous avez déjà liquidé votre retraite avant cette date, vous conservez les anciennes règles. Mais pour tous les futurs retraités, le changement est radical.
C'est ce qu'on appelle un « écrêtement intégral » — autrement dit, une réduction automatique de votre pension à hauteur exacte de vos revenus d'activité. Concrètement : si votre pension s'élève à 1 400 € par mois et que vous reprenez un emploi à 900 €, votre pension tombe à 500 €. Si vous gagnez autant que votre pension, elle tombe à zéro.
Ce n'est pas un scénario hypothétique. C'est le texte de l'article 102 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 — la Loi de financement de la Sécurité sociale (le budget de la Sécu) pour 2026, publiée au Journal officiel le 31 décembre 2025.
👉 Point crucial : cette réforme ne s'applique qu'aux retraités dont la première pension de base prend effet à compter du 1er janvier 2027. Si vous avez déjà liquidé votre retraite avant cette date, vous conservez les anciennes règles. Mais pour tous les futurs retraités, le changement est radical.
Qui est concerné : 710 000 retraités actifs et tous les futurs départs
En France, le cumul emploi-retraite — le fait de travailler tout en touchant sa pension — concerne 710 000 personnes selon le dernier rapport de la Cour des comptes publié en mai 2025. Parmi elles, 579 000 relèvent du régime général.
Ce dispositif a explosé ces dernières années. Entre 2009 et 2020, le nombre de bénéficiaires a augmenté de 75 % — bien plus vite que le nombre total de retraités. Et depuis la réforme de 2023 qui permettait d'acquérir de nouveaux droits à pension en cumulant, l'attractivité du système s'est encore renforcée.
C'est précisément cette attractivité que le gouvernement veut freiner. La Cour des comptes a pointé ce qu'elle appelle des « effets d'aubaine » : le dispositif profite majoritairement à des cadres aux pensions déjà élevées (27 % des bénéficiaires), bien plus qu'aux retraités modestes cherchant un complément de revenus. L'objectif affiché : 1,9 milliard d'euros d'économies d'ici 2030.
Les profils les plus exposés à la réforme :
Ce dispositif a explosé ces dernières années. Entre 2009 et 2020, le nombre de bénéficiaires a augmenté de 75 % — bien plus vite que le nombre total de retraités. Et depuis la réforme de 2023 qui permettait d'acquérir de nouveaux droits à pension en cumulant, l'attractivité du système s'est encore renforcée.
C'est précisément cette attractivité que le gouvernement veut freiner. La Cour des comptes a pointé ce qu'elle appelle des « effets d'aubaine » : le dispositif profite majoritairement à des cadres aux pensions déjà élevées (27 % des bénéficiaires), bien plus qu'aux retraités modestes cherchant un complément de revenus. L'objectif affiché : 1,9 milliard d'euros d'économies d'ici 2030.
Les profils les plus exposés à la réforme :
- Les départs en retraite anticipée pour carrière longue (plus de 21 % des cumulants actuels sont partis avant 62 ans)
- Les femmes bénéficiant de trimestres maternité, qui partent souvent avant l'âge légal
- Les retraités ayant racheté des trimestres pour partir plus tôt
- Tous ceux qui comptaient sur le cumul pour compléter une petite pension
Combien pouvez-vous perdre : les trois tranches d'âge qui changent tout
La réforme remplace l'ancien système (basé sur le nombre de trimestres cotisés) par un mécanisme à trois tranches d'âge. L'âge au moment de la reprise d'activité détermine désormais tout :
Exemple concret : Martine, 62 ans, part en retraite anticipée pour carrière longue avec une pension de 1 200 € par mois. Elle reprend un emploi à temps partiel payé 800 €. Sous les règles actuelles, elle touche les deux — soit 2 000 € au total. Avec la réforme, sa pension est amputée de 800 €. Elle ne touchera plus que 400 € de pension + 800 € de salaire = 1 200 € au total. Elle travaille pour rien.
Pour un retraité de 65 ans qui gagne 12 000 € par an en activité complémentaire : le dépassement du seuil est de 5 000 € (12 000 - 7 000). Sa pension sera réduite de 2 500 € par an, soit environ 208 € par mois.
Avant 64 ans Écrêtement total
Réduction de la pension
100 % des revenus d'activité, dès le 1er euro
Conséquence concrète
Si vous gagnez autant que votre pension → pension à 0 €
De 64 à 67 ans Cumul plafonné
Seuil de revenus annuels autorisé
Environ 7 000 € / an (décret à paraître)
Au-delà du seuil
Pension réduite de 50 % du dépassement
Après 67 ans Cumul libre
Plafond de revenus
Aucun — cumul intégral sans limite
Seconde pension
Déplafonnée (ancien plafond de 2 355 €/an supprimé)
Exemple concret : Martine, 62 ans, part en retraite anticipée pour carrière longue avec une pension de 1 200 € par mois. Elle reprend un emploi à temps partiel payé 800 €. Sous les règles actuelles, elle touche les deux — soit 2 000 € au total. Avec la réforme, sa pension est amputée de 800 €. Elle ne touchera plus que 400 € de pension + 800 € de salaire = 1 200 € au total. Elle travaille pour rien.
Pour un retraité de 65 ans qui gagne 12 000 € par an en activité complémentaire : le dépassement du seuil est de 5 000 € (12 000 - 7 000). Sa pension sera réduite de 2 500 € par an, soit environ 208 € par mois.
Comment éviter ce piège : les trois stratégies à connaître avant 2027
La date butoir est le 1er janvier 2027. Si votre première pension de base prend effet avant cette date, vous restez sous l'ancien régime — plus favorable. Voici les options à envisager dès maintenant.
1. Liquider votre retraite avant le 31 décembre 2026
C'est la stratégie la plus directe. Si vous remplissez les conditions de départ (âge légal atteint ou départ anticipé possible), liquider votre pension avant le 1er janvier 2027 vous place sous les anciennes règles du cumul. Cela signifie un cumul intégral si vous avez le taux plein, ou un cumul plafonné mais nettement plus favorable que le nouveau système. Attention : cette décision est irréversible. Faites vos calculs avant.
2. Opter pour la retraite progressive
Ce dispositif permet de réduire votre temps de travail (entre 40 % et 80 % d'un temps plein) tout en touchant une fraction de votre pension, sans la liquider définitivement. C'est explicitement l'alternative que le législateur met en avant. L'avantage : vous continuez à cotiser et à améliorer vos droits, sans déclencher le mécanisme d'écrêtement.
3. Attendre 67 ans pour le cumul libre
À partir de 67 ans, le cumul redevient totalement libre — sans plafond et sans pénalité. Mieux : le plafond de la seconde pension (autrefois limité à 2 355 € par an) est supprimé. Pour ceux qui peuvent se le permettre financièrement, repousser la reprise d'activité après 67 ans est la stratégie la plus avantageuse.
👉 Le bon réflexe : demandez un entretien information retraite auprès de votre caisse. Ce rendez-vous gratuit permet de simuler votre situation personnelle sur le site de l'Assurance retraite et de choisir la stratégie la plus adaptée à votre cas.
1. Liquider votre retraite avant le 31 décembre 2026
C'est la stratégie la plus directe. Si vous remplissez les conditions de départ (âge légal atteint ou départ anticipé possible), liquider votre pension avant le 1er janvier 2027 vous place sous les anciennes règles du cumul. Cela signifie un cumul intégral si vous avez le taux plein, ou un cumul plafonné mais nettement plus favorable que le nouveau système. Attention : cette décision est irréversible. Faites vos calculs avant.
2. Opter pour la retraite progressive
Ce dispositif permet de réduire votre temps de travail (entre 40 % et 80 % d'un temps plein) tout en touchant une fraction de votre pension, sans la liquider définitivement. C'est explicitement l'alternative que le législateur met en avant. L'avantage : vous continuez à cotiser et à améliorer vos droits, sans déclencher le mécanisme d'écrêtement.
3. Attendre 67 ans pour le cumul libre
À partir de 67 ans, le cumul redevient totalement libre — sans plafond et sans pénalité. Mieux : le plafond de la seconde pension (autrefois limité à 2 355 € par an) est supprimé. Pour ceux qui peuvent se le permettre financièrement, repousser la reprise d'activité après 67 ans est la stratégie la plus avantageuse.
👉 Le bon réflexe : demandez un entretien information retraite auprès de votre caisse. Ce rendez-vous gratuit permet de simuler votre situation personnelle sur le site de l'Assurance retraite et de choisir la stratégie la plus adaptée à votre cas.
Sources :
- Ministère du Travail et des Solidarités, « Le cumul emploi-retraite », mis à jour le 20 janvier 2026
- Vie-publique.fr, « Loi de financement de la sécurité sociale 2026 », 6 janvier 2026
- Cour des comptes, « Le cumul emploi-retraite : un coût élevé, une cohérence à établir », mai 2025
- Légifrance, article 102 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025
- Ministère du Travail et des Solidarités, « Le cumul emploi-retraite », mis à jour le 20 janvier 2026
- Vie-publique.fr, « Loi de financement de la sécurité sociale 2026 », 6 janvier 2026
- Cour des comptes, « Le cumul emploi-retraite : un coût élevé, une cohérence à établir », mai 2025
- Légifrance, article 102 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025

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