Au fil des entretiens menés par Ipsos, un phénomène revient avec insistance. Beaucoup de seniors associent toujours la vaccination des adultes au seul vaccin contre la grippe saisonnière, laissant de côté d’autres injections pourtant essentielles. « Je pensais qu’à part la grippe, il n’y avait rien d’autre pour nous », confie ainsi une femme de 72 ans interrogée dans le cadre de l’enquête. Cette confusion, selon les auteurs du rapport, témoigne d’un manque de clarté dans la communication institutionnelle. Le vaccin contre le pneumocoque, pourtant recommandé depuis plusieurs années, ne semble pas avoir trouvé sa place dans les messages de santé publique perçus par les seniors
Derrière cette méconnaissance, les enjeux sanitaires sont loin d’être théoriques. Le pneumocoque demeure l’une des causes majeures de pneumonies graves, de septicémies et de méningites chez les personnes âgées. Chaque hiver, ces infections conduisent à des hospitalisations nombreuses, parfois évitables grâce à la vaccination. Les auteurs du rapport rappellent que la protection est accessible, administrable par plusieurs professionnels, et largement compatible avec les autres vaccins recommandés aux plus de 65 ans. Reste à rendre cette information visible pour qu’elle soit réellement comprise et suivie.
Face à ces constats, Ipsos appelle à un effort de pédagogie renouvelé. L’enjeu n’est pas seulement d’informer, mais de lever les ambiguïtés, de clarifier les recommandations et de rétablir un discours cohérent sur la vaccination des seniors. Plusieurs pistes sont évoquées, notamment une communication renforcée en pharmacies, une mention plus systématique lors des consultations de médecine générale et une mise en avant plus lisible des recommandations officielles dans les supports publics. Pour les auteurs, l'objectif est clair : créer les conditions d’une meilleure adhésion pour réduire les formes graves de pneumonies dans une population particulièrement vulnérable.