Retraite

Retraite : ces 3 pièges de février qui annulent la hausse de votre pension

Par | Publié le 02/02/2026 à 06:55

Le virement du lundi 9 février 2026 marquera, pour 17 millions de retraités, le premier versement intégrant la revalorisation de 0,9 % des pensions de base. Pourtant, entre le nouveau taux de CSG (Contribution Sociale Généralisée, le prélèvement social sur les pensions), le gel de la complémentaire Agirc-Arrco et un effet de seuil fiscal redoutable, de nombreux retraités risquent de constater un montant net inférieur à celui espéré. Voici les trois pièges à connaître et le calcul pour vérifier votre montant.


Ce qu'il faut retenir

  1. La revalorisation de 0,9 % des pensions de base est visible pour la première fois sur le virement du 9 février 2026 (régime général).
  2. La retraite complémentaire Agirc-Arrco reste gelée à 0 % : pour un ancien salarié du privé, le gain réel se limite à environ +0,6 % de la pension totale.
  3. Un changement de taux de CSG (le prélèvement social) peut annuler ou dépasser la hausse brute si votre Revenu Fiscal de Référence a franchi un seuil.
  4. Pour vérifier : multipliez votre ancienne pension de base brute par 1,009. Le résultat doit correspondre au nouveau montant brut.
  5. Le changement de CSG sur la complémentaire Agirc-Arrco n'apparaîtra qu'en mars 2026, pas en février.
Un retraité compare le montant de sa pension de février sur un relevé de paiement © SeniorActu
Un retraité compare le montant de sa pension de février sur un relevé de paiement © SeniorActu

Février 2026 : le moment de vérité pour votre pension revalorisée

Depuis le 1er janvier 2026, les pensions de retraite de base ont officiellement augmenté de 0,9 %. Ce taux, fixé par l'instruction interministérielle du 15 décembre 2025, applique un coefficient multiplicateur de 1,009 à toutes les pensions versées par la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse (CNAV, la caisse de retraite des salariés du privé), la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et les régimes de la fonction publique.

Mais cette hausse reste invisible sur le compte bancaire tant que le premier virement revalorisé n'est pas arrivé. Or le régime général verse les pensions avec un mois de décalage : le virement de janvier correspond à la pension de décembre, donc à l'ancien montant.

C'est donc le virement du lundi 9 février 2026 qui matérialise la première pension de base revalorisée pour les affiliés au régime général. Les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers relevant de la CNRACL (Caisse Nationale de Retraites des Agents des Collectivités Locales) recevront leur pension le mercredi 25 février, et les fonctionnaires d'État le jeudi 26 février.

Quant à la retraite complémentaire Agirc-Arrco (le régime complémentaire des salariés du privé), elle sera versée dès le lundi 2 février, mais sans aucune hausse. L'intégralité du calendrier officiel des versements est consultable sur service-public.gouv.fr.

Piège n°1 : la complémentaire gelée réduit la hausse réelle à 0,6 %

Le premier piège concerne les 13 millions d'anciens salariés du privé affiliés à l'Agirc-Arrco. Leur retraite complémentaire est gelée depuis novembre 2025 et le restera jusqu'en octobre 2026. La valeur du point reste figée à 1,4386 €.

Conséquence directe : seule la pension de base augmente de 0,9 %. Or la complémentaire représente environ un tiers de la pension totale pour un ancien salarié du privé. La hausse réelle sur l'ensemble des revenus se limite donc à environ +0,6 %.

Prenons un exemple concret. Un retraité percevant 1 500 € au total (1 000 € de base + 500 € de complémentaire) ne gagnera que +9 € par mois, soit 0,6 % de sa pension globale. Pour une pension totale de 1 000 € (700 € de base + 300 € de complémentaire), le gain se limite à +6,30 €.

Ce gel n'est pas une décision de l'État mais des partenaires sociaux (organisations patronales et syndicales) qui gèrent le régime Agirc-Arrco de façon autonome. La prochaine revalorisation éventuelle n'interviendra pas avant novembre 2026.

Piège n°2 : le changement de CSG qui peut effacer la hausse

Le deuxième piège est le plus redoutable. Chaque année, le taux de CSG appliqué aux pensions est recalculé en fonction de votre Revenu Fiscal de Référence, ou RFR (le montant indiqué en première page de votre avis d'impôt). Ce RFR détermine si vous êtes exonéré de prélèvements sociaux, ou si vous payez un taux réduit, intermédiaire ou plein.

En 2026, les seuils ont été revalorisés de 1,8 %. Or les pensions avaient augmenté de 5,3 % en 2024. Résultat : les revenus de nombreux retraités ont progressé plus vite que les seuils. Certains franchissent donc une tranche et se retrouvent avec un taux de CSG plus élevé.

Le passage du taux réduit (3,8 %) au taux intermédiaire (6,6 %) représente un bond de 2,8 points de prélèvement. Sur une pension brute de 1 500 €, cela signifie 42 € de prélèvements supplémentaires par mois, bien plus que les 9 € gagnés avec la revalorisation.

Voici les seuils de RFR à connaître pour 2026 (revenus 2024, avis d'impôt 2025) :

 
0% Exonération totale
👤
Personne seule (1 part)
RFR ≤ 13 048 €
👥
Couple (2 parts)
RFR ≤ 20 016 €
3,8% Taux réduit de CSG
👤
Personne seule (1 part)
RFR ≤ 17 056 €
👥
Couple (2 parts)
RFR ≤ 26 166 €
6,6% Taux intermédiaire
👤
Personne seule (1 part)
RFR ≤ 26 471 €
👥
Couple (2 parts)
RFR ≤ 40 603 €
8,3% Taux plein
👤
Personne seule (1 part)
RFR > 26 471 €
👥
Couple (2 parts)
RFR > 40 603 €

Source officielle : Barème CFDT Retraités basé sur la lettre ministérielle, revalorisé de 1,8 % et arrondi à l'euro le plus proche (https://www.cfdt-retraités.fr/CSG2026).

Point de vigilance important : un dispositif de lissage protège les retraités au taux réduit de 3,8 %. Le passage à un taux supérieur n'intervient que si le dépassement du seuil est constaté deux années consécutives. En revanche, aucun lissage n'existe entre l'exonération totale et le taux réduit. Un retraité qui dépasse le seuil d'exonération, même de quelques euros, bascule immédiatement au taux de 3,8 %.

Attention : le nouveau taux de CSG s'applique sur la pension de base dès le virement de février, mais sur la complémentaire Agirc-Arrco seulement à partir de mars 2026. La mauvaise surprise peut donc arriver en deux temps.

Piège n°3 : le calcul que personne ne fait pour vérifier son montant

Beaucoup de retraités se contentent de regarder le montant net sur leur relevé bancaire sans le comparer à ce qu'il devrait être. Voici comment vérifier en trois étapes simples.

Étape 1 : retrouvez votre montant brut de pension de base de décembre 2025 (sur votre espace personnel lassuranceretraite.fr ou sur le relevé papier).

Étape 2 : multipliez ce montant par 1,009. Le résultat correspond à votre nouvelle pension de base brute. Par exemple : 1 200 € × 1,009 = 1 210,80 €, soit +10,80 € par mois.

Étape 3 : comparez ce résultat au montant brut qui apparaît sur votre relevé de février. Si l'écart ne correspond pas, adressez une réclamation via votre espace personnel ou contactez votre caisse régionale.

Cas particulier des anciens salariés du privé : ne comparez que la pension de base (versée par la CNAV ou la Caisse d'Assurance Retraite et de Santé au Travail, ou Carsat). La complémentaire Agirc-Arrco, elle, ne doit pas avoir bougé en février. Si vous constatez une baisse sur la complémentaire dès février, il peut s'agir d'une erreur à signaler.

Pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, la CNRACL a confirmé que la revalorisation de 0,9 % est déjà effective sur la pension versée fin janvier 2026. Le virement de février intégrera donc le bon montant.

Ce qu'il faut faire dès réception du virement de février

Dès le lundi 9 février pour les affiliés au régime général, voici les réflexes à adopter.

Premier réflexe : connectez-vous à votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr pour consulter le détail du virement et vérifier que le montant brut a bien été multiplié par 1,009.

Deuxième réflexe : comparez le montant net de février au net de décembre 2025 (et non janvier, qui correspond à la pension de décembre). Si le net a baissé malgré une hausse du brut, c'est probablement un changement de taux de CSG. Vérifiez votre RFR sur votre dernier avis d'impôt et reportez-vous aux seuils ci-dessus.

Troisième réflexe : si vous êtes au taux réduit de CSG (3,8 %) et que vous constatez un passage au taux intermédiaire (6,6 %), vérifiez si le dépassement du seuil a bien été constaté sur deux années consécutives. Si ce n'est le cas que sur une seule année, vous pouvez contester auprès de votre caisse.

Enfin, les anciens salariés du privé devront surveiller à nouveau leur relevé en mars 2026, lorsque le nouveau taux de CSG sera appliqué à la complémentaire Agirc-Arrco. Une seconde mauvaise surprise n'est pas exclue.


Sources :
- Service-public.gouv.fr, Calendrier des paiements de retraite 2026, 5 janvier 2026
- L'Assurance Retraite (lassuranceretraite.fr), Calendrier et modalités de paiement, 2026
- Instruction interministérielle DSS/3A/DB/6BRS/2025/174 du 15 décembre 2025
- CNRACL, Les changements sur vos pensions en 2026



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