Nouveau : Posez une question à votre IA !
Obtenez des précisions ou des analyses complémentaires sur cet article en un clic
Quand une étude américaine fait tomber un ingénieur retraité de sa chaise
Bavière, début des années 2010. Michael Lenke vient de prendre sa retraite à 63 ans.
Cet ancien ingénieur passe ses journées à lire et à bricoler. Il tombe un jour sur une étude américaine qui le sidère : près de la moitié des femmes déclarent ne jamais atteindre l'orgasme régulièrement. Pour Michael, marié depuis trente ans à Brigitte, ce constat ressemble à un défi.
« J'ai lu que 40 à 50 % des femmes ne connaissaient pas l'orgasme. Je me suis demandé comment c'était possible, et j'ai voulu tenter de changer les choses », confie-t-il dans un entretien à Konbini.
La réponse, il va la chercher dans la science.Pendant des mois, le retraité bavarois compulse des publications de gynécologie, échange avec des spécialistes, étudie l'anatomie féminine. Il finit par formuler une hypothèse aussi technique que simple : et si la stimulation par variations de pression d'air, sans contact direct, était plus efficace que les vibrations classiques ?
Cet ancien ingénieur passe ses journées à lire et à bricoler. Il tombe un jour sur une étude américaine qui le sidère : près de la moitié des femmes déclarent ne jamais atteindre l'orgasme régulièrement. Pour Michael, marié depuis trente ans à Brigitte, ce constat ressemble à un défi.
« J'ai lu que 40 à 50 % des femmes ne connaissaient pas l'orgasme. Je me suis demandé comment c'était possible, et j'ai voulu tenter de changer les choses », confie-t-il dans un entretien à Konbini.
La réponse, il va la chercher dans la science.Pendant des mois, le retraité bavarois compulse des publications de gynécologie, échange avec des spécialistes, étudie l'anatomie féminine. Il finit par formuler une hypothèse aussi technique que simple : et si la stimulation par variations de pression d'air, sans contact direct, était plus efficace que les vibrations classiques ?
Une pompe d'aquarium, un tuyau et une épouse qui accepte de servir de cobaye
Reste encore à passer du papier à l'objet...
Michael s'empare alors d'une pompe d'aquarium et d'un tuyau en plastique, puis descend dans la cave de leur maison de Metten.
Le premier prototype est rudimentaire. La pompe modifiée n'aspire plus l'eau d'un bocal à poissons mais souffle au contraire un courant d'air alterné dans un embout calibré. Encore faut-il l'essayer. Or Michael Lenke a un problème évident : il n'est pas une femme.
La phrase qu'il répétera plus tard à plusieurs médias devient son credo de bricoleur : « Un homme seul ne pouvait pas inventer ça. »
Sa femme Brigitte, 57 ans à l'époque, banquière de formation, accepte alors de jouer les cobayes. Le premier essai est un échec total, la pression est trop forte et le résultat franchement désagréable.
Brigitte demandera à plusieurs reprises à son mari d'arrêter et de trouver une autre invention à développer. Mais Michael s'obstine, recalibre, ajuste pression et rythme, des semaines durant. Cette persévérance pose, sans qu'il le sache, la première règle du futur Womanizer. Sans le travail de tests minutieux d'une femme, l'objet n'existerait tout simplement pas...
Michael s'empare alors d'une pompe d'aquarium et d'un tuyau en plastique, puis descend dans la cave de leur maison de Metten.
Le premier prototype est rudimentaire. La pompe modifiée n'aspire plus l'eau d'un bocal à poissons mais souffle au contraire un courant d'air alterné dans un embout calibré. Encore faut-il l'essayer. Or Michael Lenke a un problème évident : il n'est pas une femme.
La phrase qu'il répétera plus tard à plusieurs médias devient son credo de bricoleur : « Un homme seul ne pouvait pas inventer ça. »
Sa femme Brigitte, 57 ans à l'époque, banquière de formation, accepte alors de jouer les cobayes. Le premier essai est un échec total, la pression est trop forte et le résultat franchement désagréable.
Brigitte demandera à plusieurs reprises à son mari d'arrêter et de trouver une autre invention à développer. Mais Michael s'obstine, recalibre, ajuste pression et rythme, des semaines durant. Cette persévérance pose, sans qu'il le sache, la première règle du futur Womanizer. Sans le travail de tests minutieux d'une femme, l'objet n'existerait tout simplement pas...
Un test grandeur nature dans le club échangiste local
En 2013, après plus d'un an de tests dans la cave bavaroise, Michael Lenke remet à sa femme un prototype qu'il juge enfin abouti. Brigitte teste, et cette fois, la conviction est immédiate : l'objet fonctionne.
Mais une intuition de couple ne fait pas une invention industrielle. Pour valider scientifiquement son prototype, Michael cherche un panel de testeuses bénévoles.
Sa démarche est alors pour le moins inattendue : il contacte le club échangiste local et demande l'autorisation de proposer son appareil aux femmes membres du club.
« Ils ont répondu : viens seulement », racontera plus tard Johannes Plettenberg, futur directeur général du groupe WowTech repreneur de la marque, au média Sifted.
Sur 50 femmes volontaires, 49 atteignent l'orgasme en quelques minutes. Le résultat est sans appel.
Michael Lenke dépose le brevet sous le nom de Pleasure Air Technology, et Brigitte choisit le nom commercial : ce sera Womanizer.
La commercialisation démarre depuis leur salon en 2014. Le couple prend les commandes, emballe les colis et expédie depuis le rez-de-chaussée de leur maison. À croire que toutes les success stories commencent un jour dans un garage...
Mais une intuition de couple ne fait pas une invention industrielle. Pour valider scientifiquement son prototype, Michael cherche un panel de testeuses bénévoles.
Sa démarche est alors pour le moins inattendue : il contacte le club échangiste local et demande l'autorisation de proposer son appareil aux femmes membres du club.
« Ils ont répondu : viens seulement », racontera plus tard Johannes Plettenberg, futur directeur général du groupe WowTech repreneur de la marque, au média Sifted.
Sur 50 femmes volontaires, 49 atteignent l'orgasme en quelques minutes. Le résultat est sans appel.
Michael Lenke dépose le brevet sous le nom de Pleasure Air Technology, et Brigitte choisit le nom commercial : ce sera Womanizer.
La commercialisation démarre depuis leur salon en 2014. Le couple prend les commandes, emballe les colis et expédie depuis le rez-de-chaussée de leur maison. À croire que toutes les success stories commencent un jour dans un garage...
Ce que les chiffres de l'Inserm racontent vraiment sur la sexualité après 50 ans
Au-delà du film, qu'en est-il vraiment de la sexualité après 50 ans en France ? L'enquête CSF-2023, publiée par l'Inserm et l'ANRS-Maladies infectieuses émergentes en novembre 2024, apporte les chiffres de référence.
C'est la quatrième enquête nationale du genre depuis 1970. Plus de 31 000 personnes âgées de 15 à 89 ans ont été interrogées entre novembre 2022 et décembre 2023, sous la responsabilité scientifique de la sociologue Nathalie Bajos et de son équipe.
Le premier chiffre brise un cliché : 56,6 % des femmes et 73,8 % des hommes restent sexuellement actifs après 50 ans. Mieux : entre 80 et 89 ans, encore 10,9 % des femmes et 39,5 % des hommes déclarent avoir des rapports dans l'année.
La satisfaction sexuelle, elle, ne s'effondre pas avec l'âge comme on l'imagine souvent. Chez les hommes de 50 à 59 ans actifs sexuellement, 70,8 % se déclarent satisfaits ou très satisfaits de leur sexualité.
Reste un point que la recherche met en lumière : la masturbation féminine est sortie de l'ombre.
En 1992, 42,4 % des femmes de 18-69 ans déclaraient s'être déjà masturbées. Trente ans plus tard, le chiffre atteint 72,9 %.
Voilà le contexte dans lequel le film de Reem Kherici sort cette semaine. Et c'est aussi celui dans lequel le Womanizer s'est imposé en dix ans comme le sextoy le plus vendu au monde.
C'est la quatrième enquête nationale du genre depuis 1970. Plus de 31 000 personnes âgées de 15 à 89 ans ont été interrogées entre novembre 2022 et décembre 2023, sous la responsabilité scientifique de la sociologue Nathalie Bajos et de son équipe.
Le premier chiffre brise un cliché : 56,6 % des femmes et 73,8 % des hommes restent sexuellement actifs après 50 ans. Mieux : entre 80 et 89 ans, encore 10,9 % des femmes et 39,5 % des hommes déclarent avoir des rapports dans l'année.
La satisfaction sexuelle, elle, ne s'effondre pas avec l'âge comme on l'imagine souvent. Chez les hommes de 50 à 59 ans actifs sexuellement, 70,8 % se déclarent satisfaits ou très satisfaits de leur sexualité.
Reste un point que la recherche met en lumière : la masturbation féminine est sortie de l'ombre.
En 1992, 42,4 % des femmes de 18-69 ans déclaraient s'être déjà masturbées. Trente ans plus tard, le chiffre atteint 72,9 %.
Voilà le contexte dans lequel le film de Reem Kherici sort cette semaine. Et c'est aussi celui dans lequel le Womanizer s'est imposé en dix ans comme le sextoy le plus vendu au monde.
Pourquoi Lamy et Cluzet portent ce sujet à l'écran cette semaine
Pourquoi ce film maintenant, et pourquoi avec ce duo précis ?
Reem Kherici, qui a découvert l'histoire des Lenke dans un reportage Konbini, en a fait son quatrième long métrage en assumant une comédie populaire grand public.
Le casting n'est pas anodin. Alexandra Lamy et François Cluzet sont deux visages familiers particulièrement populaires chez les plus de 50 ans, et leur première collaboration ensemble à l'écran est déjà un événement en soi.
« Pour le plaisir est une comédie rafraîchissante autour du sexe et du désir, portée avec beaucoup d'énergie par Cluzet et Lamy », résume AlloCiné dans sa revue de presse.
Pourquoi ce film maintenant, et pourquoi avec ce duo précis ? Reem Kherici, qui a découvert l'histoire des Lenke dans un reportage Konbini, en a fait son quatrième long métrage en assumant une comédie populaire grand public.
Le casting n'est pas anodin. Alexandra Lamy et François Cluzet sont deux visages familiers du lectorat de plus de 50 ans, et leur première collaboration ensemble à l'écran fait événement.
« Pour le plaisir est une comédie rafraîchissante autour du sexe et du désir, portée avec beaucoup d'énergie par Cluzet et Lamy », résume AlloCiné dans sa revue de presse. Et c'est sans doute la nouveauté principale du film : son grand public assumé.
Reem Kherici, à l'origine, ne voulait pas du film. Issue d'une famille conservatrice et mère de deux enfants, la réalisatrice avait refusé une première fois la proposition des producteurs.
Ce qui l'a finalement convaincue, c'est l'angle. Plutôt que filmer une scène d'invention industrielle, elle a voulu raconter le moteur intime du couple Lenke et la complicité qui les unit.
« On peut évidemment aborder la question du sexe sans être vulgaire, il me suffisait de suivre mon instinct et mes goûts », a-t-elle expliqué à AlloCiné. Le mot d'ordre du tournage devient alors « élégance ».
Concrètement, cela se traduit par un parti pris de pudeur revendiqué. Pas de gros plan voyeur, pas de mise en scène lourde, et même une coordinatrice d'intimité présente sur le plateau pour cadrer chaque scène délicate avec les comédiens.
Alexandra Lamy le souligne dans plusieurs interviews. La cinéaste filme l'orgasme « de l'intérieur », par les expressions et les ressentis du visage, jamais frontalement.
« On ne voit rien et pourtant on ressent tout », résume l'actrice. Une approche qui fait écho à l'esprit même du couple Lenke : un sujet sensible, manipulé avec respect plutôt qu'avec voyeurisme.
Le résultat à l'écran s'inscrit dans une libération de la parole déjà bien engagée. La quatrième enquête CSF-2023 le documente : la sexualité féminine après 50 ans n'est plus le tabou silencieux qu'elle représentait il y a trente ans.
Reste à savoir si le grand public, et notamment celui des plus de 50 ans, suivra. Le couple Lenke sera à Paris pour la sortie du film.
À 75 ans, le retraité pourra mesurer tout le chemin parcouru depuis cette petite pompe d'aquarium installée dans sa cave bavaroise...
➡️ Découvrir la bande annonce du film Pour le plaisir
➡️ Découvrir les produits de la marque Womanizer sur Amazon (lien affilié)
Reem Kherici, qui a découvert l'histoire des Lenke dans un reportage Konbini, en a fait son quatrième long métrage en assumant une comédie populaire grand public.
Le casting n'est pas anodin. Alexandra Lamy et François Cluzet sont deux visages familiers particulièrement populaires chez les plus de 50 ans, et leur première collaboration ensemble à l'écran est déjà un événement en soi.
« Pour le plaisir est une comédie rafraîchissante autour du sexe et du désir, portée avec beaucoup d'énergie par Cluzet et Lamy », résume AlloCiné dans sa revue de presse.
Sur le même sujet :
Découvrez nos autres articles consacrés à la santé sexuelle et à la vie de couple après 50 ans
Découvrez nos autres articles consacrés à la santé sexuelle et à la vie de couple après 50 ans
Pourquoi ce film maintenant, et pourquoi avec ce duo précis ? Reem Kherici, qui a découvert l'histoire des Lenke dans un reportage Konbini, en a fait son quatrième long métrage en assumant une comédie populaire grand public.
Le casting n'est pas anodin. Alexandra Lamy et François Cluzet sont deux visages familiers du lectorat de plus de 50 ans, et leur première collaboration ensemble à l'écran fait événement.
« Pour le plaisir est une comédie rafraîchissante autour du sexe et du désir, portée avec beaucoup d'énergie par Cluzet et Lamy », résume AlloCiné dans sa revue de presse. Et c'est sans doute la nouveauté principale du film : son grand public assumé.
Sur le même sujet :
Découvrez nos autres articles consacrés à la santé sexuelle et à la vie de couple après 50 ans
Découvrez nos autres articles consacrés à la santé sexuelle et à la vie de couple après 50 ans
Reem Kherici, à l'origine, ne voulait pas du film. Issue d'une famille conservatrice et mère de deux enfants, la réalisatrice avait refusé une première fois la proposition des producteurs.
Ce qui l'a finalement convaincue, c'est l'angle. Plutôt que filmer une scène d'invention industrielle, elle a voulu raconter le moteur intime du couple Lenke et la complicité qui les unit.
« On peut évidemment aborder la question du sexe sans être vulgaire, il me suffisait de suivre mon instinct et mes goûts », a-t-elle expliqué à AlloCiné. Le mot d'ordre du tournage devient alors « élégance ».
Concrètement, cela se traduit par un parti pris de pudeur revendiqué. Pas de gros plan voyeur, pas de mise en scène lourde, et même une coordinatrice d'intimité présente sur le plateau pour cadrer chaque scène délicate avec les comédiens.
Alexandra Lamy le souligne dans plusieurs interviews. La cinéaste filme l'orgasme « de l'intérieur », par les expressions et les ressentis du visage, jamais frontalement.
« On ne voit rien et pourtant on ressent tout », résume l'actrice. Une approche qui fait écho à l'esprit même du couple Lenke : un sujet sensible, manipulé avec respect plutôt qu'avec voyeurisme.
Le résultat à l'écran s'inscrit dans une libération de la parole déjà bien engagée. La quatrième enquête CSF-2023 le documente : la sexualité féminine après 50 ans n'est plus le tabou silencieux qu'elle représentait il y a trente ans.
Reste à savoir si le grand public, et notamment celui des plus de 50 ans, suivra. Le couple Lenke sera à Paris pour la sortie du film.
À 75 ans, le retraité pourra mesurer tout le chemin parcouru depuis cette petite pompe d'aquarium installée dans sa cave bavaroise...
➡️ Découvrir la bande annonce du film Pour le plaisir
➡️ Découvrir les produits de la marque Womanizer sur Amazon (lien affilié)
Sources :
- Inserm - ANRS-MIE, "Premiers résultats de l'enquête CSF-2023 - Contexte des sexualités en France", 13 novembre 2024
- AlloCiné, fiche film "Pour le plaisir", mai 2026
- franceinfo Culture, "Pour le plaisir : Alexandra Lamy et François Cluzet dans une quête de l'orgasme féminin", 6 mai 2026
- 20 Minutes, entretien avec Brigitte et Michael Lenke, mai 2026
- Watson.ch / Sifted / Konbini, témoignages Michael et Brigitte Lenke, inventeurs du Womanizer
- Inserm - ANRS-MIE, "Premiers résultats de l'enquête CSF-2023 - Contexte des sexualités en France", 13 novembre 2024
- AlloCiné, fiche film "Pour le plaisir", mai 2026
- franceinfo Culture, "Pour le plaisir : Alexandra Lamy et François Cluzet dans une quête de l'orgasme féminin", 6 mai 2026
- 20 Minutes, entretien avec Brigitte et Michael Lenke, mai 2026
- Watson.ch / Sifted / Konbini, témoignages Michael et Brigitte Lenke, inventeurs du Womanizer


