Ce qu'il faut retenir
- La Fashion Week 2026 marque un tournant : plusieurs grandes maisons ont confié leurs podiums et leurs campagnes à des femmes de plus de 50 ans
- Ce choix intervient alors que le secteur du luxe traverse sa pire période financière depuis des années, avec des ventes en recul chez les deux plus grands groupes mondiaux
- Derrière l'image d'inclusivité, une réalité économique que les lectrices de SeniorActu connaissent bien : les femmes mûres détiennent le pouvoir d'achat que l'industrie recherche désespérément
Les grandes maisons de luxe misent désormais sur les femmes de plus de 50 ans pour relancer leurs ventes © SeniorActu
Des icônes de 50 à 79 ans sur les podiums les plus prestigieux
Le signal le plus fort est venu de Chanel. En janvier 2026, c'est Stéphanie Cavalli, 50 ans, chevelure poivre et sel assumée, qui a ouvert le défilé haute couture printemps-été de la maison. Un choix remarqué dans un univers où l'immense majorité des mannequins a moins de 30 ans.
Quelques semaines plus tard, Burberry a dévoilé sa campagne printemps-été 2026 avec un visage que les sexagénaires et septuagénaires d'aujourd'hui connaissent bien : Twiggy, 76 ans, icône absolue du Swinging London des années 1960. Photographiée en trench de cuir frangé, celle qui avait été repérée à 16 ans n'a rien perdu de son regard espiègle. Le directeur créatif Daniel Lee a construit toute sa campagne autour de la relation entre musique et mode, avec un casting volontairement intergénérationnel.
Chez Gucci, c'est Kate Moss, 52 ans, qui a clôturé le tout premier défilé du nouveau directeur artistique Demna Gvasalia, vêtue d'une robe dos nu scintillante. Et dans les premiers rangs du même défilé : Demi Moore, 63 ans, en total look cuir.
Andie MacDowell, 67 ans, arborait un chignon gris naturel chez Armani. Le créateur Simon Porte Jacquemus est allé encore plus loin : il a choisi sa propre grand-mère Liline, 79 ans, comme première ambassadrice de sa maison, aux côtés de Pamela Anderson (58 ans) et de la chanteuse Lio (63 ans).
Mathieu Blazy, nouveau directeur artistique de Chanel, a résumé le mouvement dans une interview au New York Times : les femmes plus âgées apporteraient selon lui une dimension différente aux vêtements, parce qu'elles ont vécu et vu le monde.
Quelques semaines plus tard, Burberry a dévoilé sa campagne printemps-été 2026 avec un visage que les sexagénaires et septuagénaires d'aujourd'hui connaissent bien : Twiggy, 76 ans, icône absolue du Swinging London des années 1960. Photographiée en trench de cuir frangé, celle qui avait été repérée à 16 ans n'a rien perdu de son regard espiègle. Le directeur créatif Daniel Lee a construit toute sa campagne autour de la relation entre musique et mode, avec un casting volontairement intergénérationnel.
Chez Gucci, c'est Kate Moss, 52 ans, qui a clôturé le tout premier défilé du nouveau directeur artistique Demna Gvasalia, vêtue d'une robe dos nu scintillante. Et dans les premiers rangs du même défilé : Demi Moore, 63 ans, en total look cuir.
Andie MacDowell, 67 ans, arborait un chignon gris naturel chez Armani. Le créateur Simon Porte Jacquemus est allé encore plus loin : il a choisi sa propre grand-mère Liline, 79 ans, comme première ambassadrice de sa maison, aux côtés de Pamela Anderson (58 ans) et de la chanteuse Lio (63 ans).
Chanel Haute couture
Mannequin d'ouverture
Stéphanie Cavalli, 50 ans
Burberry Campagne PE 2026
Égérie principale
Twiggy, 76 ans
Gucci Défilé AH 2026
Mannequin de clôture
Kate Moss, 52 ans
Jacquemus Ambassadrice
Première ambassadrice
Liline, 79 ans (grand-mère du créateur)
Mathieu Blazy, nouveau directeur artistique de Chanel, a résumé le mouvement dans une interview au New York Times : les femmes plus âgées apporteraient selon lui une dimension différente aux vêtements, parce qu'elles ont vécu et vu le monde.
Un luxe en crise qui a besoin de clientes qui achètent vraiment
Cette soudaine visibilité des femmes de plus de 50 ans sur les podiums n'est pas qu'une question d'esthétique. Elle s'inscrit dans un contexte économique très concret.
Le secteur du luxe traverse sa pire période depuis la crise sanitaire. LVMH, premier groupe mondial (Louis Vuitton, Dior, Fendi), a vu son chiffre d'affaires reculer à 80,8 milliards d'euros en 2025, en baisse de 5 % par rapport à 2024. Son bénéfice net a chuté de 13 %. La division mode et maroquinerie, cœur du groupe, a accusé un repli de ses ventes de 5 %. En données comparables (convention du secteur), la baisse est de -1 %. Bernard Arnault a lui-même prévenu : « 2026 ne sera pas simple ».
Chez Kering (Gucci, Saint Laurent, Balenciaga), la situation est encore plus marquée. Les ventes ont plongé de 15 % au premier semestre 2025. Gucci, vaisseau amiral du groupe, a vu son chiffre d'affaires fondre d'un quart, à 3 milliards d'euros, soit un milliard de moins que l'année précédente.
Face à cette hémorragie, les maisons de luxe cherchent à reconquérir une clientèle qui achète réellement et durablement. Et cette clientèle a un profil très précis : elle a de l'expérience, un pouvoir d'achat, une relation ancienne avec les marques. Elle a plus de 50 ans.
Victoria Dartigues, directrice des achats femme et accessoires aux Galeries Lafayette, ne s'en cache pas. La mode veut désormais parler à des femmes qui ont de l'expérience et des relations durables avec les marques. « C'est comme vendre un antiride avec un mannequin qui a 20 ans : ce n'est pas la vraie vie », résume-t-elle. Les très jeunes clientes capables de s'offrir du luxe existent, mais la majorité de la clientèle est composée de femmes actives, de business women disposant d'un vrai pouvoir d'achat.
Le secteur du luxe traverse sa pire période depuis la crise sanitaire. LVMH, premier groupe mondial (Louis Vuitton, Dior, Fendi), a vu son chiffre d'affaires reculer à 80,8 milliards d'euros en 2025, en baisse de 5 % par rapport à 2024. Son bénéfice net a chuté de 13 %. La division mode et maroquinerie, cœur du groupe, a accusé un repli de ses ventes de 5 %. En données comparables (convention du secteur), la baisse est de -1 %. Bernard Arnault a lui-même prévenu : « 2026 ne sera pas simple ».
Chez Kering (Gucci, Saint Laurent, Balenciaga), la situation est encore plus marquée. Les ventes ont plongé de 15 % au premier semestre 2025. Gucci, vaisseau amiral du groupe, a vu son chiffre d'affaires fondre d'un quart, à 3 milliards d'euros, soit un milliard de moins que l'année précédente.
Face à cette hémorragie, les maisons de luxe cherchent à reconquérir une clientèle qui achète réellement et durablement. Et cette clientèle a un profil très précis : elle a de l'expérience, un pouvoir d'achat, une relation ancienne avec les marques. Elle a plus de 50 ans.
Victoria Dartigues, directrice des achats femme et accessoires aux Galeries Lafayette, ne s'en cache pas. La mode veut désormais parler à des femmes qui ont de l'expérience et des relations durables avec les marques. « C'est comme vendre un antiride avec un mannequin qui a 20 ans : ce n'est pas la vraie vie », résume-t-elle. Les très jeunes clientes capables de s'offrir du luxe existent, mais la majorité de la clientèle est composée de femmes actives, de business women disposant d'un vrai pouvoir d'achat.
Inclusion sincère ou pur marketing : ce que les seniors doivent comprendre
Faut-il se réjouir sans réserve de cette évolution ? La question mérite d'être posée. Car derrière le discours sur la beauté intemporelle et l'inclusivité, le moteur reste le même : le chiffre d'affaires.
Sophie Fontanel, critique de mode au Nouvel Obs, met en garde. Selon elle, on voit désormais des femmes de 50 à 65 ans, parfois plus âgées, qui restent incroyables sur les podiums. Mais elles restent soumises à certains prototypes des maisons : être très mince, extrêmement sexy. L'injonction se déplace, elle ne disparaît pas. Sophie Fontanel reconnaît toutefois qu'il y a une forme de libération : quelque chose s'est détendu dans les représentations.
Le phénomène est mesurable. Selon le site spécialisé nssmag, trois quarts des défilés des vingt maisons de luxe les plus performantes ont désormais inclus des mannequins de plus de 30 ans. Le nombre de mannequins dits « seniors » sur les podiums a augmenté de 33 % en un an.
Pour les lectrices de SeniorActu, le message est double. D'un côté, cette visibilité est un signal positif. Les femmes de plus de 50 ans existent enfin dans l'univers de la mode, au-delà des rubriques « comment s'habiller après 60 ans ». De l'autre, il faut garder en tête que cette représentation est d'abord un levier commercial. Les maisons de luxe ne font pas de la philanthropie : elles ciblent un segment de clientèle dont le pouvoir d'achat résiste mieux que celui des jeunes générations.
Et c'est peut-être là le vrai paradoxe de cette Fashion Week 2026 : les femmes que le luxe a ignorées pendant des décennies sont aujourd'hui courtisées, non pas parce qu'elles ont changé, mais parce que l'industrie, elle, a besoin d'elles.
Sophie Fontanel, critique de mode au Nouvel Obs, met en garde. Selon elle, on voit désormais des femmes de 50 à 65 ans, parfois plus âgées, qui restent incroyables sur les podiums. Mais elles restent soumises à certains prototypes des maisons : être très mince, extrêmement sexy. L'injonction se déplace, elle ne disparaît pas. Sophie Fontanel reconnaît toutefois qu'il y a une forme de libération : quelque chose s'est détendu dans les représentations.
Le phénomène est mesurable. Selon le site spécialisé nssmag, trois quarts des défilés des vingt maisons de luxe les plus performantes ont désormais inclus des mannequins de plus de 30 ans. Le nombre de mannequins dits « seniors » sur les podiums a augmenté de 33 % en un an.
Pour les lectrices de SeniorActu, le message est double. D'un côté, cette visibilité est un signal positif. Les femmes de plus de 50 ans existent enfin dans l'univers de la mode, au-delà des rubriques « comment s'habiller après 60 ans ». De l'autre, il faut garder en tête que cette représentation est d'abord un levier commercial. Les maisons de luxe ne font pas de la philanthropie : elles ciblent un segment de clientèle dont le pouvoir d'achat résiste mieux que celui des jeunes générations.
Et c'est peut-être là le vrai paradoxe de cette Fashion Week 2026 : les femmes que le luxe a ignorées pendant des décennies sont aujourd'hui courtisées, non pas parce qu'elles ont changé, mais parce que l'industrie, elle, a besoin d'elles.
Ce qui pourrait changer concrètement pour vous
Au-delà des podiums parisiens, cette tendance a des effets concrets qui commencent à se diffuser dans le commerce de détail.
Les grandes enseignes ajustent déjà leurs collections. Aux Galeries Lafayette, le merchandising intègre désormais des pièces pensées pour des silhouettes variées, portées par des mannequins de tous âges en vitrine et en catalogue. Chez Jacquemus, le choix de Liline comme ambassadrice envoie un message direct : la cliente de demain n'est plus forcément celle de 25 ans.
Pour les femmes de 60 à 75 ans, quelques points à retenir :
Les grandes enseignes ajustent déjà leurs collections. Aux Galeries Lafayette, le merchandising intègre désormais des pièces pensées pour des silhouettes variées, portées par des mannequins de tous âges en vitrine et en catalogue. Chez Jacquemus, le choix de Liline comme ambassadrice envoie un message direct : la cliente de demain n'est plus forcément celle de 25 ans.
Pour les femmes de 60 à 75 ans, quelques points à retenir :
- Les marques de luxe élargissent leurs gammes de tailles et adaptent leurs coupes. Si vous aviez renoncé à certaines enseignes, le moment est peut-être venu de repousser la porte.
- Les campagnes publicitaires avec des mannequins de plus de 50 ans se multiplient. Cela signifie aussi que les conseils de style proposés en magasin commencent à être pensés pour vous, et non plus exclusivement pour des clientes de 30 ans.
- Le marché de la seconde main de luxe (Vestiaire Collective, Vinted Luxe) explose chez les 50-70 ans. C'est une manière d'accéder à des pièces de créateurs à des prix plus accessibles, tout en bénéficiant de cette nouvelle vague d'inclusivité.
Sources :
- AFP/franceinfo, « À la Fashion Week, les stylistes courtisent les femmes de plus de 50 ans », 8 mars 2026
- Luxus Plus, « Pour Burberry, Twiggy, la mythique mannequin du Swinging London reprend la pose », février 2026
- WWD (Women's Wear Daily), « Twiggy, Maya Wigram Front Burberry's Latest Campaign », 3 février 2026
- BFM Bourse/Zonebourse, résultats annuels LVMH 2025, 27 janvier 2026
- Journal du Luxe, « Le chiffre d'affaires de Kering chute de -15 % au premier semestre 2025 », 29 juillet 2025
- nssmag, « Mannequins de plus de 50 ans : nouvelle tendance pour les défilés de mode », 2025
- AFP/franceinfo, « À la Fashion Week, les stylistes courtisent les femmes de plus de 50 ans », 8 mars 2026
- Luxus Plus, « Pour Burberry, Twiggy, la mythique mannequin du Swinging London reprend la pose », février 2026
- WWD (Women's Wear Daily), « Twiggy, Maya Wigram Front Burberry's Latest Campaign », 3 février 2026
- BFM Bourse/Zonebourse, résultats annuels LVMH 2025, 27 janvier 2026
- Journal du Luxe, « Le chiffre d'affaires de Kering chute de -15 % au premier semestre 2025 », 29 juillet 2025
- nssmag, « Mannequins de plus de 50 ans : nouvelle tendance pour les défilés de mode », 2025
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