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Maladie de Parkinson : un trouble du sommeil courant pourrait augmenter votre risque

Par Senioractu.com | Publié le 26/11/2025 à 08:39 | mis à jour le 03/12/2025 à 11:46

Une vaste étude publiée dans la revue scientifique américaine JAMA Neurology montre que l’apnée du sommeil non traitée pourrait augmenter le risque de développer la maladie de Parkinson. Un signal important pour les millions de personnes concernées, alors que ce trouble reste largement sous-diagnostiqué. Voici ce qu’il faut retenir, preuves à l’appui et sources officielles françaises.

Homme senior souffrant de la maladie de Parkinson © PeopleImages/Shutterstock
Homme senior souffrant de la maladie de Parkinson © PeopleImages/Shutterstock

Une pathologie respiratoire trop souvent minimisée

L’apnée obstructive du sommeil touche aujourd’hui plusieurs millions de Français. Elle provoque des arrêts respiratoires répétés durant la nuit, des baisses soudaines du taux d’oxygène et un sommeil très fragmenté.

Souvent associée au ronflement et à la fatigue chronique, cette maladie est longtemps restée classée parmi les troubles bénins du sommeil. Pourtant, ses effets sur la tension artérielle, le cœur et la vigilance sont bien documentés.

Désormais, une nouvelle dimension apparaît, plus préoccupante encore : le lien possible entre apnée non traitée et risque accru de développer une maladie neurodégénérative comme Parkinson.

Une étude majeure publiée dans JAMA Neurology

Selon une étude parue le 24 novembre 2025 dans la revue scientifique JAMA Neurology, les personnes souffrant d’apnée obstructive du sommeil non traitée présentent un risque significativement plus élevé de développer la maladie de Parkinson au cours de leur vie.

Les chercheurs ont analysé plus de onze millions de dossiers médicaux issus du système de santé des Veterans américains, suivis sur plus de vingt ans. De fait, c’est l’une des plus grandes études jamais réalisées sur ce sujet.

Les résultats montrent une association statistiquement marquée entre apnée non traitée et incidence de Parkinson, même après ajustement pour l’âge, le poids, l’hypertension et d’autres facteurs connus.

Des mécanismes encore en discussion mais plausibles

L’étude ne démontre pas un lien direct de causalité, mais les chercheurs avancent plusieurs pistes cohérentes. Les baisses répétées d’oxygénation pourraient fragiliser certaines zones du cerveau, favoriser un stress oxydatif chronique et amplifier des phénomènes inflammatoires déjà impliqués dans la maladie de Parkinson. Ces variations nocturnes, souvent silencieuses, pourraient s’accumuler au fil des années et contribuer à la vulnérabilité neuronale.

Cette hypothèse rejoint d’autres travaux explorant le rôle du sommeil profond et de la respiration dans la prévention des maladies neurodégénératives.

Traiter l’apnée pourrait réduire le risque

L’un des enseignements majeurs concerne l’impact du traitement.

Les patients utilisant une ventilation nocturne de type CPAP voient leur risque diminuer nettement par rapport aux personnes dont l’apnée reste ignorée ou insuffisamment prise en charge. Restaurer une oxygénation régulière, réduire les micro-réveils et stabiliser le sommeil profond semble offrir une protection indirecte contre la fragilisation progressive du cerveau.

Pour les spécialistes, ces résultats rappellent l’importance de dépister l’apnée, parfois longtemps banalisée malgré ses conséquences multiples.

Un enjeu croissant de santé publique

La maladie de Parkinson touche déjà plus de 170 000 personnes en France et sa fréquence devrait augmenter avec le vieillissement de la population. Identifier les facteurs de risque modifiables est donc essentiel pour améliorer la prévention.

L’apnée du sommeil, largement répandue et facilement diagnostiquable, pourrait devenir l’un de ces leviers de prévention. Les médecins du sommeil alertent depuis longtemps sur la sous-évaluation de cette pathologie. Cette étude de grande ampleur pourrait leur donner raison et contribuer à reconsidérer son traitement comme un enjeu dépassant la simple qualité de vie nocturne.

Un message clair pour les personnes concernées

Les experts invitent à ne pas céder à l’inquiétude mais à la vigilance. Si l’étude américaine doit être confirmée par d’autres travaux, elle rappelle que des symptômes apparemment anodins — ronflements importants, réveils nocturnes répétés, somnolence dans la journée — méritent une consultation en centre du sommeil.

Une prise en charge adaptée peut améliorer la santé générale, la vigilance, la tension artérielle et, peut-être, réduire à long terme le risque neurologique. Le dépistage reste simple et le traitement souvent très efficace lorsqu’il est correctement suivi.




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