Mise à jour du 30 janvier 2026 : Face à la diffusion persistante d'informations erronées sur plusieurs plateformes d'actualités, la rédaction de SeniorActu confirme, après vérification des textes législatifs en vigueur, l'obsolescence définitive de ce dispositif de majoration.
Ce qu'il faut retenir
- La majoration pour conjoint à charge a été supprimée le 1er janvier 2011 par la loi n° 2010-1330
- Elle est maintenue uniquement pour les 53 000 retraités qui en bénéficiaient au 31 décembre 2010
- Son montant est gelé à 50,81 € par mois depuis 1977
- Les nouveaux retraités n'y ont plus droit, quelle que soit leur situation
- L'alternative pour les couples modestes est l'ASPA, jusqu'à 1 620,18 €/mois en 2026
- Toute information présentant ce dispositif comme « toujours applicable » est erronée
Un dispositif bel et bien supprimé depuis le 1er janvier 2011
La majoration pour conjoint à charge a été créée le 1er juillet 1948 pour compenser l'absence de revenus du conjoint d'un retraité. Pendant des décennies, elle a permis à des couples dont l'un des membres n'avait jamais travaillé ou cotisé insuffisamment de bénéficier d'un petit complément de pension. Ce dispositif répondait à une époque où le modèle familial traditionnel voyait souvent l'un des conjoints, généralement l'épouse, rester au foyer sans acquérir de droits propres à la retraite.
Mais ce dispositif appartient désormais au passé. La loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites a mis fin à son attribution. Depuis le 1er janvier 2011, plus aucun nouveau retraité ne peut en bénéficier, quelles que soient sa situation familiale et les ressources de son conjoint. La décision a été prise à l'unanimité des groupes parlementaires, considérant que le système avait vécu.
Le législateur a estimé que cette prestation était devenue « désuète » selon les termes mêmes du ministère du Travail dans sa réponse officielle à une question parlementaire. L'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) offre désormais une alternative considérée comme « plus équitable », car elle prend en compte l'ensemble des ressources du ménage et peut être attribuée directement à l'un ou l'autre des conjoints. Une différence de taille qui change la philosophie même de l'aide.
Contrairement à ce que certains articles publiés récemment peuvent laisser croire, il est donc totalement inutile de faire une demande de majoration pour conjoint à charge auprès de votre caisse de retraite si vous avez pris votre retraite après le 31 décembre 2010. Votre dossier sera automatiquement rejeté, puisque le dispositif n'existe plus pour les nouveaux entrants dans le système de retraite.
Mais ce dispositif appartient désormais au passé. La loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites a mis fin à son attribution. Depuis le 1er janvier 2011, plus aucun nouveau retraité ne peut en bénéficier, quelles que soient sa situation familiale et les ressources de son conjoint. La décision a été prise à l'unanimité des groupes parlementaires, considérant que le système avait vécu.
Le législateur a estimé que cette prestation était devenue « désuète » selon les termes mêmes du ministère du Travail dans sa réponse officielle à une question parlementaire. L'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) offre désormais une alternative considérée comme « plus équitable », car elle prend en compte l'ensemble des ressources du ménage et peut être attribuée directement à l'un ou l'autre des conjoints. Une différence de taille qui change la philosophie même de l'aide.
Contrairement à ce que certains articles publiés récemment peuvent laisser croire, il est donc totalement inutile de faire une demande de majoration pour conjoint à charge auprès de votre caisse de retraite si vous avez pris votre retraite après le 31 décembre 2010. Votre dossier sera automatiquement rejeté, puisque le dispositif n'existe plus pour les nouveaux entrants dans le système de retraite.
Qui peut encore percevoir cette majoration en 2026 ?
La suppression n'a pas été rétroactive. Les retraités qui percevaient déjà cette majoration au 31 décembre 2010 continuent de la toucher, à condition que leur conjoint remplisse toujours les critères d'éligibilité. C'est ce qu'on appelle une clause de maintien des droits acquis, principe fondamental du droit social français.
Ces conditions de maintien sont strictes et vérifiées chaque année. Le conjoint doit être âgé d'au moins 65 ans (ou 60 ans s'il est reconnu inapte au travail par la Sécurité sociale). Il ne doit percevoir aucune pension de retraite, allocation ou rente au titre de l'assurance vieillesse ou invalidité acquise en droit propre ou du chef d'un précédent conjoint. Enfin, ses ressources personnelles ne doivent pas dépasser 992,77 € par mois en 2026, soit 11 913,34 € par an. Ce plafond correspond à la différence entre le plafond ASPA personne seule et le montant de la majoration.
Si l'une de ces conditions cesse d'être remplie, par exemple si le conjoint commence à percevoir une petite retraite personnelle ou si ses revenus de patrimoine augmentent, la majoration est immédiatement suspendue. Le bénéficiaire doit d'ailleurs signaler tout changement de situation à sa caisse de retraite sous peine de devoir rembourser les sommes indûment perçues.
Selon les dernières statistiques de la CNAV publiées dans le recueil statistique du régime général, seuls 53 041 retraités bénéficiaient encore de cette majoration au 31 décembre 2022, soit à peine 0,4 % des retraités du régime général. Ce chiffre diminue mécaniquement chaque année avec le décès des bénéficiaires. En 2001, ils étaient trois fois plus nombreux à la percevoir, ce qui témoigne de l'extinction progressive et irréversible du dispositif.
Ces conditions de maintien sont strictes et vérifiées chaque année. Le conjoint doit être âgé d'au moins 65 ans (ou 60 ans s'il est reconnu inapte au travail par la Sécurité sociale). Il ne doit percevoir aucune pension de retraite, allocation ou rente au titre de l'assurance vieillesse ou invalidité acquise en droit propre ou du chef d'un précédent conjoint. Enfin, ses ressources personnelles ne doivent pas dépasser 992,77 € par mois en 2026, soit 11 913,34 € par an. Ce plafond correspond à la différence entre le plafond ASPA personne seule et le montant de la majoration.
Si l'une de ces conditions cesse d'être remplie, par exemple si le conjoint commence à percevoir une petite retraite personnelle ou si ses revenus de patrimoine augmentent, la majoration est immédiatement suspendue. Le bénéficiaire doit d'ailleurs signaler tout changement de situation à sa caisse de retraite sous peine de devoir rembourser les sommes indûment perçues.
Selon les dernières statistiques de la CNAV publiées dans le recueil statistique du régime général, seuls 53 041 retraités bénéficiaient encore de cette majoration au 31 décembre 2022, soit à peine 0,4 % des retraités du régime général. Ce chiffre diminue mécaniquement chaque année avec le décès des bénéficiaires. En 2001, ils étaient trois fois plus nombreux à la percevoir, ce qui témoigne de l'extinction progressive et irréversible du dispositif.
Un montant dérisoire face à l'ASPA actuelle
Le montant de la majoration pour conjoint à charge est gelé depuis 1977, soit depuis près de 50 ans. Il s'élève à seulement 50,81 € par mois, soit 609,80 € par an. Aucune revalorisation n'a été appliquée depuis cette date, ce qui en fait l'une des prestations les plus figées du système de retraite français. En termes de pouvoir d'achat, ces 50 euros d'aujourd'hui ne représentent qu'une fraction de ce qu'ils valaient il y a cinq décennies.
À titre de comparaison, l'ASPA offre des montants bien plus conséquents pour les couples aux revenus modestes. En 2026, un couple peut percevoir jusqu'à 1 620,18 € par mois d'ASPA si ses ressources sont inférieures à ce seuil. Une personne seule peut toucher jusqu'à 1 043,59 € par mois. La différence avec les 50,81 € de l'ancienne majoration est vertigineuse.
L'écart est considérable et parle de lui-même. Un couple éligible à l'ASPA peut percevoir jusqu'à 32 fois plus qu'avec l'ancienne majoration pour conjoint à charge. Cette aide différentielle complète les ressources du foyer jusqu'au plafond fixé, garantissant un minimum vital aux retraités les plus modestes. C'est une protection sociale autrement plus robuste que le dispositif supprimé.
À titre de comparaison, l'ASPA offre des montants bien plus conséquents pour les couples aux revenus modestes. En 2026, un couple peut percevoir jusqu'à 1 620,18 € par mois d'ASPA si ses ressources sont inférieures à ce seuil. Une personne seule peut toucher jusqu'à 1 043,59 € par mois. La différence avec les 50,81 € de l'ancienne majoration est vertigineuse.
Supprimé Majoration conjoint
Montant mensuel (gelé depuis 1977)
50,81 €/mois
Statut actuel du dispositif
Supprimé depuis 2011
2026 ASPA couple
Montant maximum mensuel couple
1 620,18 €/mois
Montant maximum personne seule
1 043,59 €/mois
L'écart est considérable et parle de lui-même. Un couple éligible à l'ASPA peut percevoir jusqu'à 32 fois plus qu'avec l'ancienne majoration pour conjoint à charge. Cette aide différentielle complète les ressources du foyer jusqu'au plafond fixé, garantissant un minimum vital aux retraités les plus modestes. C'est une protection sociale autrement plus robuste que le dispositif supprimé.
Les vraies alternatives pour les couples retraités modestes
Si votre conjoint n'a pas ou peu de droits à la retraite, plusieurs dispositifs peuvent vous aider en 2026. L'ASPA reste la principale solution pour les couples aux revenus modestes. Elle est accessible dès 65 ans (ou avant dans certains cas d'invalidité ou d'inaptitude) et garantit un revenu minimum de 1 620,18 € par mois pour un couple dont les ressources sont inférieures à ce seuil.
Pour en bénéficier, vous devez résider en France de manière stable, c'est-à-dire y avoir votre foyer permanent ou y séjourner plus de six mois par an. Vous devez également avoir fait valoir tous vos droits à retraite auprès de l'ensemble des régimes auxquels vous avez cotisé. La demande s'effectue auprès de votre caisse de retraite principale (Carsat pour les salariés du privé, MSA pour les agriculteurs). Contrairement à la majoration pour conjoint à charge qui était versée uniquement au retraité titulaire, l'ASPA peut être attribuée directement au conjoint concerné si c'est lui qui remplit les conditions.
Attention toutefois à un point important : l'ASPA est récupérable sur succession si l'actif net dépasse 108 585 € en métropole en 2026. Ce n'était pas le cas de l'ancienne majoration pour conjoint à charge. Cette récupération peut représenter un frein pour certains ménages propriétaires de leur logement, mais elle ne s'applique qu'au-delà de ce seuil conséquent. Pour vérifier votre éligibilité et simuler vos droits, consultez le site officiel service-public.fr ou contactez directement votre caisse de retraite.
Pour en bénéficier, vous devez résider en France de manière stable, c'est-à-dire y avoir votre foyer permanent ou y séjourner plus de six mois par an. Vous devez également avoir fait valoir tous vos droits à retraite auprès de l'ensemble des régimes auxquels vous avez cotisé. La demande s'effectue auprès de votre caisse de retraite principale (Carsat pour les salariés du privé, MSA pour les agriculteurs). Contrairement à la majoration pour conjoint à charge qui était versée uniquement au retraité titulaire, l'ASPA peut être attribuée directement au conjoint concerné si c'est lui qui remplit les conditions.
Attention toutefois à un point important : l'ASPA est récupérable sur succession si l'actif net dépasse 108 585 € en métropole en 2026. Ce n'était pas le cas de l'ancienne majoration pour conjoint à charge. Cette récupération peut représenter un frein pour certains ménages propriétaires de leur logement, mais elle ne s'applique qu'au-delà de ce seuil conséquent. Pour vérifier votre éligibilité et simuler vos droits, consultez le site officiel service-public.fr ou contactez directement votre caisse de retraite.
Sources :
- Circulaire CNAV n° 2025/29 du 22 décembre 2025 relative à la revalorisation au 1er janvier 2026
- Loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites, article 51
- Recueil statistique du régime général, édition 2023, CNAV
- Service-public.fr, fiche ASPA mise à jour au 1er janvier 2026
- Circulaire CNAV n° 2025/29 du 22 décembre 2025 relative à la revalorisation au 1er janvier 2026
- Loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites, article 51
- Recueil statistique du régime général, édition 2023, CNAV
- Service-public.fr, fiche ASPA mise à jour au 1er janvier 2026





