Aujourd’hui, ils racontent ce que fut cette vie insoumise, partagée entre la volonté de rester des gens comme les autres et l’obligation de s’inventer une liberté pour s’épanouir. Ils n’ont eu peur de rien...
Entretien avec Sébastien Lifshitz
Comment est née l’idée de ce film ?
Il y a plusieurs origines. L’une d’elle est liée à la photographie. Je collectionne la photographie amateur depuis de nombreuses années et le hasard m’a mis un jour devant un album-photo de deux vieilles dames à l’allure très bourgeoise, très « vieille France » et pourtant quelque chose dans ces images me laissait penser qu’il s’agissait d’un couple lesbien.
J’ai acheté l’album et en y regardant de plus près, j’ai effectivement obtenu la confirmation de mon intuition. Par la suite, j’ai trouvé beaucoup d’autres images d’hommes et de femmes ouvertement homosexuels, toutes époques confondues. Ce qui m’a le plus surpris, c’est la liberté qu’avaient ces gens à exprimer leur désir à des époques nettement moins tolérantes. Je me suis alors demandé si les homosexuels de ces générations-là n’avaient pas eu des vies plus heureuses que ce que l’histoire officielle semble nous dire.
J’ai voulu reparcourir ces 60 dernières années en allant interroger des homosexuels nés avant la guerre pour leur demander ce qu’il en avait été pour eux. En parallèle, une autre idée a aussi fait surface. Je ne souhaitais pas que le film soit uniquement tourné sur le passé, bien au contraire. Je voulais porter un regard sur l’homosexualité des gens âgés aujourd’hui, filmer leur vie au présent et regarder ce que c’est d’aimer et de vieillir pour des homosexuels de plus de 70 ans.
Comment avez-vous choisi vos personnages ?
J’ai recherché pendant deux ans des hommes et des femmes de plus de 70 ans qui accepteraient de raconter leur vie devant une caméra. J’ai tenu à ne prendre que des anonymes, mélanger les classes sociales et les lieux de vie pour amener le plus de diversité sociale dans le film. La difficulté a été de trouver des gens qui étaient capable de se raconter, de « se mettre en récit ». Durant tous ces mois de préparation, j’ai fait des rencontres incroyables et le film ne rend compte que d’une partie de mes recherches. Parce qu’il a fallu faire des choix pour ne pas arriver à un film de six heures.
Sur quelles années vouliez-vous que vos sujets se concentrent et pourquoi ?
Je voulais raconter l’évolution de la société française, depuis l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui, en me basant sur la vie d’homosexuels. Les minorités sont des groupes extrêmement intéressants pour raconter les valeurs d’une époque. Leur rejet comme leur acceptation nous révèle la morale et le degré de tolérance de la population dans son ensemble. Ces hommes et ces femmes nous parlent de ce que ce fût d’être différents et par là, des combats qu’il a fallu mener pour faire évoluer les consciences. La lutte des homosexuels et celle des mouvements féministes ont permis de faire considérablement évoluer nos sociétés. Nous leur devons beaucoup. Du fait de l’âge des témoins du film, l’époque particulièrement active, voire militante pour certains, se concentre sur les années 60 et 70.
Entretien avec Sébastien Lifshitz
Comment est née l’idée de ce film ?
Il y a plusieurs origines. L’une d’elle est liée à la photographie. Je collectionne la photographie amateur depuis de nombreuses années et le hasard m’a mis un jour devant un album-photo de deux vieilles dames à l’allure très bourgeoise, très « vieille France » et pourtant quelque chose dans ces images me laissait penser qu’il s’agissait d’un couple lesbien.
J’ai acheté l’album et en y regardant de plus près, j’ai effectivement obtenu la confirmation de mon intuition. Par la suite, j’ai trouvé beaucoup d’autres images d’hommes et de femmes ouvertement homosexuels, toutes époques confondues. Ce qui m’a le plus surpris, c’est la liberté qu’avaient ces gens à exprimer leur désir à des époques nettement moins tolérantes. Je me suis alors demandé si les homosexuels de ces générations-là n’avaient pas eu des vies plus heureuses que ce que l’histoire officielle semble nous dire.
J’ai voulu reparcourir ces 60 dernières années en allant interroger des homosexuels nés avant la guerre pour leur demander ce qu’il en avait été pour eux. En parallèle, une autre idée a aussi fait surface. Je ne souhaitais pas que le film soit uniquement tourné sur le passé, bien au contraire. Je voulais porter un regard sur l’homosexualité des gens âgés aujourd’hui, filmer leur vie au présent et regarder ce que c’est d’aimer et de vieillir pour des homosexuels de plus de 70 ans.
Comment avez-vous choisi vos personnages ?
J’ai recherché pendant deux ans des hommes et des femmes de plus de 70 ans qui accepteraient de raconter leur vie devant une caméra. J’ai tenu à ne prendre que des anonymes, mélanger les classes sociales et les lieux de vie pour amener le plus de diversité sociale dans le film. La difficulté a été de trouver des gens qui étaient capable de se raconter, de « se mettre en récit ». Durant tous ces mois de préparation, j’ai fait des rencontres incroyables et le film ne rend compte que d’une partie de mes recherches. Parce qu’il a fallu faire des choix pour ne pas arriver à un film de six heures.
Sur quelles années vouliez-vous que vos sujets se concentrent et pourquoi ?
Je voulais raconter l’évolution de la société française, depuis l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui, en me basant sur la vie d’homosexuels. Les minorités sont des groupes extrêmement intéressants pour raconter les valeurs d’une époque. Leur rejet comme leur acceptation nous révèle la morale et le degré de tolérance de la population dans son ensemble. Ces hommes et ces femmes nous parlent de ce que ce fût d’être différents et par là, des combats qu’il a fallu mener pour faire évoluer les consciences. La lutte des homosexuels et celle des mouvements féministes ont permis de faire considérablement évoluer nos sociétés. Nous leur devons beaucoup. Du fait de l’âge des témoins du film, l’époque particulièrement active, voire militante pour certains, se concentre sur les années 60 et 70.




