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Le prix du gaz a doublé en une semaine et votre facture ne le montre pas encore

Depuis les frappes sur l'Iran, le gaz a bondi de plus de 50 % sur les marchés européens. Mais le vrai impact sur votre facture ne se verra qu'à partir de mai.

Votre facture de gaz va grimper à partit de mai 2026 © SeniorActu
Votre facture de gaz va grimper à partit de mai 2026 © SeniorActu

Un doublement des prix en quelques jours

Le 28 février 2026, des frappes américano-israéliennes ont touché l'Iran. En quelques heures, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz. Ce bras de mer de 33 kilomètres de large est le passage obligatoire de 20 % du gaz naturel liquéfié mondial.

Résultat : le prix du gaz en Europe (référence TTF) est passé de 30 €/MWh à plus de 60 €/MWh en quelques jours. C'est la plus forte hausse depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022. Et cette fois, les 11 millions de foyers français chauffés au gaz sont directement dans la ligne de mire.

Pourquoi le choc sur votre facture n'est pas immédiat

Concrètement, voici ce que vous devez comprendre. Le prix que vous payez chaque mois ne suit pas les cours du marché en temps réel. Il est calculé avec un décalage de deux mois.

La hausse de +5,3 % appliquée sur le prix repère du gaz en mars 2026 par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) n'a rien à voir avec la guerre en Iran. Elle reflète la vague de froid de janvier et la baisse des stocks européens.

Le vrai impact du conflit se répercutera sur les factures à partir de mai 2026. Car le prix repère de mai sera calculé sur les cours de mars. Ceux-là mêmes qui explosent en ce moment.

Êtes-vous directement concerné par cette hausse

Si vous utilisez le gaz uniquement pour la cuisson, l'impact reste modéré. Quelques euros par an tout au plus.

Si vous vous chauffez au gaz, vous êtes en première ligne. La hausse de mars représente déjà +64 €/an sur une consommation type de 12 000 kWh. Et ce n'est que le début.

Les retraités propriétaires de maisons anciennes, souvent chauffées au gaz, sont les plus exposés. Moins bien isolées, ces habitations consomment davantage. Chaque centime de hausse par kWh pèse plus lourd.

Ce que les marchés annoncent pour votre portefeuille

Avant Fin février 2026
💶
Prix du gaz TTF (marché de gros)
~30 €/MWh
💶
Prix du kWh chauffage (prix repère CRE)
0,0998 €/kWh
Après Début mars 2026
💶
Prix du gaz TTF (marché de gros)
52 à 60 €/MWh (+57 %)
💶
Prix du kWh chauffage (prix repère CRE mars)
0,1051 €/kWh (+5,3 %)


Si les cours restent au-dessus de 50 €/MWh pendant plusieurs semaines, les analystes estiment que la facture annuelle d'un foyer chauffé au gaz pourrait augmenter de 179 à 300 € d'ici la fin de l'année. Tout dépendra de la durée du conflit et du blocage du détroit d'Ormuz.

L'Europe est d'autant plus vulnérable que ses stocks de gaz sont très bas. En France, ils ne représentent que 21 % de la capacité. C'est bien en dessous de la moyenne de 41 % habituellement observée à cette période.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

Vérifiez votre contrat de gaz. Si vous êtes sur une offre indexée sur les prix de marché, vous subirez la hausse de plein fouet dans les semaines à venir.

Passer à une offre à prix fixe est aujourd'hui le réflexe le plus protecteur. Elle ne protège pas contre les hausses de taxes, mais elle bloque le prix du kWh pendant la durée du contrat.

Comparez les offres. Plusieurs fournisseurs proposent en mars 2026 des tarifs inférieurs au prix repère de la CRE. Pour un foyer chauffé au gaz, l'écart peut atteindre 38 €/an selon les estimations du comparateur Hello Watt.

Enfin, si votre chaudière a plus de 15 ans, c'est le moment de vous renseigner sur les pompes à chaleur. Les aides MaPrimeRénov' restent accessibles en 2026.

Le piège que peu de consommateurs anticipent

Le vrai danger, ce n'est pas la hausse de mars. C'est celle qui viendra en mai.

Le prix repère d'avril est déjà verrouillé. Il a été calculé sur les cours de février, avant le conflit. Résultat : il baisse de 2,1 %. Un sursis trompeur.

Car le prix repère de mai, lui, sera calculé sur les cours de mars. Ceux-là mêmes qui explosent en ce moment. Selon les prévisions Selectra, la hausse pourrait atteindre +14 % entre avril et mai 2026.

Et les stocks européens devront être reconstitués avant l'hiver prochain, ce qui exercera une pression supplémentaire. En France, les réserves ne représentent que 21 % de la capacité. À l'échelle de l'Union européenne, le niveau moyen est de 30 %, bien en dessous des 41 % habituels à cette période. En 2022, le choc du gaz russe avait mis plusieurs mois à se répercuter. Le même mécanisme est en train de se mettre en place. Mais cette fois, l'Europe ne part pas de stocks pleins.

Ce qu'il faut retenir

  1. Le prix du gaz en Europe a bondi de plus de 50 % depuis les frappes sur l'Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz fin février 2026.
  2. La hausse de +5,3 % sur votre facture en mars est structurelle. Le vrai impact du conflit arrivera à partir de mai 2026.
  3. Si les cours restent élevés, la hausse annuelle pour un foyer chauffé au gaz pourrait atteindre 179 à 300 €.
  4. Vérifiez votre contrat : une offre à prix fixe protège contre la flambée des marchés.
  5. Les stocks européens sont à un niveau critique (30 %), ce qui rend la reconstitution avant l'hiver incertaine.

 
Sources :
- Euronews, prix du gaz en Europe après les frappes en Iran, 3 mars 2026
- Hello Watt, prix du gaz en mars 2026, 6 mars 2026
- Commission de régulation de l'énergie (CRE), prix repère du gaz, mars 2026

Par | Publié le 09/03/2026 à 08:41 | mis à jour le 11/03/2026 à 13:55

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