Ce qu'il faut retenir
- Quatre forfaits hospitaliers augmentent entre mars et avril 2026, pour un transfert de charge estimé à 450 millions d'euros en année pleine
- Un dispositif gratuit protège les retraités modestes de ces hausses — mais la moitié des personnes éligibles ne le demandent pas
- Trois vérifications rapides permettent de savoir si vous allez payer ou non
Ce qui a changé le 1er mars — et ce qui suivra en avril
La loi de financement de la Sécurité sociale 2026, adoptée le 16 décembre 2025, prévoit un transfert de charges de l'Assurance maladie vers les patients et leurs complémentaires santé. L'objectif affiché : 400 millions d'euros d'économies en 2026 (450 millions en année pleine). Concrètement, quatre forfaits augmentent :
Pour un passage aux urgences suivi de trois jours d'hospitalisation, la facture hors soins passe de 79,61 € (19,61 + 3×20) à 92 € (23 + 3×23), soit 12,39 € de plus. Ces forfaits ne sont pas remboursés par l'Assurance maladie. Ils sont à la charge du patient — sauf si une complémentaire santé les prend en charge.
1er mars Forfait hospitalier
Avant
20 € par jour
Après
23 € par jour (+15 %)
1er mars Forfait urgences (sans hospitalisation)
Avant
19,61 €
Après
23 € (+17 %)
1er mars Forfait psychiatrie
Avant
15 € par jour
Après
17 € par jour (+13 %)
1er avril Actes lourds (>120 €)
Avant
24 €
Après
32 € (+33 %)
Pour un passage aux urgences suivi de trois jours d'hospitalisation, la facture hors soins passe de 79,61 € (19,61 + 3×20) à 92 € (23 + 3×23), soit 12,39 € de plus. Ces forfaits ne sont pas remboursés par l'Assurance maladie. Ils sont à la charge du patient — sauf si une complémentaire santé les prend en charge.
Qui va réellement payer : le piège des 12 %
Le ministère de la Santé assure que la mesure sera « indolore » pour la majorité des assurés, puisque les mutuelles couvrent généralement le forfait hospitalier. Pour les retraités qui disposent d'un contrat dit « responsable » — c'est-à-dire la quasi-totalité des contrats vendus en France depuis 2015 —, le forfait hospitalier est effectivement pris en charge. Ils ne verront pas la différence sur leur facture d'hôpital.
Mais cette promesse ne vaut que pour ceux qui ont une mutuelle. Or, selon la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques), 12 % des personnes les plus modestes n'ont pas de complémentaire santé — une proportion qui touche en particulier les retraités à petite pension, souvent ceux qui en auraient le plus besoin. Au total, 2,5 millions de Français n'ont aucune complémentaire. Pour eux, chaque hausse de forfait hospitalier se traduit par un reste à charge immédiat et intégral.
Prenons deux exemples concrets.
Monique, 74 ans, ancienne aide-soignante, pension de 1 100 € net par mois. Elle a une mutuelle à 78 € par mois, un contrat responsable. Si elle est hospitalisée cinq jours en 2026, le forfait hospitalier de 115 € (5 × 23 €) sera couvert par sa mutuelle. En revanche, elle peut s'attendre à une hausse de sa cotisation mutuelle dans les mois à venir : les complémentaires ont déjà annoncé qu'elles répercuteraient le transfert de charges. L'Unocam (Union nationale des organismes complémentaires d'assurance maladie) chiffre ce transfert à 530 millions d'euros en année pleine. Ce sont les cotisations de demain qui financent les économies de la Sécu d'aujourd'hui.
Raymond, 79 ans, ancien ouvrier agricole, pension de 890 € net par mois. Il n'a pas de mutuelle — trop cher, selon lui, pour ce qu'il gagne. S'il passe aux urgences sans être hospitalisé, il paiera 23 € de sa poche (au lieu de 19,61 € avant). S'il est hospitalisé trois jours ensuite, il ajoutera 69 € (3 × 23 €). Total : 92 € sur un seul épisode de santé, soit plus de 10 % de sa pension mensuelle. Et s'il subit un acte chirurgical à partir d'avril, la participation forfaitaire passera de 24 à 32 €.
Raymond ne le sait probablement pas, mais avec ses revenus, il est très vraisemblablement éligible à un dispositif qui le protégerait intégralement de toutes ces hausses.
Mais cette promesse ne vaut que pour ceux qui ont une mutuelle. Or, selon la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques), 12 % des personnes les plus modestes n'ont pas de complémentaire santé — une proportion qui touche en particulier les retraités à petite pension, souvent ceux qui en auraient le plus besoin. Au total, 2,5 millions de Français n'ont aucune complémentaire. Pour eux, chaque hausse de forfait hospitalier se traduit par un reste à charge immédiat et intégral.
Prenons deux exemples concrets.
Monique, 74 ans, ancienne aide-soignante, pension de 1 100 € net par mois. Elle a une mutuelle à 78 € par mois, un contrat responsable. Si elle est hospitalisée cinq jours en 2026, le forfait hospitalier de 115 € (5 × 23 €) sera couvert par sa mutuelle. En revanche, elle peut s'attendre à une hausse de sa cotisation mutuelle dans les mois à venir : les complémentaires ont déjà annoncé qu'elles répercuteraient le transfert de charges. L'Unocam (Union nationale des organismes complémentaires d'assurance maladie) chiffre ce transfert à 530 millions d'euros en année pleine. Ce sont les cotisations de demain qui financent les économies de la Sécu d'aujourd'hui.
Raymond, 79 ans, ancien ouvrier agricole, pension de 890 € net par mois. Il n'a pas de mutuelle — trop cher, selon lui, pour ce qu'il gagne. S'il passe aux urgences sans être hospitalisé, il paiera 23 € de sa poche (au lieu de 19,61 € avant). S'il est hospitalisé trois jours ensuite, il ajoutera 69 € (3 × 23 €). Total : 92 € sur un seul épisode de santé, soit plus de 10 % de sa pension mensuelle. Et s'il subit un acte chirurgical à partir d'avril, la participation forfaitaire passera de 24 à 32 €.
Raymond ne le sait probablement pas, mais avec ses revenus, il est très vraisemblablement éligible à un dispositif qui le protégerait intégralement de toutes ces hausses.
La Complémentaire Santé Solidaire : le bouclier que trop de retraités ne demandent pas
La Complémentaire Santé Solidaire (CSS), ancienne CMU-C, offre une couverture complète — y compris le forfait hospitalier, le forfait urgences et la participation sur les actes lourds — aux personnes dont les ressources sont inférieures à 10 339 € par an pour une personne seule (plafond en vigueur du 1er avril 2025 au 31 mars 2026). Elle est gratuite en dessous de ce seuil. Au-delà et jusqu'à environ 13 957 € par an, une CSS avec participation financière reste accessible — pour moins d'un euro par jour selon l'âge, soit très en dessous du coût d'une mutuelle classique.
Les bénéficiaires de la CSS sont intégralement exonérés du forfait journalier hospitalier, du forfait urgences et de la participation forfaitaire sur les actes lourds. C'est un bouclier total contre les hausses de mars et avril 2026. La CSS ouvre également l'accès au dispositif 100 % Santé : lunettes, prothèses dentaires et appareils auditifs sans reste à charge. Au total, l'économie peut atteindre 1 200 € par an par rapport à une mutuelle classique dont les cotisations oscillent entre 80 et 100 € par mois pour un senior.
Le problème : selon les dernières estimations, environ la moitié des personnes éligibles ne demandent pas la CSS. Les raisons sont toujours les mêmes : méconnaissance du dispositif, confusion avec l'ancienne CMU, peur de la complexité administrative, ou conviction erronée de ne pas y avoir droit. Certains retraités craignent aussi un impact sur leur succession — à tort, puisque la CSS, contrairement à l'ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées), n'est pas récupérable sur succession.
Pour Raymond, la CSS changerait tout : plus aucun forfait hospitalier à payer, plus aucun reste à charge sur les soins courants, et une couverture dentaire-optique-audition complète. Le tout gratuitement, compte tenu de ses revenus.
Trois étapes pour vérifier votre éligibilité :
Avec les hausses de mars et avril 2026, vérifier son éligibilité à la CSS n'est plus un simple conseil de gestion — c'est une urgence budgétaire pour tout retraité à petite pension qui paie encore une mutuelle ou, pire, qui n'a aucune couverture.
Les bénéficiaires de la CSS sont intégralement exonérés du forfait journalier hospitalier, du forfait urgences et de la participation forfaitaire sur les actes lourds. C'est un bouclier total contre les hausses de mars et avril 2026. La CSS ouvre également l'accès au dispositif 100 % Santé : lunettes, prothèses dentaires et appareils auditifs sans reste à charge. Au total, l'économie peut atteindre 1 200 € par an par rapport à une mutuelle classique dont les cotisations oscillent entre 80 et 100 € par mois pour un senior.
Le problème : selon les dernières estimations, environ la moitié des personnes éligibles ne demandent pas la CSS. Les raisons sont toujours les mêmes : méconnaissance du dispositif, confusion avec l'ancienne CMU, peur de la complexité administrative, ou conviction erronée de ne pas y avoir droit. Certains retraités craignent aussi un impact sur leur succession — à tort, puisque la CSS, contrairement à l'ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées), n'est pas récupérable sur succession.
Pour Raymond, la CSS changerait tout : plus aucun forfait hospitalier à payer, plus aucun reste à charge sur les soins courants, et une couverture dentaire-optique-audition complète. Le tout gratuitement, compte tenu de ses revenus.
Trois étapes pour vérifier votre éligibilité :
Étape 1 Vérifier vos ressources
Ce qu'il faut faire
Prenez votre dernier avis d'impôt et repérez votre Revenu Fiscal de Référence (RFR). Si votre RFR est inférieur à 10 339 € (personne seule), vous êtes éligible à la CSS gratuite. Jusqu'à 13 957 €, vous pouvez bénéficier de la CSS avec une participation modique.
Étape 2 Faire la demande
Ce qu'il faut faire
Rendez-vous sur ameli.fr, rubrique Complémentaire Santé Solidaire. La demande peut se faire en ligne depuis votre compte Ameli. Si vous n'êtes pas à l'aise avec internet, le CCAS (Centre Communal d'Action Sociale) de votre commune ou un espace France Services peut vous accompagner gratuitement.
Étape 3 Vérifier votre couverture actuelle
Ce qu'il faut faire
Si vous avez déjà une mutuelle, comparez son coût annuel avec la CSS. Une mutuelle senior à 90 €/mois représente 1 080 € par an. La CSS gratuite vous fait économiser cette somme intégralement — tout en offrant une couverture souvent supérieure grâce au 100 % Santé.
Avec les hausses de mars et avril 2026, vérifier son éligibilité à la CSS n'est plus un simple conseil de gestion — c'est une urgence budgétaire pour tout retraité à petite pension qui paie encore une mutuelle ou, pire, qui n'a aucune couverture.
Sources :
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025
- France Bleu, « Hospitalisation, urgences : les forfaits augmentent dès ce dimanche », 1er mars 2026
- La Finance pour tous, « Ce qui change au 1er mars 2026 », 27 février 2026
- DREES, données sur la couverture complémentaire santé en France
- Service-public.gouv.fr, Complémentaire Santé Solidaire : plafonds au 1er avril 2025 (arrêté du 28 mars 2025)
- Ameli.fr, Complémentaire Santé Solidaire, conditions et démarches 2026
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025
- France Bleu, « Hospitalisation, urgences : les forfaits augmentent dès ce dimanche », 1er mars 2026
- La Finance pour tous, « Ce qui change au 1er mars 2026 », 27 février 2026
- DREES, données sur la couverture complémentaire santé en France
- Service-public.gouv.fr, Complémentaire Santé Solidaire : plafonds au 1er avril 2025 (arrêté du 28 mars 2025)
- Ameli.fr, Complémentaire Santé Solidaire, conditions et démarches 2026

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