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Hantavirus : ces 22 cas contacts français qui inquiètent les autorités sanitaires

Par | Publié le 11/05/2026 à 08:53

Une nouvelle a fait du bruit dans la nuit de dimanche à lundi. Vingt-deux cas contacts du foyer d'hantavirus déclaré à bord du navire MV Hondius ont été identifiés sur le sol français, a confirmé la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur France Inter ce lundi matin. Dans le même temps, la passagère française rapatriée dimanche a été testée positive : la France compte son premier cas confirmé. Reste à comprendre pourquoi cette alerte mérite une vigilance accrue, sans céder à la panique.


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Image d'illustration de l'hantavirus © SeniorActu.com
Image d'illustration de l'hantavirus © SeniorActu.com

Vingt-deux personnes identifiées dimanche soir

Le chiffre est tombé dans la nuit de dimanche à lundi. Vingt-deux Français, identifiés comme cas contacts du foyer d'hantavirus déclaré à bord du navire MV Hondius, ont été repérés sur le sol national, a confirmé la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur France Inter.

Ces personnes n'étaient pas à bord du paquebot. Elles voyageaient simplement dans les avions du 25 avril reliant Sainte-Hélène à Johannesburg, puis Johannesburg à Amsterdam, où des passagers du MV Hondius se trouvaient également.

Le décompte a été triplé après réception des manifestes de vol par les autorités sanitaires françaises. Stéphanie Rist a demandé à ces vingt-deux personnes de se rapprocher d'urgence des autorités sanitaires.

La plupart sont déjà en auto-isolement à leur domicile.

Pourquoi cette souche n'est pas comme les autres

Le hantavirus n'est pas un virus inconnu. Il circule depuis des décennies, principalement en Asie, en Amérique et dans le quart nord-est de la France métropolitaine.

Sauf que la souche identifiée à bord du MV Hondius n'est pas la souche française habituelle. Il s'agit du virus Andes, originaire de Patagonie, confirmé par séquençage le 6 mai dernier.

Or c'est la seule souche connue, parmi la vingtaine d'espèces zoonotiques répertoriées, capable de se transmettre d'un humain à un autre. La transmission interhumaine reste rare et exige une promiscuité étroite, mais elle existe.

Cette particularité change tout. C'est elle qui justifie le suivi de cas contacts en France, ce qui ne se ferait jamais avec une souche classique.
 

Une létalité qui change la nature du risque

Les chiffres officiels donnent une mesure de la gravité potentielle. La fièvre hémorragique à syndrome rénal, forme européenne, affiche une létalité comprise entre moins de 1 % et 10 % selon les souches.

Le syndrome cardio-pulmonaire, forme américaine causée notamment par le virus Andes, est lui d'une tout autre nature. Sa létalité est estimée par Santé publique France entre 30 % et 60 %, et par l'OMS entre 35 % et 50 %.

Un cas sur trois, à minima.

Chronologie de la surveillance des cas contacts hantavirus en France : sept jours de vigilance haute, deux semaines de surveillance médiane, puis isolement officiel jusqu'à 42 jours selon le décret du 10 mai 2026, sur fond de létalité du syndrome cardio-pulmonaire estimée entre 30 et 60 pour cent par Santé publique France. HANTAVIRUS ANDES — CALENDRIER DE VIGILANCESource : Santé publique France, OMS, décret du 10 mai 20261Fenêtre de vigilance hauteJ1 à J7Surveillance activedes cas contactsSymptômes possibles dès la première semaine2Fenêtre médianeJ8 à J21Période d'incubationla plus couranteTest PCR si fièvre brutale3Isolement officielJusqu'à 42 joursQuarantaine possibleselon le décret du 10 maiIncubation maximale du virus AndesLétalité du syndrome cardio-pulmonaire :30 à 60 %selon Santé publique France et l'OMS© SeniorActu.com

La maladie commence comme une grippe banale : fièvre brutale, courbatures, maux de tête. Quelques jours plus tard, les poumons se remplissent de liquide et la détresse respiratoire s'installe rapidement.

Il n'existe à ce jour ni vaccin homologué, ni traitement antiviral spécifique. La prise en charge est purement symptomatique : oxygénation, ventilation mécanique, dialyse si besoin.

Le décret du 10 mai durcit le dispositif d'isolement

Un décret publié au Journal officiel dans la nuit de dimanche à lundi, daté du 10 mai 2026, donne aux autorités un arsenal juridique inédit. Le texte autorise désormais un isolement strict pouvant aller jusqu'à 42 jours, exclusivement à l'hôpital pour les passagers du MV Hondius rapatriés.

Il remplace l'arrêté du 9 mai 2026, dispositif plus souple jugé insuffisant après l'évolution rapide de la situation. La différence est de taille pour les familles concernées.

Ce verrou juridique vise aussi les cas contacts. Les personnes ayant voyagé dans les avions de rapatriement peuvent désormais être placées en quarantaine si les autorités jugent le risque sérieux.

Cinq Français évacués du navire ont été admis dimanche à l'hôpital Bichat, dans le 18e arrondissement de Paris. L'une d'entre elles, une femme qui avait présenté une fièvre durant le vol retour, a vu son test PCR revenir positif ce lundi matin : il s'agit du tout premier cas confirmé sur le sol français. Son état s'est dégradé dans la nuit, selon la ministre. Les quatre autres passagers, négatifs pour l'instant, resteront hospitalisés au minimum quinze jours.

Risque réel ou inquiétude excessive pour nous ?

Une question légitime nous vient à l'esprit : peut-on attraper le hantavirus dans notre vie quotidienne en France ? La réponse est nuancée.

Le virus Andes n'est pas présent à l'état naturel sur le territoire français. Le risque de contracter cette souche se limite, à ce jour, aux personnes ayant été en contact rapproché avec les passagers du MV Hondius ou avec leurs cas contacts directs.

En revanche, le hantavirus européen, lui, circule bel et bien chez nous.

Santé publique France rappelle que le virus Puumala, transmis par le campagnol roussâtre, sévit dans le quart nord-est du pays au printemps et en été.

Entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence rattaché à l'Institut Pasteur a recensé 19 cas confirmés du virus Puumala. Ce volume est dans la moyenne mensuelle française, et cette souche ne se transmet pas entre humains.

Les gestes qui restent utiles à connaître

Pour le grand public en France, le risque immédiat reste très faible. Mais quelques gestes méritent d'être rappelés, car le hantavirus européen est lui bien présent.

La prévention repose sur un principe simple : éviter d'inhaler des poussières contaminées par les déjections de rongeurs. Cela vise les caves, greniers, granges, cabanons et locaux longtemps fermés, surtout en zone rurale ou forestière.

Avant de pénétrer dans un local fermé depuis longtemps, l'Institut Pasteur conseille d'aérer trente minutes portes et fenêtres ouvertes.

Lors du nettoyage, plusieurs précautions sont à respecter selon Santé publique France :
 
  • porter un masque FFP2 et des gants étanches
  • asperger les sols d'eau ou de désinfectant avant de balayer, jamais à sec
  • éviter l'aspirateur, qui aérosolise les particules virales
  • se laver soigneusement les mains après chaque opération
 
Le bon réflexe en cas de doute : si une fièvre brutale apparaît dans les six semaines suivant une activité à risque, consulter votre médecin sans tarder en signalant l'exposition. Pour le reste, la surveillance des autorités sanitaires se poursuit, et l'évolution de la situation se jouera dans les vingt-quatre à quarante-huit heures qui viennent.

 
Sources :
- Santé publique France, fiche maladie Hantavirus, mise à jour 2025
- Institut Pasteur, Centre national de référence des Hantavirus, recommandations 2026
- Décret n° 2026-364 du 10 mai 2026, Journal officiel
- ANRS-MIE, dossier scientifique Hantavirus, mai 2026
- BFMTV, info exclusive sur les cas contacts français, 11 mai 2026
- ONU Info, conférence de presse OMS du 8 mai 2026


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